Ce mardi, le Parlement Européen accueillait plusieurs invités de marque venus discuter de la question des voitures autonomes. Malgré les nombreux avantages que présente cette nouvelle technologie, l’Europe tarde à adapter sa législation et accumule du retard face aux Etats-Unis…

L'Europe se penche seulement sur les voitures autonomes © Parlement Européen
L’Europe se penche seulement sur les voitures autonomes © Parlement Européen

Si les premiers véhicules autonomes circulent depuis déjà quelques mois sur les routes de certains états américains, l’Europe continue de faire la sourde oreille. Pourtant, les experts du Parlement Européen sont unanimes : la voiture autonome devrait considérablement améliorer notre quotidien.

Ses avantages sont multiples : elle permet de réduire les émissions de CO2, réduit la congestion et réduit considérablement le risque d’avoir un accident, et donc le nombre de blessés et de tués sur les routes.

Si l’Europe souhaite adapter sa législation pour permettre aux fabricants de voiture de commercialiser les premiers modèles de voitures autonomes, le processus pourrait néanmoins prendre plusieurs années. A l’heure où plusieurs états américains modifient déjà leur législation pour s’adapter aux caractéristiques de la conduite autonome, l’Europe mesure à peine les difficultés auxquelles elle risque de se heurter…

Car si les législations nationales représentent une barrière à franchir, le traité de Viennes, signé par la majorité des pays de l’Europe, est sans aucun doute le mur qu’il faudra abattre pour que les premières voitures autonomes circulent au sein de l’Union Européenne. Signé en 1968, le traité de Viennes stipule que le conducteur doit avoir le contrôle de son véhicule.

Mais le problème est bien plus épineux qu’il ne le semble. En réalité, de nombreuses pistes doivent être explorées. Comme leur nom l’indiquent, les voitures autonomes sont capables de se diriger par elles-mêmes, de freiner, de changer de direction et même de se garer, laissant le conducteur libre de faire ce que bon lui semble, que ce soit à l’avant ou à l’arrière du véhicule. Faudra-t-il dès lors autoriser tous les automobilistes à passer un appel au volant ? Permettre aux gens de fumer au volant ? Ou autoriser les batailles d’oreillers à l’arrière de la voiture ? De quelle manière devra réagir la Police ?

De manière un peu plus large : est-on réellement en mesure de faire entièrement confiance au système ? Car si Volvo, l’un des plus vifs supporters de la technologie, assure être en mesure de réduire de plus de 90% le nombre d’accidents mortels en Europe, la plupart des experts estiment que davantage de tests sont nécessaires.

Le système de conduite SARTRE, qui permet à un automobiliste de demander l’autorisation à un autre conducteur de se mettre en file indienne et de lui laisser prendre les commandes du convoi a déjà fait l’objet de plusieurs tests en situation réelle. Que cela soit en Espagne, en Suède ou en Allemagne, les premiers tests se sont avérés des plus concluants. Mais à en croire l’Union Européenne, davantage de tests sont nécessaires, et surtout « des tests réalisées par des personnes comme vous et moi. »

Ensuite, il faudra adapter la législation européenne pour autoriser le public à prend le volant de ces engins d’un nouveau genre, qui bouleverseront à tout jamais nos habitudes. Enfin, il y aura la question de la responsabilité civile. Autrement dit, régler la question du « qui sera responsable en cas d’accident ? » S’agira-t-il du fabricant ? Du conducteur ?

Une fois que les principales questions auront trouvé une réponse, il faudra encore convaincre l’opinion publique. Cela passera par de vastes campagnes de sensibilisation, mais aussi par des prix attractifs. Car contrairement aux idées reçues, une voiture autonome ne coûtera pas forcément plus cher qu’un véhicule traditionnel.

En 2020, Volvo espère être en mesure d’assurer l’assurance que plus aucun de ses clients ne sera grièvement blessé ou décédera dans l’un de ses véhicules de nouvelle génération. Un argument qui pourrait peser lourd dans la balance quand on connait le nombre d’accidents graves qui se produisent chaque année dans le monde… En 2012, plus d’1,2 million de personnes sont décédées suite à un accident sur la route.

1 COMMENTAIRE

  1. Les voitures autonomes ne permettront pas que de limiter le nombre d’accidents.

    On peut très bien imaginer un système de voitures partagées reliées à un système central. Via un site internet, je “réserve” une voiture pour une certaine heure, la plus proche se déplace, attend devant chez moi, je rentre et je pars.

    Automatiquement, ces voitures pourraient retourner au garage pour l’entretient ou encore dans un centre agréé pour faire nettoyer la voiture (une fois par semaine par exemple ou en cas de nécessité). Elles iraient aussi à des pompes à essences adaptées pour faire le plein.

    Ça permettrait de ne plus voir des milliers de voiture garées toute la journée inutilement, l’utilisation de ces voitures serait plus optimisée.

    En plus, si ces voitures sont reliées à un système centrale, automatiquement, le système trouverait la trajectoire la plus rapide pour chaque véhicule en adaptant en continu le trajet.

    Évidemment, tout cela serait possible uniquement si elles sont utilisées massivement.

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