Si le contrôle tactile a la cote aujourd’hui, de nombreux analystes estiment que le contrôle gestuel sera la prochaine grosse innovation informatique. En pleine expansion, l’entreprise belge Softkinetic pourrait bien devenir le principal architecte des technologies de demain.

A l'image de Kinect, la technologie de SoftKinetic permet de contrôler son écran avec le contrôle gestuel.

Tout a commencé au début des années 2000. A l’époque, une petite équipe de trois ou quatre personnes ont commencé à travailler sur un logiciel révolutionnaire. Aidée par la région bruxelloise, la petite startup prend son envol en 2008 en faisant une première levée de fonds et en créant une spin-off qui développe les activités du groupe. Parmi les principaux partenaires financiers de Softkinetic : Belgacom, qui représentait un peu moins de 10% du capital, la Région Wallonne et un fond belgo-luxembourgeois. Très vite, Softkinetic crée de solides relations avec les principaux fabricants de technologies de caméra 3D.

Parmi les partenaires de Softkinetic, un petit labo de la VUB parvient à tirer son épingle du jeu en concevant un concept de caméra 3D « vraiment plus avancé que les autres. »

« On a remarqué que cette technologie avait beaucoup de potentiel par rapport aux autres » explique Eric Krzeslo, qui y voit tout de suite une formidable opportunité. Softkinetic et le petit labo ont alors décidé de se rapprocher pour travailler en synergie. En 2010, les deux départements décident de fusionner pour unir leurs efforts.

Michel Tombroff, le CEO de Softkinetic, s'était déplacé jusque Las Vegas en janvier dernier pour présenter son nouveau produit au CES..

Du statut de startup à celui de leader

La suite est un véritable conte de fées pour les fondateurs de Softkinetic. En quelques années, l’entreprise devient un leader de l’industrie et compte désormais près de 100 employés à travers le monde. Ne se limitant plus au software, Softkinetic s’engage sur la voie du hardware et conçoit un capteur 3D qui fait sensation. Malheureusement, Microsoft préfère miser sur PrimeSense, le principal rival de Softkinetic, pour sa caméra Kinect, et la startup belge voit s’envoler une formidable opportunité.

« En 2007-2008, on s’est rendu compte qu’il y avait une émergence de ces caméras. Le potentiel était énorme. On a donc décidé de développer notre technologie sous forme d’un package, d’un produit » explique Michel Tombroff. L’idée n’était pourtant pas de faire un produit final, comme Logitech le fait par exemple.

« On était un peu le petit poucet que tout le monde observait » déclare Michel Tombroff. En pleine spirale de rachats, Microsoft était devenu un adversaire agressif. Son partenariat avec PrimeSense ne laissait pas beaucoup d’espace à SoftKinetic pour se développer. « On s’est alors rendu compte que c’était trop tôt pour avoir le soutien de marques comme LG, Samsung ou Sony. Il fallait d’abord avoir le soutien des plates-formes de base de l’industrie, comme Intel, ou Texas Instruments », des entreprises qui supportent l’innovation et qui l’intègrent directement à leur stratégie.

Fin 2011, SoftKinetic signe un deal important avec Intel et Texas Instruments. Avec Intel, SoftKinetic reçoit le support de l’un des acteurs les plus puissants du marché informatique, un architecte qui conçoit les plans de la plupart des types d’appareils et qui tentera à sa manière d’intégrer le capteur de SoftKinetic dans les ultrabooks et PC de demain.

Avec Texas Instruments, le deal est sensiblement différent. “Texas Instruments n’est pas une marque sexy pour le consommateur car on pense forcément aux calculateurs des années 80, mais il faut savoir que TI fournit des composantes électroniques pour tous les appareils du monde, de l’ordinateur à la machine à café. Il s’agit de l’un des plus gros semi-conducteurs au monde” explique Eric Krzeslo. En pratique, Texas Instruments se charge de fabrique et vendre les senseurs de SoftKinetic aux entreprises intéressées par leur intégration. Un accord qui permet à l’entreprise belge de jouir d’une toute autre crédibilité sur le plan international.

Depuis la signature du partenariat, Texas Instruments a multiplié les accords de distribution. Récemment, Creative lançait sur le marché une caméra 3D à clipser directement sur l’écran de son ordinateur portable.

Une stratégie d’expansion intelligente

Établi dans deux pays : la Belgique et la Corée du Sud, SoftKinetic est désormais le plus gros rival de PrimeSense, l’entreprise israélienne qui a conçu Kinect. Un rival qui a longtemps eu une position dominante grâce au partenariat avec Microsoft mais qui pourrait très bien se voir relégué au second plan si SoftKinetic parvenait à convaincre Microsoft d’intégrer sa technologie dans la prochaine génération de Kinect.

Pourtant, si SoftKinetic entrevoit l’espoir d’un partenariat avec le géant américain, l’entreprise belge n’oublie pas pour autant que Microsoft est également “son plus gros concurrent”. Dans un tel contexte, on comprend mieux pourquoi SoftKinetic cherchait à tout prix à trouver de solides partenaires comme Intel ou Texas Instruments.

La prochaine étape : commercialiser la fameuse caméra auprès du grand public. En théorie, cela devrait être fait d’ici quelques mois.

Pour les employés de Softkinetic, le contrôle gestuel représente la prochaine évolution majeure.

Présent au CES en janvier dernier, SoftKinetic présentait aux géants de l’industrie son nouveau capteur pour smartphones et tablettes. Tout comme son rival PrimeSense, SoftKinetic compte commercialiser son module pour mobiles cette année. Celui-ci devrait permettre aux utilisateurs de smartphones et tablettes de découvrir un nouveau mode de contrôle gestue à distance. Une approche différente de Kinect et du tactile qui apporte “une richesse d’utilisation toute autre” avec de nouvelles combinaisons gestuelles qui ne sont pas conçevables sur un écran tactile. Unique en son genre, la caméra de SoftKinetic combine deux technologies radicalement différentes, qui, une fois réunies, permettent de “recolorer un objet en 3D.” Beaucoup plus précise que Kinect ou Leap, la technologie créée par SoftKinetic pourrait potentiellement être intégrée dans de nombreux domaines différents.  “Un constructeur de voitures va utiliser notre technologie pour le contrôle de la navigation” souligne Michel Tombroff. “Il s’agit d’un marché potentiellement très intéressant.”

Centré sur la vision “user experience”, SoftKinetic souhaite imposer sa technologie de contrôle gestuel dans toute l’électronique de demain. Ambitieuse, l’entreprise n’en reste pas moins réaliste. Au fil des années, SoftKinetic a appris à avancer pas à pas et à trouver des partenaires de plus en plus influents. Une stratégie qui permettra peut-être à la firme d’asseoir sa domination sur le marché et de voir sa technologie intégré chez plusieurs marques…

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2 Commentaires

  1. je suis desireux de savoir si cette technologie est propose pour léAfrique si oui je desire representer votre entreprise en Afrique de l’ouest a partir de mon pays la Cote d’Ivoire

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