En un an, le streaming est parvenu à grappiller 3% des parts du marché de la musique en Belgique. Stable, le marché belge évolue lentement vers le numérique. La majorité des singles vendus dans le royaume le sont désormais sous forme numérique.

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Le numérique est en progression

En mauvaise santé, le marché de la musique cherche un nouvel Eldorado.  Si le numérique a permis aux ventes de singles de redécoller (+12,6%), le streaming, lui, ne représente que 3% du marché de la musique en Belgique. Populaires auprès des plus jeunes, des services comme Deezer ou Spotify continuent d’être boudés par les technophobes. Pourtant, l’offre est alléchante. Avec plusieurs millions de titres disponibles sur leur plate-forme, les services de streaming permettent d’écouter en illimité de la musique, que ce soit depuis son ordinateur, son smartphone ou sa tablette. Une nouvelle approche du marché qui séduit de plus en plus, mais qui devrait prendre plusieurs années pour s’affirmer.

« Les producteurs, tant les petites que les grandes entreprises, font des efforts constants pour mettre leurs catalogues musicaux à disposition du public. Dans tous les formats possibles de manière digitale et physique. Ces efforts sont encore et toujours minés par la concurrence déloyale de l’offre illégale. Proposer de la musique afin que tout le monde puisse en profiter où, quand et comment il le souhaite reste une priorité pour le secteur. Cela reste donc important que les autorités protègent l’offre légale tant physique que numérique en intervenant via des procédures rapides et efficaces contre la concurrence déloyale que représente l’offre illégale » explique Olivier Maeterlinck, Directeur de BEA Music.

Le mur psychologique

Malgré tout, le marché se porte mal. Les revenus générés par la vente de musique ont régressé de 12% en 2012 et les ventes d’albums se sont effondrées de 13,3%.

Les ventes digitales, qui représentent désormais la majorité des ventes de singles, ne compensent pas l’effondrement du système. En cause, le “mur psychologique” de l’achat dématérialisé. Si acheter un single ne pose visiblement pas de soucis à la plupart des internautes, le constat est différent pour ce qui est des albums. Attaché aux traditions, et peu enclin à dépenser des sommes élevées pour faire l’acquisition de fichiers au format MP3, le Belge continue de bouder les ventes de disques numériques. En 2012, seulement 5% des ventes de disques étaient au format numérique.

Avec 9 millions de disques vendus en 2012, le format physique constitue aujourd’hui encore la plus grosse source de revenus pour les maisons de disques et labels.

Sans être catastrophique, le bilan des ventes de disques montre les faiblesses du système et les difficultés du numérique à combler l’effondrement des ventes physiques. Si l’avenir du single semble assuré, il faudra sans doute attendre quelques années avant de voir les ventes de disques redécoller. En revanche, difficile de voir le numérique bouleverser nos habitudes au cours des prochaines années. Si le modèle 100% numérique semble faire des émules en Scandinavie, il est encore loin d’avoir fait ses preuves chez nous, et les chiffres sont là pour le montrer…

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3 Commentaires

  1. Quoi de plus “normal”. La “crise” n’est pas due au téléchargement illégal… c’est un élément de cette chute des ventes. Le monde a changé, mais pas les maisons de disques que se croient encore les empereurs du divertissement (vendre 35€ l’album blanc des Beatles enregistré en 1966 – soit il y a 47 ans – est aussi une forme de vol organisé – les protagonistes sont morts ou on déjà fait leur beurre avec). Des services comme Spotify (j’ai l’abonnement) ne remplaceront jamais un bon vieux CD ou Vinyl… Par exemple, les pochettes et livrets n’ont tout simplement pas d’équivalent numérique. C’est juste le visuel de l’album en bcp plus petit. Aucune information sur l’album, les musiciens, le studio, les paroles, les photos etc… Juste un fichier et un visuel. Pourtant iTunes et consorts permettraient d’afficher directement les paroles à l’écran, de spécifier morceaux par morceaux qui a participé à ce morceau. Rien. On vend des fichier et on se moque de la culture…

    Reste encore le problème du prix. à 9,90- 11,90 l’album numérique… on est très proche de l’album physique, surtout en promo quelques années après…

    Perso, je me sers de Spotify comme une “méga-médiathèque”… mais achète les albums que j’aime vraiment…

    Même si je paye toute ma vie Spotify, qui me garantit que j’aurai accès à tous les fichiers que je veux ? Faillite ? changement de stratégie ? Bugs ? Bref on paye du “vent musical”. L’achat d’un CD lui est bien réel et on peut le garder, le revendre, le donner.

    Certes, certaines personnes n’achètent jamais de musique et ils devraient être “punis” systématiquement et “calmement”. Genre : obligation d’acheter les droits dans le mois (3.000 fichiers à “légaliser” : ça peut faire mal) et astreintes les mois suivants… mais aussi accepter un “quota” entre l’offre légale et illégale. (10 % ?) Ripper le CD d’un copain n’est pas du vol, prêter un de ses CD n’est pas du recel… Mais n’avoir que des fichiers “rippés” = du vol. Tout la nuance est là. Avant internet et le CD, les gens faisaient des copies sur K7 et personne ne se plaignait…

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