A NEST’up on passe à la vitesse supérieure. A trois semaines du début de l’expérience, le projet d’accélérateur de start-up, l’agitation commence à envahir les bureaux. Ce matin, une réunion informelle a réuni les experts, les collaborateurs et la région wallonne qui soutient le projet. Le tout suivi de près par l’équipe de storytelling qui raconte jour après jour l’aventure.

 

Des effluves de peinture nous accueillent lorsque l’on entre dans l’espace ouvert qui hebergera  le projet NEST’up. Dans un coin de la grande salle, un graffeur secoue ses bombes de peintures en observant sur le pan de mur l’œuvre qu’il est en train de peaufiner.  Oli-B, un jeune street-artiste, entreprend de donner vie aux murs.

“Idée, Nature, Evolution, Association, Réseau, Puzzle… ce sont les mots-clés sur lesquelles j’ai travaillé pour réaliser cette fresque, avant de les fondre avec mon univers un peu étrange assez organique” détaille Oli-B.

Oli-B devant sa fresque sur le mur du futur espace NEST'up

Il est rentré en contact avec NEST’up par l’intermédiaire d’Olivier Verbeke, le co-initiateur du projet. Les deux hommes se sont rencontrés alors qu’Oli-B était en train de peindre une façade de la ville de Louvain dans le cadre du Kosmopolite Art Tour. Ensemble ils ont “réfléchi à ce qui pourrait correspondre au lancement d’une start-up, explique Oli-B. “J’ai eu un bon feeling avec le projet, l’idée d’aider à lancer de jeunes gens avec de bonnes ambitions me plaît. Le but c’est de donner aux futurs entrepreneurs un bol d’air quand ils seront bloqués.

Dans la salle encore vide, les fondateurs du projet NEST’up se promènent et tentent d’imaginer quelle serait la meilleure disposition pour les 6 ou 7 zones qui serviront de lieu de vie et de travail aux 6 équipes sélectionnées.  Salle de réunion,  salle de présentation, salon, salle à manger… Le lieu va devenir une véritable ruche à idées pendant 9 semaines où les jeunes start-upers seront accompagnés en permanence par des coachs, des experts et des entrepreneurs.

Innovation et humanité

Sur un tableau blanc à demi effacé, les miettes feutrées d’une ancienne réunion indiquent “Team / Energy / Focus.” En effet les candidatures ne sont ouvertes qu’aux équipes de deux ou de trois, car selon les chefs de projet, le côté humain est une dimension importante de l’expérience. “On exige une équipe pluridisciplinaire et complémentaire car porter un projet demande une solidarité presque familiale entre les co-fondateurs,” assure Olivier Verbeke. C’est un des choix qui fait de ce projet un projet unique, affirme-t-il. “Il existe pas mal de projet pour aider les entrepreneurs, mais le nôtre se distingue des autres car on propose un accompagnement en résidence, donc tous les jours pendant 3 mois, de 8h à 18h on sera ici ensemble à travailler sur les idées. On propose également quelque chose de nouveau, un Demo Day, une sorte de cérémonie de clôture où les porteurs de projet présentent le projet à des investisseurs potentiels.

Pour résumer l’ambition de NEST’up, Olivier Verbeke ajoute “ce que l’on fait, c’est qu’on met ces futurs entrepreneurs dans le bon terreau afin que tout se passe bien pour eux.” 

Il y a un plus non négligeable qui permet au projet de se développer correctement voire de prendre racine sur le long terme. La région wallonne finance NEST’up à hauteur 200.000 euros à travers Creative Wallonia, un programme qui entend placer la créativité et l’innovation au cœur de la société en Wallonie. Cet argent public permet aux futurs entrepreneurs de rester maître de leur projet, après qu’il soit rentré sur le marché. “On ne demande rien aux équipes. Les autres projets existants eux prennent des actions dans leur future entreprise ou bien alors cela coûte vraiment cher aux porteurs de projet,” affirme Olivier Verbeke.

Le bon terreau

Ce qu’Olivier Verbeke appelle “le bon terreau“, c’est l’ensemble des experts et des coachs qui seront à disposition des six équipes pendant la durée de l’expérience. L’équipe de graphiste Oh My Deer! en est le parfait exemple. Une expertise graphique peut en effet se révéler très bénéfique pour une nouvelle start-up, qu’il s’agisse de trouver un logo percutant ou d’afficher un web-design incisif. Et l’expérience fonctionne dans les deux sens, car l’équipe de Oh My Deer! se réjouit de participer à un projet pareil. “Dans nos métiers on est souvent confrontés au monde de la pub, à de grosses marques, à de gros clients et on a rarement l’occasion d’assister à la naissance et au développement d’un projet de A à Z comme on en aura l’occasion ici,” expose Delphine Coulon. A ses côtés, son collègue Sandy Lemoine confirme ce point de vue : “C’est un défi pour nous. Notre processus de travail est normalement beaucoup plus long, on a le temps de faire mûrir les idées dans un coin de notre cerveau. Ici le challenge c’est la réactivité. Brainstormer, trouver des idées, apporter des solutions chics et pas chères tous les jours ou presque. C’est un travail basé sur la spontanéité.

 “La Création se raconte”

Une autre facette de NEST, c’est la plate-forme de story-telling. Cet outil permet de raconter heure après heure, jour après jour l’aventure dans laquelle se sont lancés ces hommes et ces femmes. En utilisant les médias sociaux, et essayant de faire prendre conscience à tout un chacun que l’on est nous-même devenus médias du fait des nouvelles technologies, Damien Van Achter, le rédacteur en chef de la plateforme, veut défricher des territoires inexplorés. “Le processus de la création se raconte. Il ne faut pas attendre que le produit fini soit sur le marché pour commencer à communiquer.” Il compte amener les différents acteurs à se livrer et s’exprimer sur l’expérience qu’ils sont en train de vivre. Pour lui, c’est un côté encore trop sombre de entrepreneuriat qui mérite que l’on y consacre du temps et de l’attention. “Ça permet de montrer ce qu’on a dans le ventre, de quel bois on se chauffe, qui on est, qu’est-ce qu’on fait et pourquoi on le fait, quel genre de bonhomme on est quand on lance un projet,” déclare-t-il avec ferveur. “Et peu importe que le projet soit de la haute technologie ou de la vente de fruits et légumes en bas de  chez soi, l’important ce sont les individus qui sont derrière et qui portent le projet.

 

Le nid se construit donc. Bientôt les oisillons entrepreneurs y apprendront à voler de leurs propres ailes, avant d’aller pondre à leur tour d’autres œufs innovants pour, dans le meilleur des cas, répondre à un besoin de notre société, dans le pire, créer un désir illusoire. Mais Olivier Verbeke affirme que leurs 6 finalistes auront les pieds solidement ancrées dans la réalité et la création du produit et du service se fera avec l’oreille grande ouverte sur la rumeur du monde.

Aldwin Raoul (St)

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