Petit précis de mythologie Lolcat

Chez les chats aussi il y a un Dieu et un Satan. A l’occasion de la journée internationale du chat, on revient sur la mythologie qui s’est développée autour des lolcat.

Sur le net, parmi les innombrables photos de Lolcats, deux grandes figures se sont imposées. Le “ceiling cat” (le chat du plafond) et le “basement cat” (le chat de la cave).

En 2006, apparait sur le net la photo d’un chat qui passe la tête par un trou au plafond accompagné de sa désormais célèbre légende.

(source : http://www.ceiling-cat.com/)

 

La photo fait un buzz. Sa position supérieur, son regard inquisiteur et sa légende proche de “God is watching you”, font que ce chat devient rapidement une figure associé à Dieu.  Le phénomène enfle et les internautes filent la métaphore avec plaisir et créativité.

(source : http://icanhascheezburger.com/2008/02/13/funny-pictures-ceiling-cat-creates-man/ )

 

Le 1er juin 2006, “ceiling cat” fait son entrée dans le dictionnaire urbain. La définition : Divinité féline qui adore se nicher dans le plafond où il se cache au dessus du lit de ses victimes et les regarde se masturber. Le mythe est lancé.

( http://speaklolspeak.com/page/Ceiling+cat )
(source : http://icanhascheezburger.com/2008/02/10/funny-pictures-sees-no-evidence-of-celing-cat/ )

 

Le dieu matou assoit sa popularité, mais il est connu de longue date qu’un dieu ne vient jamais seul, et bientôt on vient lui disputer son trône. C’est là que rentre en jeu son Némésis, l’anti-Dieu, son extrême inverse, autrement dit le diable, plus connu sous le nom de “basement cat”, le chat de la cave.

(source : http://www.dailykos.com/story/2009/03/19/707675/-Thursday-Ceiling-Cat-Edition-of-the-Post-Revolutionary-Pootie-Diary )

La grande imagerie des contraires se met en place, très fortement imbibée de christianisme. Logiquement donc le chat de la cave s’installe dans les profondeurs, pour prendre la place de Satan et régner sur l’Enfer.

(source : http://x-o-skeleton.deviantart.com/art/ZOMG-BASEMENT-CAT-86762502 )

Il n’a pas fallu plus longtemps pour que germe l’idée farfelue de retraduire la bible en langage “lolcat”, une sorte de patois simpliste qui tord le cou à la grammaire, une version stéréotypée de l’argot internet.

Le casting est plutôt aisé : “ceiling cat” dans le rôle de Dieu et “basement cat” dans le rôle du diable.

Le projet est lancé en 2007 par Martin Grondin et table sur le participatif, un peu à la manière de Wikipédia. Le but est de parodier la bible en incluant de nombreuses références à des blagues et buzz propres au monde du net. Le projet a abouti puisque, depuis janvier 2010, cette bible un brin particulière est disponible en livre (en langue anglaise).

Comme on peut l’imaginer le livre a connu une sortie discrète et a pris une volée de bois vert de la part du chroniqueur du Chicago Tribune : “Son effort pour traduire la Bible dans un langage truffé d’erreurs grammaticales, d’acronymes d’ hacker et de jargon internet peut paraitre de mauvais gout ou même blasphématoire aux yeux de certains, mais ne vous inquiétez pas. La traduction ne suit que très grossièrement la Bible. C’est bourré de références aux photos de lolcat et de rumeur internet ambiguë, et ces références peuvent être comprises seulement par ceux qui passent trop de temps sur internet.

 

(source: http://www.dailykos.com/story/2009/03/19/707675/-Thursday-Ceiling-Cat-Edition-of-the-Post-Revolutionary-Pootie-Diary )

 

 

Aldwin Raoul (St.)