Keemotion : filmer le sport sans caméraman

La startup brabançonne Keemotion a développé une technologie qui permet de filmer un événement sportif sans intervention humaine. L’équipe de basket de Harvard figure parmi les premiers clients.

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Et si des robots s’occupaient de filmer les retransmissions sportives? C’est l’idée au coeur de Keemotion, startup brabançonne née dans le giron de l’UCL. “A la base, il y a les recherches du professeur Devleeschouwer”, explique Georges Caron, un des instigateurs du projet. “Ses recherches ont conduot à un procédé qui permet la captation audiovisuelle d’un match de basket de façon automatisée. Le cadrage est dynamique et repère automatiquement les événements et faits de jeu.” Pour un rendu qui semble, à première vue, équivalent à l’ouvrage des techniciens professionnels.

L’idée s’est ensuite transformée en spin-off universitaire, soutenue par divers investisseurs comme Nivellinvest. “En règle générale, la captation d’un événement sportif coût quelque 15.000 euros. Nous pouvons le faire pour 2.900 euros”, souligne Georges Caron. Un sérieux avantage compétitif alors que le sport reste, plus que jamais, une valeur sûre des grilles des chaînes de télévision. Pourtant, Keemotion ne vise pas à concurrencer d’autres acteurs comme le Belge EVS, spécialiste du “broadcast” : son marché se situe plutôt dans la “longue traîne” des événements sportifs de moindre envergure ainsi que chez les professionnels qui ont besoin de ces images pour des finalités multiples.

Keemotion a déjà ainsi trouvé une première clientèle dans la corporation des entraîneurs à qui un produit dédié, Keecoach, fournit en temps réel les images d’un match directement sur tablette. “De la sorte, un entraîneur peut examiner et montrer instantanément des faits de jeu à ses joueurs. Un système de ‘tagging’ permet en outre de classer les extraits de match et de retrouver, par exemple, tous les paniers à 3 points marqués par son équipe”, illustre notre interlocuteur.

D’autres applications sont également possibles. On pense à des chaînes vidéo axées sur un sport de niche, à des clips vidéo de sportifs sponsorisés par des marques etc. Pour l’heure, fort de son algorithme brevété, Keemotion vise le marché américain, terreau propice à sa méthode de captation. Harvard a déjà adopté la technologie pour son équipe de basket et les Spurs de San Antonio pourraient suivre. En Belgique, les Spirous de Chaleroi ont déjà signé, tandis que du côté footballistique, quelque chose se trame avec le Club de Bruges…

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Le site de Keemotion.

La présentation en vidéo :

Keemotion – it’s your game from Keemotion on Vimeo.

Grégory De Doncker