La semaine dernière, nous mettions en avant la galerie de photos “From Enchantment to Down” du photographe français Thomas Czarnecki. Cette série de clichés a créé un petit buzz sur le net en raison de la nature morbide de la collection, mettant en avant les corps inanimés de princesses de contes de fées. Cette semaine, nous sommes partis à la rencontre de son créateur, qui nous livre tous ses secrets sur son oeuvre…

Accessibles sur son site Internet, les clichés mélangent les quelques souvenirs que l’on conserve de notre enfance des contes de fées et la noirceur des meurtres les plus barbares. Une collection qui a fait le buzz sur le net en raison de sa nature un brin morbide. Après notre article de la semaine passée, nous sommes partis à la rencontre du créateur de “From enchantment to down”, Thomas Czarnecki.

Geeko – Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai passé mon enfance dans le nord de la France puis je suis parti en Belgique étudier la publicité à l’institut St Luc de Tournai. Après mes études j’ai naturellement migré vers Paris pour trouver un job dans le milieu de la pub. Aujourd’hui je suis directeur artistique au sein de l’agence Leo Burnett et également photographe freelance.

En 2006, j’ai créé avec un petit groupe d’amis, un collectif nommé Mustribe, tous les membres sont issus des arts appliqués. A cette époque, nous avions besoin d’exprimer notre créativité sans contraintes. Ce collectif est un vrai laboratoire d’expérimentations graphiques.

Geeko – En parcourant votre oeuvre, on découvre un univers assez sombre et inquiétant. D’où tirez-vous votre inspiration ?

J’aime l’esthétique de l’obscurité, j’ai toujours été attiré par les films de David Fincher comme Se7en ou l’univers de Tim Burton et David Lynch. Mon but n’est pas juste de provoquer mais j’aime que le spectateur se sente un peu mal à l’aise, déstabilisé.

Beaucoup de photographes m’inspirent, Guy Bourdin, Eugénio Recuenco, David Lachapelle et mes amis Olivier Foulon et Olivier Lecerf.


Geeko – Votre dernière galerie de photos, “From Enchantment to Down”, semble avoir marqué le Web. Comment expliquez-vous ce buzz ?

Le thème de cette série est universel, ces personnages sont ancrés dans la culture populaire comme des créatures douces et innocentes. Le fait de voir nos héroïnes d’enfance face contre terre interpelle. J’entrechoque l’univers féérique des contes et une réalité beaucoup plus sombre, c’est le monde de l’enfance et ses illusions qui entre en collision avec la froide réalité du monde adulte : From enchantment to down.

Je pense que c’est cette confrontation qui résonne de façon universelle chez les gens et qui suscite l’intérêt.

Geeko – Comment vous est venue l’idée, la ligne directrice de “From Enchantment to Down” ?

Je cherchais à raconter une histoire qui réunisse des univers qui n’étaient pas censés fonctionner ensemble afin de créer des images saisissantes. Je voulais mettre en scène des personnages dans des atmosphères obscures et un jour, lors d’une soirée déguisée, j’ai croisé Blanche Neige…


Geeko – Chaque photo de la série ramène au destin funeste de l’un des personnages de contes de fées. Y aurait-il un message caché derrière ces crimes ?

Disney a livré sa propre version édulcorée de ces contes mais à l’origine, les versions de Perrault ou de Grimm étaient très sombres.

Ici il n’y a pas de message caché, chacun peut se raconter sa propre histoire selon son imagination, et pour ceux qui en manquent, je me suis amusé à donner de petits indices dans les titres des images, mais là, ce sont mes histoires à moi.


Geeko – Dans votre travail en général, et dans “From Enchantment to Down” en particulier, on remarque un gros travail de mise en scène. Quel est le secret de votre talent ?

Je ne laisse rien au hasard, chaque image est pensée intégralement avant chaque prise de vue. Je fais plusieurs croquis préparatoires qui prennent en compte le lieu, la lumière et la position du personnage pour arriver à l’image finale. Il faut parfois faire quelques petits ajustements sur le shooting, comme retirer des accessoires prévus qui au final n’apportent pas grand-chose à la narration ou trouver une position un peu plus naturelle pour le modèle mais au final la plupart des images peuvent pratiquement se superposer au croquis original. A cet égard, la pub est une bonne école quand il s’agit de faire passer une idée de la façon la plus simple, la plus efficace et la plus complète possible.

Geeko – Comment avez-vous choisi les lieux des différentes prises de vues ?

J’ai choisi les lieux en fonction des histoires que j’avais à raconter mais aussi en fonction de leur accessibilité : la cave d’un ami, le parking de ma boite ou un vieil hangar familial. Cela prend pas mal de temps pour trouver le bon endroit, mais une fois dedans, je sais tout de suite que c’est le bon.

Geeko – “From Enchantment to Down” est une oeuvre qui vous a pris plusieurs années à concevoir. Comment cela se passe-t-il en pratique ? Suivez-vous un plan ?

Chaque photo prend énormément de temps à réaliser, c’est parfois un peu frustrant mais c’est comme ça, il faut savoir trouver du temps entre son job et sa vie sociale et c’est très compliqué. J’aimerais pouvoir me consacrer entierement à la photographie mais ce n’est malheureusement pas possible pour le moment, mais je ne désespère pas !

Geeko – Votre travail peut-il être vu quelque part en ce moment ? Prévoyez-vous une exposition “From Enchantment to Down” dans un futur proche ?

Je n’ai aucune exposition en cours. J’aimerais en organiser une spécialement sur “from enchantment to down”, mais pour ça je dois au préalable finir cette série, les dernières images sont en préparations. Après il faudra trouver la bonne galerie.

Geeko – Merci beaucoup ! Un dernier message à faire passer à notre lectorat ?

Gardez les yeux grands ouverts.

On en parle sur le forum.

Propos recueillis par Etienne Froment pour Geeko.


14 Commentaires

  1. Sordide.

    Rien à dire sur l’aspect technique, ou sur la bonne lisibilité des clichés … mais le concept de noircir et de salir les souvenirs les plus doux de nos enfances est simpliste et morbide.

    Bref, de la pure provoc’ simpliste à mes yeux, aucun “génie” là-dedans.

    • …le détail le plus écoeurant étant le lapin d’Alice.

      Prochaine série de clichés: une séance de torture de Bambi?

      …yeurk

    • En 3 mots : d’accord pour le morbide et tant mieux si tu le dis, parce que d’ailleurs c’est le cas. Simpliste… tu l’aimes bien ce mot ? Ah bah oui, tu l’utilises deux fois… et troisième : “génie”… moi ce que je trouve génial, c’est ta critique en fait. Simpliste également, simpliste doublement et sans génie effectivement.

      • Wahou, CA c’est de la critique constructive…

        Je commente un concept que je trouve nul et inintéressant, c’est ce qu’on appelle une critique. Je trouve que la provoc’ pour faire de la provoc’, c’est inutile…

        Les gens ont le droit de ne pas adhérer à tes idoles, ne t’en déplaise…

        …mais vas-y, livre nous ce que tu penses être une critique “géniale”, éblouis-nous…

        Non, visiblement, comme un bon troll des fora, tu préfères déverser ta haine que de donner un commentaire intéressant… navrant.

  2. Je préfère largement les “Fallen Princesses” qui sont beaucoup mieux réalisées avec beaucoup plus d’imagination.

  3. Monter un projet photo intéressant demande une certaine intelligence. Et ce n’est pas à la portée de chacun. En voici un nouvel exemple.

    • Quand quelqu’un critique une oeuvre artistique, il a le droit de ne pas aimer. Ce n’est pas pour ca que tu dois te sentir investi du devoir d’insulter ou de snober les gens qui n’aiment pas les mêmes choses que toi.
      Ici, la réalisation est léchée et les compositions sont correctes, mais le concept est simpliste (que tu aimes ce mot ou pas) et déjà vu.
      Prendre des icones de notre jeunesse et les étaler simplement face contre terre entourées d’accessoires divers, je ne vois pas où est le génie.
      Comme le disait Renaud plus haut, dans le même registre, la série des “Fallen Princesses” me semble plus aboutie.

  4. Cette série est tout simplement sublime. La fin désenchantée de chaque protagoniste est imaginée avec intelligence et subtilité. Ces photos ne nous laissent pas indifférent et c’est en ce sens qu’elles relèvent de l’art. Un grand bravo au photographe.

    • Bravo au photographe pour la technique en effet… même si je n’adhère pas du tout au concept glauque.

      …par ailleurs, ce n’est pas parce que quelque chose ne laisse pas indifférent que c’est d’office de l’art.
      Sinon, on pourrait reparler de cet “artiste” qui a laisser un chien attaché crever de faim pour en faire une “oeuvre”

  5. D’accord avec la bouille : montrer un autre visage des contes pour enfants “sé bien”.
    Maintenant, si certains préfèrent ne voir que les stéréotypes et le bonheur imposés par notre ami Walt en occultant complètement les frères Grimm ou Perrault (si si, ce n’est pas Walt qui a inventé tout ça hein… lolilol), libre à eux. Je comprendrais alors qu’ils ne soient pas touchés par ces photos… triste mais compréhensible.
    La bise les amis hein !

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