La musique digitale gagne en popularité, le téléchargement illégal en recul

L’IFPI a présenté aujourd’hui son rapport annuel sur la musique digitale à travers le monde. Parmi les grandes tendances en 2011 : le recul du téléchargement illégal, la digitalisation de la musique, l’augmentation de l’offre et la lutte contre le piratage.

Selon le rapport annuel de l’IFPI, les différents projets de loi adoptés par certains pays pour lutter contre le piratage commencent déjà à porter leurs fruits. En 2011, le téléchargement illégal aurait diminué de 26% en France suite à l’adoption de la loi Hadopi. Aux Etats-Unis aussi, la tendance est à la baisse, avec notamment la fermeture de LimeWire en 2010, qui aurait fait diminuer le téléchargement illégal de manière “drastique” d’après l’organisme. En Belgique, si aucune loi n’est venue affecter directement le téléchargement illégal, le bannissement du site Pirate Bay, l’un si pas le site le plus populaire de téléchargement P2P, aurait diminué de 84% la fréquentation belge du site et affecté le téléchargement illégal dans son ensemble. L’IFPI indique d’ailleurs dans son rapport qu’il s’agit d’une démarche à suivre pour vaincre le piratage, la Belgique faisant office de pionnière en la matière avec des pays comme l’Espagne ou l’Italie.

Le recul du téléchargement illégal aurait d’ailleurs un impact direct sur les ventes de morceaux. L’IFPI rapporte en effet que suite à l’adoption d’Hadopi en France, les ventes de singles auraient augmenté de 23% rien que sur iTunes. Néanmoins, 28% des internautes accéderaient toujours d’une manière ou d’une autre à du contenu piraté. L’association précise que la baisse du piratage dans le monde peut également trouver comme raison la disponibilité de nombreux sites de streaming musical totalement gratuits, comme le français Deezer par exemple, ou le suédois Spotify. En Belgique, il y aurait 21 services de ce type. Néanmoins, les règles en la matière étant différentes dans chaque pays, certaines régions sont véritablement à la traine avec seulement un ou deux services disponibles. En 2011, il y a cependant eu une énorme augmentation dans la disponibilité des sites de streaming musical dans le monde. Début 2011, le streaming musical n’était présent que dans 23 pays, alors qu’en fin d’année, ce sont 58 pays qui l’avaient adopté. Les nuages (cloud storage) ont également changé notre manière d’écouter de la musique, avec de plus en plus d’utilisateurs qui ne stockent plus directement les morceaux sur leurs appareils mais directement dans le nuage.

Au total, les revenus des ventes digitales auraient augmenté de 8% en 2011, ce qui représente tout de même une augmentation nette de 5,2 milliards de dollars pour l’industrie. Les Etats-Unis sont le premier pays où les revenus digitaux ont désormais dépassés les ventes matérielles. Dans le reste du monde, la tendance est différente puisque les ventes digitales ne représentent toujours que 32% des revenus de l’industrie. Les chiffres sont en augmentation certes, mais l’adoption est beaucoup plus lente et le public semble moins intéressé par la digitalisation que nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique.

En 2012, l’IFPI préconise par le biais de son CEO, Frances Moore, de continuer sur la même voie. “Nous avons besoin d’une législation de la part des gouvernements, avec des mesures coordonnées qui sont en mesure de lutter contre toutes les formes de piratage de manière efficace. Nous avons également besoin de plus de coopération des intermédiaires en ligne tels que les moteurs de recherches, les annonceurs publicitaires pour supporter l’industrie de la musique digitale” a-t-il conclu.

On en parle sur le forum.

Source : IFPI