L’INTERVIEW: “Quand on sait quelque chose, on le partage”

Le Café Numérique, qui a ouvert ses portes le 21 octobre 2009, s’est fixé pour objectif de mettre en avant les technologies numériques, lors de rencontres hebdomadaires programmées tous les mercredis. “Le Café Numérique se positionne comme un lieu d’échange, de communication et d’information sur l’actualité et le futur du secteur numérique tant au niveau du secteur de la santé, qu’au niveau du design, des arts, de l’éducation, de l’habitat, du divertissement,” est-il précisé sur le site. En plein coeur de la deuxième saison – et à quelques heures de fêter le 50e Café Numérique -, Edouard Seynaeve et Vincent Vandoorne, aux commandes du CafeN désormais, reviennent sur la création, les objectifs et surtout l’avenir du Café Numérique*. Entretien

Le Café Numérique, c’est quoi et c’est pour qui ?

Edouard Seynaeve: “C’est pour tout le monde ! Pour toute personne un peu curieuse qui a envie d’étendre sa culture sur les nouvelles technologies au sens large: la sécurité des enfants sur Internet, le Kindle, Twitter, la Webmission, l’avenir de la presse en ligne,… Nous sommes également allé à Batibouw ou au cinéma, voir Avatar, etc. Donc c’est vraiment pour tout le monde, on a des publics très différents. La moyenne est plutôt dans les trente ans et plutôt masculine mais ce n’est pas une règle 😉 On fait une réunion tous les mercredis, sur une thématique donnée, avec différents intervenants. Parfois ce sont des professionnels, parfois des gens de notre communauté qui viennent parler d’un sujet qui les passionne… Tout ça se fait toujours dans un but non-lucratif, il n’y a aucun échange d’argent, les boissons sont vendues au prix coûtant. On essaie d’avoir comme leitmotiv: “Quand on ne sait pas quelque chose, on demande; quand on sait quelque chose, on le partage”.”

Comment cette idée de rendez-vous techno hebdomadaire est-elle venue ?

Vincent Vandoorne: “C’est une chouette histoire! Tout est parti d’une passion commune pour le nouveau système d’exploitation de Google, Android. Il allait débarquer en Belgique mais personne n’en parlait – contrairement au lancement de l’iPhone par exemple… On a donc décidé de faire une fête pour la sortie d’Android. Et on a eu un succès incroyable ! Au final, de l’idée a la soirée il y a eu moins de 10 jours, un buzz de 20.000 visites, une soirée de 100 personnes avec une ambiance du feu de dieu! On n’y a pas cru. On a alors compris qu’il y avait une réelle demande d’un public un peu geek de se rencontrer dans ce genre de soirées, un public qui ne passe pas forcément son temps derrière des forums de discussion mais qui aime aussi les vrais contacts humains. Alors on a eu l’envie d’en faire d’autres…

Edouard Seynaeve: “Il y a une petite équipe qui s’est mise en place et on a fait la première réunion un mercredi. On a donc décidé d’organiser ces soirées tous les mercredis, au Mirano dont on a pu bénéficier de l’aide, même si aujourd’hui l’aventure Mirano s’est achevée.”

Mais à la fin de la première saison, le noyau dur a implosé. Comment avez-vous fait pour relancer la deuxième saison?

Vincent Vandoorne: “Oui, malheureusement, pour une partie de l’équipe, l’organisation d’un Café Numérique par semaine était devenue trop exigeante. Surtout qu’on avait connu une bonne première saison et qu’on voulait faire encore mieux pour la seconde…”

Edouard Seynaeve: “Organiser un évènement, ça prend environ une journée de travail. Entre définir un thème, trouver les intervenants, fixer une date, organiser la soirée, en faire la promotion, ça prend environ 8 heures réparties sur un mois. Ce n’est pas négligeable…”

D’où l’idée de Café Numérique “Open source”…

Edouard Seynaeve: “On s’est rendu compte que crowdsourcer, opensourcer un évènement, ce n’est vraiment pas facile. Il y en a eu trois ou quatre, pendant cette deuxième saison. Par exemple sur les ressources humaines, un sujet sur lequel je ne connaissais rien et une organisation pour laquelle je n’ai rien du faire! J’ai juste trouvé la salle mais pour le reste, ce sont les gens qui ont tout prévu. C’est vraiment vers ça qu’on essaie de se diriger aujourd’hui. Il y aura sans doute toujours une sorte de comité de pilotage, mais le but c’est que ça s’ouvre de plus en plus. C’est un peu difficile pour l’instant mais le but, c’est vraiment ça. On cherche d’ailleurs une plateforme en ligne qui permette aux gens d’organiser facilement ce genre d’évènement.”

Vincent Vandoorne: “On en profite d’ailleurs pour lancer un appel à la communauté ! Si vous connaissez une bonne solution logicielle pour gérer une communauté d’organisation d’évènement récurrent open source, manifestez-vous ! :)”

Comment s’annonce la suite de l’aventure Café Numérique?

Edouard Seynaeve: “L’année passée, on faisait un peu du bricolage, cette saison-ci ça risque d’y ressembler aussi… Donc on aimerait bien arriver à un niveau “artisanal” et faire ça un peu mieux mais on ne veut pas que ça devienne professionnel et rigide. Ca doit rester un rendez-vous entre copains qui n’a d’autres buts que de se rencontrer et d’en apprendre un peu plus sur les nouvelles technologies. On veut vraiment rester là dedans, c’est quelque chose qui nous va bien…”

Dernière question: que diriez-vous à un non-initié qui hésite à se rendre au Café Numérique?

Edouard Seynaeve: “Qu’il va découvrir plein de gens, qui n’ont pas spécialement des têtes de geek avec de grosses lunettes. Il faut juste ne pas avoir peur de venir leur parler, le public du Cafe Numérique est un public très francophone. En général au début, on boit un verre ensemble pendant une heure. Alors, le petit nouveau, il reste parfois 20 minutes dans son coin en se demandant un peu ce qu’il fait là parce que tout le monde se connait assez bien. Mais après, il adore, il a rencontré plein de gens, il garde contact et il n’hésite pas à revenir…” *L’entretien a été réalisé en décembre

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