Test – Fire Emblem Warriors Three Hopes : un mariage presque parfait

Nintendo et Koei Tecmo continuent leurs partenariats afin de transposer certaines licences du géant du jeu vidéo dans la formule Musô si chère aux développeurs de chez Omega Force. C’est cette fois Fire Emblem qui signe à nouveau pour un Warriors qui se révèle très intéressant et très proche de son modèle.

Parmi le catalogue imposant de licences que possède Nintendo, deux d’entre-elles sont passées récemment dans les mains de Koei Tecmo: The Legend of Zelda et Fire Emblem. Elles ont toutes deux eu droit à leur version Musô, ou “Warriors”, ce style si particulier qui oppose nos personnages à des armées de centaines d’ennemis que l’on envoie valser à la simple pression d’un bouton. Avec Hyrule Warriors: L’Ère du Fléau, c’était Zelda Breath of the Wild qui avait droit à son épisode dédié, et ce nouveau Fire Emblem Warriors emprunte le même chemin en se focalisant sur le dernier épisode de la licence: Three Houses.

On retrouve les personnages et l’univers de Three Houses.

Avant toute chose, il est donc important de revenir sur Fire Emblem: Three Houses tant Three Hopes emprunte à son aîné. Paru alors en 2019 sur Switch, Three Houses est rapidement devenu l’épisode le plus vendu de la saga. On y découvre l’aventure de Byleth, mercenaire masculin ou féminin, qui va devenir enseignant(e) à l’académie des officiers du monastère de Garreg Mach. Byleth prend sous son aile l’une des trois classes de jeunes apprentis disponibles dans le jeu, menant alors à trois scénarios tout à fait différents qui vont mener à une guerre à grande échelle, chacun des trois chefs de classe de l’académie étant les héritiers des trois grandes nations du continent. Le gameplay est similaire à ce que faisait la série auparavant, avec des combats stratégiques au tour par tour, mais le titre propose également un gros côté “gestion” puisqu’il est possible de gérer l’apprentissage et l’évolution de nos élèves très librement.

Fire Emblem Warriors: Three Hopes en reprend de nombreux éléments, à commencer par son univers ainsi que son scénario qui possède de multiples similitudes tout en proposant une aventure originale. Nous incarnons cette fois un mercenaire masculin ou féminin du nom de Shez qui va rejoindre l’académie des officiers du monastère de Garreg Mach, cette fois en tant qu’élève. Il faut alors faire un choix parmi les trois mêmes classes que dans le jeu original. Le prologue d’un peu plus d’une heure se termine avec une ellipse de deux ans où nous retrouvons les personnages de notre classe en pleine guerre dont les évènements vont varier dépendant du groupe que nous avons choisi.

Le gameplay habituel des Warriors est agrémenté de mécaniques plus originales.

Tout comme dans le jeu original, Three Hopes possède trois scénarios distincts qui mènent vers des batailles tout à fait différentes et qui va également décider des personnages que l’on peut incarner. Malgré son statut de “Warriors”, le titre est très scénarisé et ne propose aucun autre contenu que la campagne. Pas de mode libre ou de modes de jeux plus originaux comme le proposait par exemple le Fire Emblem Warriors de 2017, tout se déroule ici dans le scénario. Pas d’inquiétude puisqu’il faut environ 30 à 40 heures de jeu pour voir le bout d’une seule des trois routes du jeu, l’aventure est riche en missions annexes et en choses à faire.

Three Hopes est un jeu d’action, mais qui possède aussi une très grosse dose de RPG dans sa formule. Le titre se montre particulièrement bavard. Les scénarios racontent efficacement les conflits militaires opposant les trois nations du continent et permettent, tout comme dans le jeu original, de gérer tout un tas d’éléments concernant notre armée. Lorsque nous ne sommes pas en pleine bataille, Shez passe son temps dans un camp où il est possible d’utiliser du temps et de l’énergie pour entraîner les membres de notre équipe ou pour passer du temps avec eux et ainsi renforcer leurs liens d’amitié (ce qui offre certains avantages en combat). De nombreuses ressources peuvent être collectées et échangées pour améliorer les personnages, les équipements et même les bâtiments du camp, permettant d’accéder à encore plus d’améliorations… Chaque personnage possède une classe qui définit son style de combat et les armes utilisables, le titre nous permet de les gérer comme bon nous semble. Toutes ces mécaniques offrent de nombreuses possibilités et sont nécessaires à la bonne préparation de nos futures batailles.

Donner des ordres à nos personnages se révèle vite indispensable pour jouer efficacement.

Chaque chapitre du scénario propose plusieurs courtes batailles qui permettent de se préparer avant les véritables affrontements qui feront avancer l’histoire. Le gameplay est fidèle à la formule Warriors, proposant de nombreux personnages jouables dont la palette d’action varie selon leur classe. On y retrouve les poncifs du genre, avec des bases à capturer, différents objectifs annexes en pleine mission, des généraux plus agressifs et résistants que les soldats habituels… Three Hopes apporte tout de même son lot de mécaniques tel que des affinités d’armes, les actions utilisables à deux personnages, mais surtout la possibilité de pouvoir alterner entre quatre personnages à tout moment et également de pouvoir donner des ordres à tous les membres de l’équipe. Les batailles sont ici un réel travail de groupe. De cette façon, le titre se dote d’un côté plus stratégique puisqu’il est possible, via le menu pause, de commander les personnages qui pourront ainsi partir prendre une base ennemie pendant que nous nous occupons d’autre chose. Une très bonne idée sachant que l’intelligence artificielle de nos alliés n’est généralement pas très brillante. La difficulté est un peu plus relevée en conséquence et le tout est particulièrement efficace.

Les nombreuses mécaniques de gestion et la grande liberté que propose le titre se marient particulièrement bien avec les batailles. Le gameplay offre de bonnes sensations, c’est bourrin et il est toujours aussi jouissif d’utiliser des techniques dévastatrices. Il est d’ailleurs possible de jouer en coopération locale à deux durant les batailles. Three Hopes n’échappe malheureusement pas à certains défauts très fréquents dans le genre, comme par exemple ses soucis de caméra et son manque de lisibilité lorsque les éléments à l’écran se multiplient.

Les ennemis ont peu de chance de survivre aux attaques ultimes des personnages.

Ces multiples éléments impactent également la fluidité du jeu qui varie beaucoup selon la situation. Le titre est capable d’atteindre un nombre d’images par secondes élevé, mais chute très régulièrement. Three Hopes reste majoritairement agréable à jouer malgré quelques moments dérangeants. Le titre est aussi perfectible visuellement. La direction artistique est peu ou prou la même que celle de Three Houses, et celle-ci n’était déjà pas tout à fait convaincante à l’époque. De nombreux éléments graphiques et textures sont datés et les décors sont ternes et peu originaux. Le titre se rattrape avec sa bande-son efficace, reprenant de multiples thèmes de son modèle.

Plus qu’un Warriors avec un habillage tiré de Three Houses, Three Hopes est un véritable Fire Emblem dans l’âme. Les développeurs de chez Koei Tecmo ont su adapter les spécificités du jeu original et les intégrer ingénieusement dans la formule si particulière du Musô. La conversion est réussie, fidèle et ambitieuse. Le titre respecte les mécaniques récurrentes de la série, en témoigne par exemple la présence d’un mode ou les personnages sont définitivement perdus lors de leur mort sur le champ de bataille, ou encore les liens qui unissent les personnages jouables qui se développent au fil de nos actions et qui aboutissent par des cinématiques nous en apprenant plus sur chacun d’entre eux. Les fans de Fire Emblem ne seront pas perdus face à ce mélange surprenant.

Conclusion

Depuis quelques années, Koei Tecmo propose des titres tirés de licences de Nintendo adaptés dans une formule Musô, plus connu chez nous sous l’appellation “Warriors”. Après plusieurs Hyrule Warriors et un Fire Emblem Warriors qui s’est bien vendu, Omega Force nous propose à nouveau de nous plonger dans l’univers de la série de Tactical-RPG à travers ce Fire Emblem Warriors: Three Hopes. Ce nouvel opus est spécifiquement basé sur Fire Emblem Three Houses, le dernier-né de la franchise, également devenu l’épisode le plus vendu de la saga. Three Hopes propose un scénario alternatif où nous incarnons un ou une mercenaire nommée Shez qui va rejoindre l’une des classes de l’académie des officiers, avant de participer à une guerre à grande échelle. Beaucoup d’éléments de Three Houses sont présents, à commencer par les personnages que l’on peut cette fois contrôler en temps réel. Three Hopes est un Musô dont les mécaniques se rapprochent de celles de Fire Emblem puisqu’il est par exemple possible de commander nos unités à n’importe quel moment. Le mélange est réussi et est aussi renforcé par de très nombreuses mécaniques de gestion accessibles entre les batailles. Celles-ci permettent de gérer nos personnages avec beaucoup de liberté. Malheureusement, Three Hopes n’échappe pas aux problèmes récurrents des Musô tels que le manque de lisibilité et les problèmes de caméra. Il est également très perfectible techniquement et visuellement, mais propose une bande-son très agréable, reprenant de multiples thèmes de Three Houses. 

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Fire Emblem Warriors: Three Hopes

Gameplay 7.5/10
Contenu 7.5/10
Graphismes 6.0/10
Bande son 8.0/10
Finition 6.0/10
7.0

On aime :

Trois scénarios différents selon nos choix

Le gameplay Warriors avec des touches de stratégie

La gestion de nos unités, toujours aussi efficace

La bande-son composée de nombreux remix de Three Houses

Une conversion fidèle et ambitieuse

On aime moins :

Des soucis de caméra et de lisibilité

Un framerate qui fluctue beaucoup

Visuellement pas très attirant