Test – Tour de France 2022 : un épisode cross-gen décevant

Fidèle au rendez-vous, Nacon nous propose chaque année une nouvelle édition pour son jeu “Le Tour de France”, une déclinaison simplifiée pour les consoles de son jeu Cycling Manager. 

Si Cycling Manager s’est imposé au fil des années comme la référence absolue pour les amateurs de cyclisme, sur consoles, les joueurs ont droit à un titre bien différent. Le jeu Le Tour de France se présente comme un mix de simulation et d’arcade, dans lequel le joueur prend le contrôle d’un cycliste en particulier à travers toutes les étapes du Tour de France. On est donc très loin de l’expérience de simulateur de gestion d’équipe proposé sur PC.

Cette année, le Tour de France débute au Danemark.

On retrouve bien entendu certaines reliques de Pro Cycling Manager, avec par exemple l’entraide entre les coéquipiers durant les courses, la possibilité de prendre les commandes d’un autre cycliste en plein course et la gestion de nombreux éléments caractéristiques des simulations : la fatigue du cycliste, l’effort dans la course, la mise en place d’une stratégie pour remporter la partie, la maladie, les blessures… Les amateurs de cyclisme en auront pour leur argent.

Toutefois, comme on l’a dit plus haut, Le Tour de France reste un jeu accessible au grand public. Le mode de jeu principal propose de participer à toutes les étapes du Tour de France. Celles-ci alternent sprint, endurance, montagne… On débute au Danemark et on finit sur les Champs Elysée.

L’échappée en solitaire est souvent très risquée.

D’apparence, le jeu est simple d’accès. On contrôle directement le cycliste en accélérant et en freinant avec les gâchettes droite et gauche. Ca, c’est pour les bases. Dans la pratique, on passera toutefois la plupart de son temps dans le peloton. Il conviendra de se mettre dans la roue d’un des leaders du groupe. Une fois “accroché”, il n’y a  plus rien à faire… si ce n’est guetter le bon moment pour tenter une échappée, lancer un sprint pour tenter de grappiller quelques points pour le maillot à pois, ou suivre un groupe d’échappés. Tout le concept du jeu repose sur la gestion de l’effort. Il est tout à fait possible de partir seul en échappée, mais celle-ci se soldera pratiquement toujours sur un échec sur un sol plat, car, en solitaire, vous n’aurez pas l’occasion de récupérer en vous mettant dans la roue d’un autre joueur, et devrez affronter seul le vent de plein fouet. La fatigue grimpe rapidement et on finit quasi systématiquement par se faire rattraper. Il convient donc d’être très stratégique dans ce que l’on fait. Attendre le bon moment pour attaquer, donner les bons ordres à ses coéquipiers, et surtout guetter les attaques des autres.

Dans le peloton, on se met souvent dans la roue d’un autre joueur.

L’ennui, c’est que si les bases du jeu sont solides, il y a beaucoup de moments creux. Dans le peloton notamment. Les épreuves de 200 kilomètres sont une véritable épreuve. Il faudra compter un bon 30 minutes de jeu, avec peut-être 20 minutes d’un ennui mortel. On le sent, si les idées sont là, les développeurs peinent encore à trouver le mix idéal entre arcade et simulation. Clairement, le jeu manque de moments éprouvants. Les moments les plus excitants sont les sprints, les attaques et les petits défis qui rythment la course. Entre ces passages, on s’ennuie souvent très ferme. Alors il est toujours possible d’accélérer ces moments, mais vous prenez le risque d’avoir une mauvaise surprise si quelque chose se passe…

Par rapport aux anciennes versions, cette cuvée 2022 apporte quelques jolies petites nouveautés. Niveau contenu tout d’abord, à côté du Tour de France 2022, on retrouve une floppée d’autres épreuves auxquelles participer, comme le Liège-Bastogne-Liège ou – nouveauté – la Primavera Classic en Italie. Toutes les licences officielles sont là avec 26 équipes différentes et tous les grands noms de l’industrie. Au total, ce sont pas moins de 92 courses qui sont proposées. Largement de quoi faire donc. D’autant plus qu’un nouveau mode “course du moment”, fait son apparition, lequel propose de comparer ses résultats avec d’autres joueurs en ligne.

Les séquences dans le peloton font partie des moins passionnantes.

Cette cuvée 2022 introduit quelques petites nouveautés aussi, avec une IA retravaillée, des paramètres entièrement reparamétrables (le joueur pourra par exemple activer ou désactiver les chutes, et en déterminer la fréquence), ou des secteurs pavés retravaillés, avec une image qui tremble.

On ne peut malgré tout s’empêcher de penser qu’en trois ans, la franchise n’a que trop peu évolué. Côté technique, on est face à un jeu qui aurait facilement pu tourner sur une PS3. Les décors sont d’une laideur sans nom. Les modélisations des cyclistes minimalistes. Les sensations de vitesse sont toutefois là et surtout, le public, en 3D, amène un peu de vie sur les parcours. Les versions PS5/Series du jeu nous ont toutefois paru très mal optimisées. On ne ressent pas du tout la différence avec la précédente génération, pour être franc. Et clairement, il est temps pour Nacon de passer à un nouveau moteur graphique.

Même constat malheureusement pour l’audio avec des commentaires ultra-répétitifs et sans aucune pertinence, qu’on aura tôt fait de couper.

C’est là le principal problème de la franchise : les moyens sont limités et le résultat déçoit forcément. C’est dommage car dans la pratique on sent réellement le potentiel de la série. Le plaisir de jeu est là et les amateurs de cyclisme devraient y trouver leur compte. Il faudra toutefois clairement fermer les yeux sur la technique, qui n’évolue que très peu d’année en année…

Conclusion

La série de Nacon fait du sur place depuis des années et cette version “cross-gen” du jeu peine clairement à convaincre, la faute à une technique qui n’a pratiquement pas évolué en cinq ans. Visuellement très pauvre, le Tour de France 2022 n’en reste pas moins un jeu plaisant à parcourir. Mix de simulation et de jeu de course arcade, le titre de Nacon propose de revivre le Tour de France 2022 et une dizaine de compétitions en Europe en incarnant directement une cycliste. Une approche différente de celle de Pro Cycling Manager, qui se veut davantage une simulation de gestion d’équipe. Accessible, le gameplay repose sur la gestion de la fatigue et la mise en place d’une bonne stratégie d’équipe. Il faut attendre le bon moment pour attaquer. Le concept est passionnant mais le rythme est perfectible avec des séquences de jeu dans le peloton qui manquent de peps. Comme ses ancêtres, le jeu déçoit surtout niveau technique avec des doublages pénibles et une réalisation pauvre, même pour la version “new-gen” qu’on attendait pourtant au tournant. Le contenu du jeu reste toutefois très généreux et les passionnés de cyclisme en auront largement pour leur argent, s’ils ferment les yeux sur les défauts techniques du titre. 

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Le Tour de France 2022

Gameplay 6.5/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 4.0/10
Bande son 5.0/10
Finition 4.5/10
5.7

On aime :

Un contenu très généreux

Un gameplay plaisant, mix de simulation et d'arcade

Les stratégies à mettre en place pour gagner

La diversité des épreuves

On aime moins :

Techniquement très pauvre

Des nouveautés assez légères cette année

La version new-gen décevante

Les commentaires audio, atroces