Test – The Quarry : le nouveau jeu d’horreur narratif des créateurs d’Until Dawn

En attendant le prochain chapitre de la saga The Dark Pictures Anthology, les développeurs britanniques de Supermassive Games nous livre un nouveau jeu d’horreur narratif dans la droite lignée du titre qui leur avait permis de prendre leur envol, le très bon Until Dawn. 

Spécialisé dans la production de films interactifs, le studio Supermassive Games a multiplié les sorties ces dernières années avec sa saga “The Dark Pictures Anthology”. La formule est désormais bien rôdée, même si aucun de ces récents projets n’a atteint le niveau d’excellence d’Until Dawn. Initialement pensé comme une exclu pour la plate-forme Stadia de Google, The Quarry est probablement le projet le plus ambitieux du studio depuis Until Dawn. Il en reprend d’ailleurs toutes les particularités, avec un casting plus jeune que dans les jeux Dark Pictures, une histoire plus longue et aussi un plus gros budget.

La cinématographie est ultra-soignée.

Soyons clairs d’entrée de jeu: The Quarry n’est pas un jeu vidéo, c’est un film interactif dans lequel le joueur peut décider le sort qu’il réserve aux personnages. Dans chaque chapitre, il sera amené à faire plusieurs choix. Selon ses décisions, l’intrigue évoluera plutôt dans une direction que dans l’autre.

Le jeu mélange cinématiques, des séquences d’action sous la forme de QTE (Quick Time Events) durant lesquelles il faut appuyer au bon moment sur la bonne touche, et quelques courtes séquences où le joueur dirige son personnage à l’écran. Ne vous attendez toutefois pas à un survival-horror en bonne et due forme. Ces séquences de jeu sont non seulement très courtes mais aussi peu intéressantes d’un point de vue ludique puisqu’elles ne servent en définitive qu’à nous immerger un peu davantage dans le titre et à récupérer des indices pour servir l’intrigue…

Chaque décision prise dans le jeu aura un impact sur la suite des événements.

Si vous aviez joué aux Dark Pictures, vous aurez certainement une idée de la façon dont on joue à The Quarry. Cette nouvelle production se démarque toutefois des trois épisodes de The Dark Pictures par son casting plus jeune – on se rapproche ici du casting très teenager d’Until Dawn -, et son scope beaucoup plus large. L’intrigue est plus longue, mieux ficelée aussi. Il faudra compter entre 6 et 8 heures de jeu pour en venir à bout.

Visuellement, The Quarry impressionne.

Niveau scénario, on est très agréablement surpris. L’intrigue nous plonge au cœur de l’Amérique profonde, dans un camp de vacances. L’été touche à sa fin et l’un des protagonistes, Jacob, décide de saboter le véhicule qui est censé ramener l’équipe d’instructeurs dans le monde civilisé pour passer une nuit de plus auprès d’Emma, la jeune femme dont il rêve. Une très mauvaise idée puisque – dehors – une sombre menace semble planer. La nuit qui se profile risque d’être longue pour les différents protagonistes, qui seront tous amenés à prendre des décisions qui mèneront certains de leurs camarades à une mort douloureuse…

Le jeu sait se montrer sanglant.

On le sent, un gros travail a été réalisé pour nous livrer une intrigue qui aurait très bien pu nous être contée à travers une mini-série complète. The Quarry est en ce sens un projet beaucoup plus ambitieux que The Dark Pictures, même s’il en reprend tous les éléments ou presque. Le casting est également plus varié, mais pas forcément plus séduisant que dans les autres productions du studio car on se retrouve ici face à une poignée d’ados américains, pas forcément des plus charismatiques. Qu’à cela ne tienne, si l’un d’eux ne vous plait pas, vous êtes toujours libre de faire en sorte qu’il meurt…

Le jeu sait se montrer effrayant.

Le fil conducteur se révèle lui plutôt intéressant, même s’il est difficile de ne pas être déçu par l’absence de développement des personnages secondaires, plus matures et intéressants que le casting de base. Le jeu sait jouer avec les ellipses et parvient à nous surprendre plus d’une fois. Chaque décision a également des impacts parfois inattendus sur le reste de l’intrigue. S’il souhaite arriver à ses fins, le joueur devra donc se montrer perspicace et penser à tout. En ce sens, le titre est plutôt réussi puisqu’une fois l’aventure terminée, on a envie de voir comment on aurait pu changer le récit en prenant de meilleures décisions. Lors de notre premier walkthrough nous avons ainsi pu faire survivre quatre membres du casting initial mais n’avons pas découvert le fond de l’intrigue. Lors de notre second playthrough, nous avons pu en sauver sept, tout en découvrant le fond de l’intrigue. S’il n’y joue qu’une seule fois, le joueur passera aussi à côté de plusieurs segments complets. Ceci étant dit, difficile d’avoir l’envie de tout refaire tant certaines séquences de jeu sont longues – en particulier les premiers chapitres. Il faudra beaucoup de courage pour repasser certains dialogues aussi longs qu’inintéressants.

Dans cette séquence, il faut retenir son souffle jusqu’au bon moment.

Niveau durée de vie, comptez entre 6 et 8 heures de jeu. Ce qui reste léger pour un jeu qui, contrairement aux épisodes de la saga Dark Pictures, est vendu plein tarif. Comptez 70€ pour la version old-gen et 75€ pour la version new-gen.

La bonne nouvelle c’est que d’un point de vue technique, Supermassive réalise presqu’un sans faute. Visuellement, le titre met une claque monumentale avec des visages plus vrais que nature, de superbes effets visuels et une direction artistique splendide. C’est bien simple, par moments, on se croirait presque devant un véritable film. La bande sonore n’est pas en reste avec des doublages en anglais d’excellente qualité et des bruitages très immersifs. La finition est également presque irréprochable, y compris sur les consoles next-gen. A l’exception de quelques textures qui s’affichaient tardivement, nous n’avons pas noté de problème technique.

Les visages sont extrêmement expressifs.

Difficile de ne pas être séduit par la proposition, malgré les petits défauts du jeu. Clairement, c’est son prix élevé qui joue le plus en sa défaveur. 70€ la mini-série, ça fait tout de même très cher payé pour un “one-shot” sur lequel tous les joueurs n’auront pas la patience de revenir. Une chose est sûre, d’un point de vue narratif, The Quarry est une franche réussite. Le studio britannique semble désormais parfaitement maîtriser sa recette et on a déjà hâte de découvrir ce qu’il nous prépare pour la suite.

Conclusion

Plus proche d’un film interactif que d’un jeu, The Quarry est incontestablement une expérience qui s’adresse avant tout aux cinéphiles et aux amateurs de films d’horreur. Le jeu de Supermassive Games impressionne par sa réalisation ultra-soignée et propose un scénario très riche. On y incarne un petit groupe de jeunes qui se retrouvent menacés par une terrible créature dans un coin perdu Etats-Unis. Le jeu alterne cinématiques, séquences d’action interactives sous la forme de QTE, choix narratifs et de courtes séquences d’exploration. S’il brille dans sa partie narrative et sa réalisation, le titre a toutefois un peu plus de mal à convaincre dans ses séquences ingame, peu intéressantes. On lui reprochera aussi un début de partie qui manque de punch et un casting peut-être un peu trop jeune. Qu’à cela ne tienne, le divertissement reste passionnant de bout en bout. L’addition, en revanche, est un peu salée. Comptez 70€ tout de même pour l’équivalent d’une mini-série en 10 épisodes… 

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The Quarry

Gameplay 6.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 9.5/10
Bande son 8.5/10
Finition 8.5/10
7.8

On aime :

Une mise en scène digne d'un film

Visuellement superbe

L'excellente bande son

Un scénario accrocheur du début à la fin

Des choix qui ont de vrais impacts sur le scénario

On aime moins :

Un rythme très lent au cours des premiers chapitres

Un casting qui manque de charme

Malgré les multiples embranchements scénaristiques, difficile d'avoir l'envie de le recommencer

Beaucoup trop cher (70€ et 75€ pour old/new gen)

Les parties walking simulator, sans intérêt