Test – King Arthur Knight’s Tale : un tactical séduisant autour de la Table Ronde

Après 15 longs mois d’accès anticipé, King Arthur: Knight’s Tale est enfin disponible en version définitive. Un early access extrêmement long, mais en voyant le résultat final, l’attente en valait la peine !

Les jeux vidéo prenant place dans l’univers du Roi Arthur et de Camelot ne sont pas légion. S’ils étaient plus nombreux dans les années 1980 et 1990 avec de nombreux jeux d’aventure et de point & click, les légendes arthuriennes sont petit à petit tombées aux oubliettes au fil des années, et notamment dans les années 2010. Alors autant dire qu’un jeu de stratégie reprenant exactement la même intrigue que le célèbre mythe breton avait de quoi nous mettre l’eau à la bouche. Après un premier titre sobrement intitulé King Arthur sorti en 2009 et pas franchement convainquant, le studio Neocore Games voulait réitérer l’expérience avec une suite. Après une phase d’accès anticipé longue de 15 mois, Knight’s Tale débarque enfin sur PC.

Côté scénario, rien de bien surprenant puisqu’on retrouve le même univers que les contes. Le Roi Arthur et Sir Mordred, l’ancien Chevalier Noir, se sont affrontés dans un duel sans merci pour le trône de Camelot. L’un tua l’autre et, dans un dernier souffle acheva également son adversaire. Mais les deux ennemis jurés ont été ressuscités par la Dame du Lac et Arthur revient vers Avalon pour conquérir l’île. La Dame du Lac vous demande alors d’achever votre mission en tuant le roi déchu. Commencera alors une quête où votre moralité et la fidélité de vos soldats ont toute leur importance.

La légende arthurienne est très fidèlement reproduite, et de nombreux personnages emblématiques sont au rendez-vous.

C’est un monde d’Avalon et un Camelot bien plus sombres que ce à quoi nous avions déjà pu avoir affaire. Les protagonistes sont tous hantés par les maux du royaume et par leurs propres erreurs, et des mort-vivants ont envahi le royaume. Le contexte est donc très particulier, mais il est tout bonnement fantastique à découvrir. Le royaume est complètement à l’abandon et l’on a presque mal au cœur de voir le mythique Camelot en ruines. Ajoutez à cela une bande son épique idéalement combinée à l’aventure, et l’on a presque l’impression d’être nous-mêmes à Camelot.

Le contexte planté, intéressons-nous directement au point le plus important du jeu : son gameplay. King Arthur: Knight’s Tale emprunte sans gêne quelques brides de gameplay chez certaines licences cultes du jeu vidéo, à commencer par XCOM. Avec un seul héros ou en équipe pouvant aller jusqu’à cinq, vous démarrerez votre mission et pourrez vous balader où bon vous semble à la recherche de trésors et d’artefacts. Une fois arrivés face à vos ennemis, c’est là que l’affaire se corse. Vous devrez positionner habilement vos unités dans un tour de formation avant de commencer à attaquer. L’action se déroule au tour par tour et chaque unité dispose d’un nombre bien précis de Points d’Action (PA), permettant de se déplacer, d’attaquer ou encore de se soigner. Seul petit bémol au niveau du placement de la caméra et du shader gérant la disparition des éléments du décor, pas toujours idéal. L’on se retrouve souvent à manier la caméra dans tous les sens pour essayer d’y voir un peu plus clair. Le problème est davantage marqué dans les lieux les plus exigus.

Le gameplay s’inspire directement de ce qui se fait de mieux dans d’autres franchises à succès, comme XCOM.

Mais contrairement à des franchises à succès comme XCOM, Knight’s Tale requiert de faire attention à la manière dont les coups sont portés. Un coup de face affectera légèrement les PV de l’adversaire, un coup latéral modérément et un coup dans le dos sera très efficace. Le tout est très rapidement compréhensible pour le joueur, même si on aurait apprécié qu’un petit tutoriel vienne faciliter la prise en main du néophyte n’ayant jamais joué à un T-RPG auparavant.

D’autre part, Knight’s Tale hérite de quelques mécaniques de RPG, avec des héros que l’on peut améliorer en engrangeant de l’EXP à chaque fin de mission. Équipement, capacités ou encore compétences, les cinq classes de héros sont améliorables jusqu’au moindre détail afin d’obtenir la meilleure combinaison possible sur le champ de bataille. L’équipement de nos unités est quant à lui améliorable avec des runes et des sorts ou encore des artefacts récoltés en mission.

Mais King Arthur: Knight’s Tale n’est pas un simple jeu de stratégie, puisque dès le premier lancement de la partie, le joueur a un choix important à faire: jouer en mode normal ou en rogue-lite. Votre partie changera du tout au tout ! Le mode normal est très facile à aborder. Les ennemis sont relativement intelligents mais infligent peu de dégâts et en reçoivent beaucoup, et nos personnages sont bien plus puissants. En revanche, le mode roguelite transforme littéralement la partie. Premier changement, et non des moindres: il n’est plus possible de sauvegarder à tout va. Ainsi, tous vos choix seront définitifs, de même que la mort de vos compagnons. Si, dans le mode normal, les morts sont également définitives, il y est en revanche possible de restaurer une sauvegarde pour aborder les événements d’une autre manière. Si vous n’avez pas peur du challenge, foncez. Sachez toutefois que vous vous en mordrez les doigts tant la tâche est ardue et que l’IA est ultra compétitive, en cherchant constamment à vous attaquer par derrière ou en usant habilement des éléments du décor.

Vous devrez restaurer Camelot à coup de ressources pour débloquer de nouveaux atouts et aides.

Tout au long de votre aventure, vous retrouverez tous les personnages emblématiques des contes du Roi Arthur. Mordred, Lancelot, Perceval, ou encore Arthur, ce sont autant de héros à affronter ou incarner que nous retrouvons tout au long de notre aventure. Vous pourrez donc les incarner, puisque vous aurez à reconstituer votre propre table ronde et combiner intelligemment les différentes classes de héros. Accomplir telle mission permet de recruter un nouveau héros, mais certains de vos choix auront également un impact non négligeable sur la composition de votre équipe. En effet, tout au long de l’aventure, vous aurez à prendre des décisions, vous rendant plus Juste ou Tyrannique. Vous débloquerez alors de nouvelles options dans le titre, mais également des héros légendaires et des capacités plus puissantes. De plus, certains choix peuvent être mal perçus par certains de vos compagnons, qui peuvent alors saisir l’occasion pour vous trahir. La religion jouera également un rôle important, en devenant soit plus Chrétien, soit un Fervent de la Foi Ancestrale. Le tout fonctionne extrêmement bien et l’on adore être tiraillé entre tel et tel choix tout au long de l’aventure.

Un autre élément important est la restauration de Camelot et de son royaume. Lorsque vous reprendrez les reines du royaume, la forteresse légendaire sera littéralement en ruines et vous aurez reconstruire certains départements importants pour la bonne gestion de vos unités. Un hospice pour rétablir les guerriers blessés, un terrain d’entraînement pour améliorer les unités ou encore un marchand pour échanger des armures et autres éléments… Tout un univers à remettre sur pieds avec de l’argent et des ressources. Chaque nouvelle pièce peut ensuite être améliorée et un héros peut y être assigné pour en améliorer les effets.

Tous ces éléments, vous l’aurez compris, contribuent à rendre le jeu terriblement chronophage et à proposer un contenu ultra conséquent. Vendu 45€, Knight’s Tale ne nous donne aucunement l’impression de nous voler. Les héros sont ultra nombreux et pratiquement impossibles à débloquer dans une seule partie, de nombreuses quêtes annexes sont disponibles et la rejouabilité est importante pour découvrir l’impact d’un choix non fait. Comptez donc près de 30 heures pour finir la vingtaine de missions ornant les quatre chapitres.

La direction artistique est très réussie. En revanche, elle ne s’accompagne pas de visuels flatteurs.

À l’approche de la fin du test, vous penserez probablement que King Arthur: Knight’s Tale est l’un des meilleurs jeux de cette année et qu’il est irréprochable. C’est le cas, enfin presque. Neocore Games loupe le coche du côté de la technique, avec un rendu visuel ultra décevant et franchement pas flatteur. Le titre donne l’impression d’être sorti il y a dix ans et ne mérite franchement pas son statut “d’exclusivité” next-gen. La gestion des lumières n’est pas incroyable, les animations datées et les quelques effets proposés, comme la brume, ne sont absolument pas convaincants. De plus, l’on regrettera que les temps de chargement soient hyper longs, dépassant bien souvent la minute. Heureusement, le titre n’est pas gourmand et peut être supporté par de nombreuses machines, à condition d’avoir au minimum … 120Go d’espace libre ! Ça fait beaucoup, et l’on aurait aimé que le titre soit bien plus joli qu’il ne l’est…

Conclusion

Mélangeant des éléments de Tactical et de RPG, King Arthur: Knight’s Tale est un excellent jeu de stratégie au tour par tour nous embarquant directement dans la légende du Roi Arthur. Aux commandes de Mordred, le joueur va rencontrer et incarner les plus grands héros des légendes arthuriennes, tout en devant sauver Avalon. Si techniquement, le jeu déçoit, sa direction artistique lui donne une identité qui lui est propre. On retrouve ici un monde d’Avalon très sombre faisant face à des hordes de morts-vivants et monstres venus saccager le royaume de Camelot. Du côté du gameplay, c’est quasiment un sans-faute. En s’inspirant des classiques du tactical, King Arthur vise toujours juste et propose des parties toujours très intenses, qui peuvent notamment être sublimées par un mode roguelite des plus ardus. On regrettera toutefois que la gestion de la camera et des différents angles en partie ne soit pas toujours optimale, et que les temps de chargement sont vraiment très (trop!) longs. Mais honnêtement, avec un contenu aussi conséquent, et un gameplay aussi réussi King Arthur: Knight’s Tale est indubitablement l’une des très bonnes surprises de  ce début d’année 2022.

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King Arthur: Knight's Tale

Gameplay 8.0/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 6.0/10
Bande son 7.5/10
Finition 7.0/10
7.4

On aime :

Une direction artistique impeccable

Jouable en roguelite ou en normal

D'excellentes mécaniques héritées d'XCOM

De nombreux choix décisifs à faire

Un contenu très généreux (30h)

On aime moins :

Des graphismes datés

Pas de tutoriel pour comprendre les mécaniques

Le positionnement de la caméra, pas toujours idéal

Des temps de chargement longuets