L’application Uber est interdite à Bruxelles

Une décision de justice force Uber à quitter Bruxelles à partir de vendredi.

À partir de ce vendredi 26 novembre, les chauffeurs titulaires d’une licence LVC (Location de Voiture avec Chauffeur) qui utilisent l’application Uber pour transporter des personnes devront cesser leurs activités à Bruxelles. L’entreprise américaine indique que ce départ est causé par un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles qui a été rendu ce mercredi.

« La cour d’appel de Bruxelles a rendu un arrêt impliquant que l’injonction de cesser d’opérer, émise en 2015 à l’encontre d’UberPop (NDLR : un service de transport en voiture dont le conducteur est un simple particulier), s’applique également aux services de mobilité fournis par des conducteurs professionnels LVC », a déclaré l’entreprise Uber dans un communiqué.

2.000 chauffeurs touchés

Cet arrêt prendra effet ce vendredi 26 novembre à partir de 18h. « À partir de ce moment, les 2.000 conducteurs bruxellois titulaires d’une licence LVC perdront leurs sources de revenus et des centaines de milliers de passagers n’auront plus accès à ces options de transport sûres et abordables », a indiqué Uber.

Laurent Slits, le directeur d’Uber Belgique, estime que cette mesure n’a pas lieu d’être : « Cette décision a été prise sur la base d’une réglementation obsolète, rédigée à une époque antérieure aux smartphones, que le gouvernement a promis de réformer au cours des sept dernières années, exercice auquel il a échoué. […] Nous demandons instamment au gouvernement bruxellois d’agir rapidement pour réformer une fois pour toutes le secteur des taxis et des LVC, afin que les chauffeurs puissent continuer à travailler et subvenir aux besoins de leur famille. »

Le GTL-TAXI, le groupement national des entreprises de voitures de taxis et de location avec chauffeur, a commenté la situation en indiquant qu’Uber aurait toujours dû opérer avec des chauffeurs sous licence de taxi. Le groupement ajoute que le secteur est confronté à une pénurie de chauffeurs depuis la crise sanitaire et se dit prêt à engager à court terme des chauffeurs Uber avec un contrat de travail et un salaire décent.

Des réactions virulentes

Les chauffeurs de leur côté n’ont pas tardé à se mobiliser. Le journal DataNews indique que plusieurs centaines d’entre eux ont perturbé la circulation sur le ring de Bruxelles en conduisant leur voiture au pas. « Nous allons bloquer tout Bruxelles, dès demain et au finish, jusqu’à ce que M. Vervoort et sa clique (sic) décident enfin d’une solution pour les chauffeurs LVC », annonce Fernando Redondo, président de l’Association des chauffeurs belges de limousine

L’opposition n’a pas tardé à réagir face à cette polémique. David Weytsman, député bruxellois (MR) a ainsi déclaré : « C’est une véritable catastrophe sociale. Bruxelles est la ville où le risque de pauvreté est le plus élevé en Europe et le PS risque d’envoyer des milliers de personnes au chômage ou au CPAS. »

Même son de cloche du côté du CDH, où le député Christophe De Beukelaer a déclaré : « C’est une lourde responsabilité qui entache le bilan de ce gouvernement et sa crédibilité. Le gouvernement fait une clef de bras aux chauffeurs LVC pour les forcer à accepter son plan taxi : ils n’ont le choix qu’entre ça et le chômage. La méthode socialiste consiste donc à mettre à pied 2.000 travailleurs sans préavis, sans concertation avec les représentants et sans aucune perspective d’avenir pour les familles. »