Test – Jurassic World Evolution 2 : la gestion au Jurassique

Plus de trois ans après un premier épisode très convaincant, les équipes de Frontier Developments reviennent avec ce sympathique Jurassic World Evolution 2. 

Juin 2018. C’est le grand retour de la saga Jurassic Park sur consoles et PC avec la sortie de Jurassic World Evolution. Directement inspiré du second opus de la deuxième trilogie, Fallen Kingdom, le titre nous met dans la peau du propriétaire d’un “zoo” abritant des dinosaures et devant assurer la viabilité financière de son parc, le bien-être de ses créatures et la sécurité des visiteurs. Un titre fort plaisant, qui apporte une dimension de gestion parfaitement adaptée à l’univers, comme l’avait déjà exploité Jurassic Park: Operation Genesis en son temps sur PS2 et Xbox.

Trois ans plus tard, c’est officiellement la suite d’Evolution qui débarque sur PC, consoles current et next-gen. Second épisode de la désormais nouvelle saga débutée par les Britanniques de Frontier Developments, JW Evolution 2 promet un contenu plus conséquent, mais également un gameplay plus abouti que ce qui était proposé dans le premier opus.

Une des premières choses sur lesquelles on constate l’effort consenti par les développeurs, c’est le contenu. Dans le premier épisode, seules 37 espèces de dinosaures terrestres étaient disponibles. Un chiffre, certes, plutôt conséquent, mais qui ne répondait en aucun cas à une des demandes les plus insistantes des joueurs : avoir des créatures marines et volantes. Ici, les dinosaures disponibles sont deux fois plus nombreux et, cerise sur le gâteau, il y a enfin des ptéranodons (ailé) et des ichtyosaures (marin). Les possibilités de création du parc sont alors bien plus nombreuses et la nécessité de bien faire cohabiter les créatures d’autant plus cruciale. Comme les enclos pour créatures terrestres, les volières peuvent être agrandies à l’infini.

Enfin, les dinosaures volants et marins sont de la partie !

C’est d’ailleurs l’une des choses que l’on remarque le plus vite lors de nos premières heures de jeu : le titre a pris une tout autre dimension et est bien plus “ouvert”. Les parcs peuvent désormais être bien plus grands et les cartes sur lesquelles on les construit sont presque semblables à des mondes ouverts. Avec la jeep des soigneurs ou l’hélicoptère de capture, on peut s’aventurer dans l’univers et découvrir différents dinosaures à capturer pour ensuite ramener dans notre parc. C’est d’ailleurs un élément avec lequel il faut régulièrement composer, puisque les créatures à l’état sauvage n’hésitent bien souvent pas à s’approcher de votre parc et à effrayer vos visiteurs.

Si les différentes cartes sont plus grandes, elles sont également bien plus variées que dans le premier opus, dans lequel on ne construisait des parcs que sur des îles tropicales de l’archipel Las Cinco Muertes. Ici, ce sont 5 biomes qui sont disponibles et qui offrent chacun leurs propres difficultés. Par exemple, le biome alpin fait intervenir des tempêtes de neige et des pluies occasionnelles tandis que le biome désert est régulièrement sujet aux tempêtes de sable.

Autant de biomes à découvrir tant par la difficulté qu’ils apportent que pour leur beauté. En effet, Jurassic World Evolution 2 est très solide visuellement et jouit de plusieurs environnements très bien fichus lorsque les paramètres de votre ordinateur sont poussés au maximum. Le soleil qui reflète dans les différents lacs ou encore les tempêtes de neige sont tout simplement sublimes, tandis que la modélisation des dinosaures est, comme dans le premier opus, tout simplement irréprochable. On regrettera toutefois que les visiteurs soient tous très sommaires dans leur modélisation et qu’il n’y ait pas eu plus d’implication de la part des équipes de développement sur ce point.

Le bien-être de vos dinosaures et de vos visiteurs, mais également la rentabilité seront les maîtres mots de votre parc.

Si vous aviez déjà joué au premier JW Evolution, vous ne serez absolument pas dépaysé par ce second volet. On retrouve les enclos à construire, avec leurs spécificités et les aménagements nécessaires pour le bien-vivre des créatures, mais également les différents bâtiments liés au fonctionnement du parc, comme le centre des sciences pour étudier les fossiles et débloquer de nouvelles technologies. Sur ce point, le titre a très peu bougé et c’est tant mieux. Il y a par exemple des indications plus claires pour trouver comment améliorer le confort de vos dinosaures dans leur enclos. En revanche, on regrettera la gestion de l’énergie qui est désormais très chaotique. Très régulièrement, il faudra approvisionner les générateurs d’électricité en essence au risque de voir votre parc en panne de courant. Aucun système ne permet l’automatisation de l’approvisionnement en essence. Le prix du pétrole est notamment bien trop conséquent, surtout compte tenu de la vitesse à laquelle elle est consommée.

Une des avancées majeures par rapport au premier opus et qui fait terriblement plaisir à voir, c’est la disparition des trois spécialistes en science, divertissement et sécurité. Tout au long de notre partie, ces trois agents gouvernementaux nous donnaient des missions à remplir pour gagner de l’argent. Leur gestion était très frustrante et la complétion des différentes missions pas toujours aisée. Ici, les développeurs ont préféré mettre cet aspect du jeu de côté au profit d’une gestion plus centrée sur l’essentiel.

Du côté des visiteurs, le principal reste présent et quelques nouveaux bâtiments font leur apparition. Il faudra toujours satisfaire leurs besoins en spectacle, en organisant notamment des safaris au sein du parc avec un itinéraire bien défini. Les hôtels, restaurants et autres boutiques de souvenir font également leur retour pour satisfaire votre compte en banque au détriment de leur porte-monnaie.

L’excellent mode Théorie du Chaos permet de revisiter et de réécrire l’histoire des films de la saga.

Il y a également eu pas mal de mouvements du côté des modes de jeu. On retrouve ici les traditionnels modes Campagne et Défi. Le premier vous propose de vous replonger dans l’univers des films juste après Fallen Kingdom. Vous devrez en effet repartir de zéro et réexploiter les dinosaures pour l’agence gouvernementale. En soi, le scénario n’a que très peu d’intérêt et sert principalement de tutoriel pour les bases et mécaniques du jeu. Il se parcourt très vite (5 heures grand max) et on ne prend pas vraiment de plaisir à le faire tant c’est dirigiste et peu plaisant. De plus, une fois les objectifs atteints et la mission réussie, il n’est pas possible de continuer en bac à sable votre parc et vous perdez tout le travail effectué … Le mode Défi n’a quant à lui pas bougé d’un iota et vous demande d’attendre les 5 étoiles de popularité du parc et un temps imparti. Sympa, rejouabilité importante, mais peu d’intérêt là non plus. Évidemment, un mode bac à sable est de la partie pour laisser libre cours à votre imagination.

En revanche, c’est vers le nouveau mode Théorie du Chaos que nos regards se tournent. Celui-ci permet en effet de nous replonger dans les cinq premiers films de la franchise et de revisiter l’histoire. Avec une difficulté variable pour chaque histoire, vous allez devoir réussir là où les personnages du film ont échoué, c’est-à-dire construire un parc sécurisé, qui dure et qui vous rapporte de l’argent. C’est très sympa, pas du tout dirigiste et c’est le nouveau mode phare d’Evolution. 

Visuellement, Jurassic World Evolution 2 est très solide.

Qui dit Jurassic Park dit évidemment compositions de John Williams et doublage emblématique de Jeff Goldblum et Chris Pratt. Sur ce point, rien à redire. On est tout à fait dans l’esprit de la saga, avec toutes les mélodies cultissimes entendues dans les films. Les VF sont les mêmes que dans les films, c’est-à-dire très réussies.

Il y a trois ans déjà, le premier épisode pâtissait d’une finition approximative. En effet, de nombreux bugs d’affichage et de gameplay venaient ternir l’expérience de jeu. Malheureusement, les développeurs de Frontier Developments semblent ne pas avoir retenu la leçon. À de nombreuses reprises, nous avons par exemple été dans l’impossibilité de continuer un scénario alors que tous les objectifs étaient correctement remplis. Le pathfinding des véhicules est catastrophique, tout comme celui des dinosaures, surtout volants, qui plantent bien trop souvent et ne paraissent pas suffisamment naturels. Autant de points noirs qui faisaient tache en 2018 et qui sont aujourd’hui impardonnables compte tenu de l’expérience du studio.

Conclusion

Jurassic World Evolution 2 est plus une évolution qu’une révolution pour la série de jeux de gestion de parc à thème. Sans chambouler les règles de la saga, les équipes de Frontier Developments proposent un épisode qui est bien plus complet que son prédécesseur et qui gomme les défauts qu’étaient les siens. Le nombre de dinosaures passe ainsi de 37 à 79, avec l’arrivée tant attendue des dinosaures marins et ailés. Les spécialistes, tellement éreintants dans le premier épisode, ont enfin disparu, tandis que l’on retrouve des cartes bien plus grandes pouvant laisser libre cours à notre imagination, avec de nombreux dinosaures à découvrir et capturer. Si la campagne n’est pas très élaborée et que l’on en fait vite le tour, on se réjouira du nouveau mode Théorie du Chaos, permettant de revisiter les scénarios des cinq films de la saga. Techniquement, les cartes sont très jolies, les effets visuels réussis et les créatures plus vraies que nature. La bande sonore est, pour sa part, tout bonnement incroyable, avec les mythiques compositions de John Williams et le tout aussi culte doublage de Jeff Goldblum. On regrettera toutefois que de nombreux bugs persistent, venant bien souvent entraver la progression lors des missions. Un retour très plaisant pour la saga donc, d’autant qu’il intervient quelques mois avant la sortie tant attendue du sixième opus au cinéma !

Jurassic World Evolution 2

Gameplay 8.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 8.5/10
Finition 6.5/10
7.8

On aime :

Un mode Théorie du Chaos très réussi

Très solide visuellement

Des cartes plus grandes et ouvertes

Une plus grande diversité de dinosaures disponibles

Les doublages et bandes sonores officiels

On aime moins :

Quelques bugs qui bloquent la progression

Le ravitaillement en essence, très énervant

Une campagne très anecdotique

Un pathfinding des véhicules et dinosaures pas adapté