Des bateaux autonomes déployés à Amsterdam

Des bateaux-taxis robotisés ont été déployés dans les cours d’eau d’Amsterdam par le MIT ce jeudi.

Depuis ce 28 octobre, les canaux d’Amsterdam disposent d’une flotte de bateaux autonomes. Dénommés à juste titre « Roboats», ils sont développés par le Laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) et par l’Amsterdam Institute for Advanced Metropolitan Solutions (AMS) depuis près de 6 ans.

La version originale du bateau a été testée au départ dans une piscine, afin de bénéficier d’un environnement contrôlé. De nombreuses refontes ont été effectuées pour aboutir au modèle actuel, capable de naviguer dans des canaux. Le MIT en est désormais à sa troisième itération avec le « Roboat III ».

Des bateaux polyvalents

Dans un premier temps, ils feront office de taxis, transportant maximum 5 passagers. Plus tard, ils pourront être utilisés pour transporter des ordures ou encore déplacer des matériaux dans la ville pouvant aller jusqu’à une tonne et demie. Le « Roboat II », testé l’an dernier, ne pouvait transporter que deux passagers et ne disposait que d’une autonomie de 3 heures. Le Roboat pourrait également être utilisé pour servir de pont temporaire.

Les Roboats disposent de capteurs pour se repérer dans leurs environnement.

Le Roboat est entièrement électrique et dispose de 10 heures d’autonomie. Le véhicule est équipé de capteurs LiDAR et de caméras à 360 degrés. Des algorithmes déterminent le chemin à suivre afin d’éviter les collisions avec d’autres bateaux ou des obstacles. Un opérateur à terre est chargé de surveiller les bateaux pour éviter qu’un problème ne survienne. Chaque opérateur pourra avoir jusqu’à 50 bateaux à gérer.

La ville idéale pour ce projet

Si le MIT a choisi Amsterdam pour réaliser cette expérimentation, ce n’est pas par hasard. Avec son imposant réseau de canaux, celle qu’on appelle la Venise du Nord est le point de départ idéal pour ce projet. La ville est traversée par un réseau de 100 km de canaux, avec environ 1.500 ponts. La production industrielle de tout le pays repose sur un réseau fluvial, dont le centre se situe dans la capitale.

Ces bateaux peuvent être adapté à du transport de marchandise.

« Nous avons beaucoup de trafic routier et d’embouteillages à cause du commerce électronique et de la logistique qui encombrent les petites rues de la ville », a déclaré Stephan van Dijk, directeur de l’innovation à l’AMS, qui conçoit le bateau en collaboration avec le MIT. « En même temps, nous avons beaucoup de canaux. Nous avons donc développé un navire autonome pour aider à la logistique de la ville et aussi à la circulation des personnes. »

Un pont mobile peut être réalisé grâce à ces bateaux.

Enfin, comparés à leurs homologues terrestres, les bateaux autonomes doivent faire face à un nombre plus réduit de difficultés. L’ensemble du parcours est plat et la circulation ainsi que la vitesse sont beaucoup plus faibles que sur les routes. Si ce projet se déroule avec succès, il pourrait s’agir d’une grande avancée pour l’acceptation des véhicules autonomes auprès du grand public.