Ils volent 35 millions de dollars grâce à un deepfake

Une banque des Émirats arabes unis a été victime d’un deepfake vocal particulièrement convaincant.

Les technologies ne cessent de progresser et le machine learning devient de plus en plus performant. Un des procédés bénéficiant le plus de ces avancées est le deepfake. Il existe différents types de deepfakes, plus ou moins évolués et différents procédés pour les créer. Leur objectif commun est de modifier un fichier photo, vidéo ou audio, afin d’échanger l’identité d’une personne avec une autre.

Si une grande partie de ces deepfakes est facilement discernable, à cause des erreurs visuelles ou sonores présentes sur le fichier modifié, certains parviennent à duper, dans une certaine mesure, les personnes non aguerries. Dans l’industrie du divertissement, ces deepfakes peuvent être créés pour permettre à un acteur de rajeunir ou de vieillir. Ils peuvent également faire revenir d’entre les morts des acteurs qui nous ont quittés en reproduisant leur visage ou leur voix, soulevant déjà quelques premières questions éthiques.

Une technologie déjà détournée

Forcément, une telle technologie n’a pas tardé à être détournée à des fins malveillantes. Les vidéos pornographiques utilisant les deepfakes se sont ainsi multipliées et les escrocs n’ont pas tardé à utiliser cette technologie à leur avantage. En janvier 2020, c’est une banque aux Émirats arabes unis qui a fait les frais d’un deepfake vocal. Le directeur de l’établissement a reçu un appel du patron d’une entreprise avec laquelle il avait déjà parlé et dont il pensait reconnaitre la voix.

L’entreprise en question était en train de réaliser une nouvelle acquisition et avait besoin d’un montant de 35 millions de dollars pour la valider. Cette procédure étant réellement en cours dans l’entreprise et des échanges de mails ayant déjà eu lieu. Le directeur de la banque ne s’est pas méfié et a autorisé le versement de 35 millions de dollars sur le compte des criminels.

Le journal Forbes indique que des documents judiciaires montrent que les Émirats arabes unis ont demandé l’aide d’enquêteurs américains pour retrouver 400.000 dollars de fonds volés. Ces fonds ont été versés sur des comptes américains et détenus par la Centennial Bank. Les Émirats arabes unis estiment qu’au moins 17 personnes ont été impliquées dans cette escroquerie, ce qui a permis de transférer l’argent sur des comptes en banque du monde entier. Le parquet de Dubaï n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Ce n’est que le début

Cette histoire est le deuxième cas avéré de deepfake utilisé pour réaliser une fraude de cette envergure. Selon le Wall Street Journal, la première affaire aurait eu lieu au Royaume-Uni en 2019 et aurait permis aux criminels d’empocher près de 240.000 dollars issus d’une entreprise énergétique.

Enfin, il faudra probablement s’habituer à ces méthodes de cambriolage, car l’augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux, où une grande quantité de matières premières utiles pour les deepfake, et l’évolution perpétuelle de ce type de technologie risquent de multiplier à l’avenir ce type d’incident.