Amazon accusé de concurrence déloyale et de contrefaçon

Les révélations de Reuters apportent un nouvel éclairage sur les pratiques concurrentielles d’Amazon en Inde. L’enquête révèle une stratégie officielle et secrète employée par le géant de la vente en ligne sur le marché indien. 

Récemment, Reuters a fait de nouvelles révélations. Une enquête de l’agence de presse publiée le 13 octobre remet en cause le fonctionnement d’Amazon en Inde. Un des marchés les plus importants pour la société américaine.

D’après le document, le département indien d’Amazon aurait dissimulé l’accès à des données internes sur Amazon.in. Une pratique destinée à reproduire des produits proposés par d’autres entreprises et à les vendre ensuite sur Amazon.in.

L’or indien d’Amazon

Reuters a épluché des milliers de pages de documents internes d’Amazon datant de 2016. L’enquête accuse Amazon d’avoir encouragé les ventes de produits de marque privée Amazon. L’entreprise aurait manipulé les résultats de recherche afin de s’assurer que les offres d’Amazon s’affichent dans les deux ou trois premiers résultats.

Reuters rapporte aussi que l’entreprise américaine utiliserait des données de vente pour repérer les produits de référence en Inde avant de produire des contrefaçons à grande échelle. L’une des victimes de cette stratégie est le célèbre fabricant de chemises indien John Miller.

Amazon aurait récupéré les dimensions et les caractéristiques d’une chemise très populaire en Inde jusqu’au tour de cou et à la longueur des manches, affirme Reuters en citant la fuite d’un document interne d’Amazon. L’objectif ? La recréer à l’identique. Plus surprenant encore, l’entreprise n’hésiterait pas à confier la fabrication des contrefaçons aux usines chargées de la fabrication du produit original. Certains produits contrefaits apparaitraient également sur la boutique américaine d’Amazon.

La réponse d’Amazon

Amazon a réfuté toutes ces allégations. “Reuters n’ayant ni partagé les documents ni leur provenance avec nous, nous ne sommes pas en mesure de confirmer la véracité des informations contenues dans ce rapport. Nous pensons que ces affirmations sont factuellement incorrectes et infondées” déclare la société américaine dans une réponse écrite à Reuters.

Le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, interrogé sous serment par le Congrès américain en 2020, déclarait que l’entreprise interdisait à ses employés d’utiliser les données des vendeurs pour aider ses propres marques. Et en 2019, un autre cadre d’Amazon avait témoigné que l’entreprise n’utilisait pas les données pour concevoir ses propres produits de marque privée ou modifier les résultats de recherche pour favoriser les vendeurs.

Le rapport de Reuters remet en cause ces déclarations. Les documents révèlent d’ailleurs que deux cadres supérieurs étaient bien au courant de la stratégie en Inde. Il s’agit ici de l’ex-vice-président Diego Piacentini et de Russell Grandinetti. Le second est actuellement directeur de l’activité internationale d’Amazon dans le secteur de la consommation.

Amazon fait actuellement l’objet d’une enquête aux États-Unis, en Europe et en Inde. Le mastodonte du commerce en ligne est accusé d’actions anticoncurrentielles qui auraient porté préjudice à d’autres entreprises.