Test – Metroid Dread : Un retour triomphant

Si plusieurs remakes et autres titres en 3D sont sortis depuis, cela fait environ 20 ans que la série n’a pas eu de nouvel épisode conçu en 2D. Metroid revient enfin sous la forme qui lui a donné ses lettres de noblesse.

Aussi appelé “Metroid 5”, Metroid Dread est un nouvel épisode de la saga de jeu d’action signée Nintendo. Cet épisode est réalisé en collaboration avec MercurySteam, un studio espagnol que l’on connaît déjà pour avoir réalisé les trois jeux Castlevania Lords of Shadow ainsi que le remake de Metroid 2 sur 3DS, à savoir Metroid: Samus Returns. Les membres du studio ont donc déjà prouvé qu’ils savaient faire du Metroid, mais il s’agissait maintenant de se pencher sur un véritable nouvel épisode, de faire suite au scénario de Metroid Fusion et de rafraîchir une formule vieille de 35 ans. Un pari osé que le studio relève avec brio.

Samus est de retour avec une combinaison un peu différente.

Dans Metroid, nous incarnons Samus Aran, une jeune femme équipée d’une armure aux capacités destructrices qui effectue des missions périlleuses pour le bien de la galaxie. Le quatrième épisode, Metroid Fusion, racontait son aventure dans la station spatiale BSL qui abritait des parasites X (des créatures capables de prendre le contrôle d’êtres vivants à leur contact), une menace qu’elle va éradiquer dans ce même jeu. Dread se déroule à la suite de cet épisode, alors que Samus reçoit une mystérieuse vidéo montrant l’existence de ces parasites sur la planète ZDR. Étant la seule à pouvoir y faire face, elle s’y rend et tombe nez à nez avec un guerrier Chozo en armure qui neutralise Samus et lui fait perdre tous ses pouvoirs.

Celle-ci se réveille alors dans les profondeurs de la planète et va devoir explorer pour trouver un chemin vers la surface pour rejoindre son vaisseau. Samus va également faire face à une tout autre menace puisqu’elle sera traquée par les E.M.M.I., des robots-sentinelles que la chasseuse de prime ne peut pas vaincre avec son arsenal. S’il n’est pas véritablement important de connaître la série pour profiter de l’aventure (son scénario étant en réalité très peu présent), suivre ce qu’il se déroule demande quelques connaissances autour de la saga. Notamment les évènements de Metroid Fusion mais aussi quelques éléments de lore comme, pour la première fois dans un jeu vidéo de la série, la présence de personnages bel et bien vivants appartenant à la race des Chozo. Des éléments qui font plaisir aux aficionados mais qui risquent de perdre les nouveaux venus.

On retrouve bien l’aspect “souterrain” de la franchise.

On incarne de nouveau la chasseuse de prime dans une aventure en 2D. Metroid Dread reprend évidemment la structure qui a fait connaître la série, celle du “Metroid-like”, des jeux d’action et de plate-forme où l’on évolue dans des environnements labyrinthiques. Comme à l’époque, cela consiste à nous laisser explorer les lieux tout en nous barrant la route par de nombreux obstacles que l’on va ensuite pouvoir débloquer grâce aux nouvelles capacités trouvables dans les différents environnements. Un concept qui a fait ses preuves et que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreuses productions indépendantes.

Metroid Dread est également un jeu d’action qui reprend et améliore les idées installées dans Samus Returns. Il est toujours possible d’utiliser le bras canon et les missiles pour se défendre mais les contres sont également de retour. Une mécanique permettant, si utilisée au bon moment, de tuer instantanément un ennemi et de regagner plus d’énergie et de munitions qu’en temps normal. Comme dans l’épisode 3DS, Samus peut viser dans toutes les directions en étant immobile. Sa mobilité est également accrue grâce aux glissades qui servent à esquiver et se mouvoir dans des passages étroits. Tout ça rend la prise en main un peu plus complexe que les épisodes d’antan, mais donne plus de possibilités et de précision à l’action. Le titre possède une maniabilité exemplaire et c’est un réel plaisir de contrôler Samus.

L’arsenal de la chasseuse reprend de nombreux objets récurrents de la série. Certains pouvoirs apportent quelque chose de neuf mais on reste majoritairement en terrain connu. Parmi les nouveautés on trouve des pouvoirs Aeion, avec notamment le camouflage spectral qui permet de devenir temporairement invisible. Un outil indispensable pour survivre face aux E.M.M.I. Ces sentinelles apparaissent à certains endroits précis de la carte et amènent un petit côté “infiltration” au jeu.

Les E.M.M.I. pourchassent Samus dans des zones spécifiques de la carte.

Ce nouvel opus est un jeu qui ne nous tient pas par la main. Les différents secteurs sont plus labyrinthiques que jamais et l’absence de marqueur d’objectif sur la carte nous demande réellement de chercher où aller par nous-même. Le level design de Metroid Dread est bien pensé et a la bonne idée de minimiser les retours en arrière si caractéristique du genre en plaçant la majorité des endroits importants proches de la suite du jeu. Pas de panique pour ceux qui aiment fouiller, ZDR et ses différents secteurs restent très labyrinthiques et de nombreuses améliorations de vie et de munitions sont à trouver un peu partout. Un backtracking qu’il est tout de même préférable de faire de temps en temps dans le but de renforcer les capacités de Samus en prévision des combats acharnés qui l’attendent.

En effet, Metroid Dread se montre vraiment difficile à certains moments. Les ennemis standards montrent déjà beaucoup de résistance mais c’est surtout les boss particulièrement réussis qui sont très coriaces. On a droit à de vrais combats longs et intenses où il faut apprendre le comportement des boss durant leurs différentes phases pour en venir à bout. Le tout est bien mis en scène, avec notamment l’utilisation des contres qui lance des cinématiques interactives impressionnantes. Certains boss se payent également le luxe d’avoir plusieurs façons très différentes de les vaincre.

Les E.M.M.I. sont également impitoyables puisqu’un simple contact avec eux produit la mort de Samus, à moins de pouvoir les contrer mais le timing est vraiment très serré. Si ces phases amènent une petite pression supplémentaire bienvenue au jeu, leur échapper est parfois si difficile que cela peut en devenir frustrant. Certains de ces E.M.M.I. sont peut-être trop performants, en particulier vers la fin du jeu. On meurt beaucoup dans Metroid Dread mais le jeu n’est pas du tout punitif puisqu’il nous fait revenir juste avant la salle du boss ou des zones qui abritent les E.M.M.I. Sachez tout de même qu’il n’est pas possible d’ajuster le niveau de difficulté. Et pour ceux qui n’en ont pas eu assez, terminer le jeu donne accès à un mode plus difficile encore.

Les boss sont particulièrement exaltants à affronter.

Que ce soit en mode portable ou sur une télévision, Metroid Dread s’en sort aussi très bien visuellement. Les décors du jeu sont très détaillés, assez jolis et la mise en scène très efficace. Il faut tout de même attendre quelques heures pour que le titre propose des secteurs qui vont réellement faire changer l’ambiance même si la majorité du jeu reste assez sombre. Il est dommage tout de même de voir que les thèmes musicaux ne sont pas marquants. Si les thèmes récurrents de la série sont remis au goût du jour de manière magistrale, les nouvelles pistes accompagnent efficacement les différentes zones mais ne sont pas mémorables.

Le titre propose une fluidité irréprochable qui renforce encore plus le dynamisme de son gameplay. L’aventure se termine en moins de dix heures, il en faut un peu plus pour trouver tous les objets. Une durée de vie peut-être un peu légère alors que le titre est proposé au prix plein, mais Metroid Dread reste une aventure qui saura contenter les fans du genre. Avec ses nouvelles idées, cet épisode apporte un vent de fraîcheur à la série tout en gardant ce qui faisait sa force. MercurySteam démontre un savoir-faire qui hisse Dread parmi les meilleurs épisodes de la licence.

Conclusion

Presque 20 ans après le dernier épisode original en 2D, Metroid revient sous une forme très classique, pour le plus grand plaisir des fans. Développé en collaboration entre Nintendo et MercurySteam (un studio espagnol à qui on doit les Castlevania: Lords of Shadow), ce nouvel épisode en 2D apporte un vent de fraîcheur à la licence tout en gardant sa formule si caractéristique. Metroid Dread se déroule après Metroid Fusion, alors que Samus reçoit une mystérieuse vidéo montrant un parasite X (la menace déjà combattue dans Fusion) sur une planète nommée ZDR. En arrivant, Samus affronte un guerrier en armure qui arrive sans peine à la vaincre. Celle-ci se retrouve alors sans ses pouvoirs dans les profondeurs de la planète et doit se frayer un chemin vers la surface. Dread est évidemment un Metroid-like, un jeu d’action et de plate-forme en 2D où nous évoluons dans des environnements labyrinthiques qui se découvrent au fur et à mesure de notre progression grâce aux améliorations que l’on va y trouver. D’une fluidité irréprochable, le gameplay est particulièrement dynamique. Samus est rapide et agile, le retour de la visée à 360° et des contres permet encore plus de flexibilité lors des combats. Le titre ne fait aucun compromis sur sa difficulté, les boss sont féroces et bien pensés. L’autre grande menace, les E.M.M.I., introduisent des phases d’infiltration où il faut échapper à ces robots. S’il fait un très bon travail visuellement, Dread possède cependant une bande-son assez oubliable et une durée de vie plutôt modeste. Metroid Dread arrive tout de même à s’imposer comme un excellent revival pour la franchise. 

Metroid Dread

Gameplay 8.5/10
Contenu 7.5/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 9.5/10
8.0

On aime :

Le gameplay dynamique et fluide

Un level design bien pensé

Un challenge relevé mais juste

Visuellement plutôt réussi

Un scénario qui fait plaisir aux fans

On aime moins :

Des musiques oubliables

Les E.M.M.I. parfois trop réactifs

Peu de nouveautés dans l’arsenal de Samus