L’ADN, cette alternative inattendue au disque dur

L’ADN pourrait permettre de stocker des quantités phénoménales d’informations.

Des chercheurs de l’Université Northwestern dans l’État de l’Illinois aux États-Unis ont réalisé une étude dans laquelle ils ont déterminé qu’il serait possible de stocker les données de tous les disques durs actuels sur seulement quelques centaines de livres d’ADN (100 livres sont égales à environ 45 kg).

L’efficacité de l’ADN pour le stockage de très grandes quantités d’informations a conduit de nombreux scientifiques à effectuer des recherches sur les technologies de bio-enregistrement pour le stockage numérique. Les chercheurs de l’Université Northwestern estiment que l’ADN serait des millions de fois plus efficaces pour stocker des données que les solutions de stockage actuelles.

Jusqu’à présent, les équipes travaillant sur l’utilisation de l’ADN pour stocker de données n’ont pas été en mesure de surmonter les difficultés inhérentes à ce type de technologie. Les chercheurs de l’Université Northwestern ont cependant proposé récemment une méthode d’enregistrement des informations dans l’ADN qui ne prendrait que quelques minutes, par rapport aux heures ou aux jours requis aujourd’hui pour des technologies similaires.

Formation tortue

Selon les chercheurs, cette méthode écrit des informations dans l’ADN en utilisant une enzyme pour synthétiser l’ADN. Cette enzyme peut être manipulée directement et permettrait de stocker des informations en continu.

La méthode s’appelle « Time-sensitive Untemplated Recording using Tdt for Local Environmental Signals » ou « TURTLE » pour faire plus court. Le processus peut synthétiser un ADN entièrement nouveau plutôt que de copier une matrice, ce qui permet un enregistrement plus rapide et à plus haute résolution. Les données sont enregistrées dans le code génétique en quelques minutes seulement. Les scientifiques pensent que le système TURTLE pourrait être utile pour les applications de données d’archivage à long terme.

Les chercheurs pensent que cette méthode pourrait également changer la façon dont les neurones sont étudiés dans le cerveau. Ce processus pourrait permettre aux scientifiques de placer des « enregistreurs » à l’intérieur de toutes les cellules, permettant de cartographier plus aisément les réponses aux stimuli. Cela permettrait par exemple d’enregistrer le comportement des neurones afin de découvrir les mystères sur ce qui se passe dans notre cerveau.

« La nature est bonne pour copier l’ADN, mais nous voulions vraiment pouvoir écrire l’ADN à partir de zéro », explique Keith EJ Tyo, l’auteur principal de l’article. « La façon ex vivo (en dehors du corps) de le faire implique une synthèse chimique lente. Notre méthode est beaucoup moins chère pour écrire des informations car l’enzyme qui synthétise l’ADN peut être directement manipulée.» Namita Bhan, co-premier auteur ajoute : « C’est une preuve de concept vraiment passionnante pour des méthodes qui pourraient un jour nous permettre d’étudier les interactions entre des millions de cellules simultanément. »