Pourquoi l’IPTV est illégale

Malgré les annonces de fermetures de réseaux IPTV par les autorités et leur « illégalité », les réseaux IPTV continuent à séduire un grand nombre d’utilisateurs. La promesse d’accéder à des milliers de chaines contre un abonnement abordable peut être particulièrement tentante. Mais concrètement, c’est quoi l’IPTV ? Et pourquoi est-ce illégal ? Petit tour d’horizon de cette technologie détournée de son usage.

IP – TV

IPTV signifie internet Protocol Television. Le flux vidéo est ainsi transmis via une adresse IP, c’est-à-dire par internet. En d’autres termes, il s’agit d’un moyen de transmettre la télévision par internet. Il est cependant différent de celui utilisé par les plateformes de streaming populaires comme Netflix ou Amazon Prime Video, qu’on appelle OTT.

Les IPTV se présentent comme des solutions particulièrement simples à utiliser.

OTT VS IPTV

Du point de vue de l’utilisateur, il est difficile de distinguer les IPTV des services OTT (over-the-top), car dans les deux cas, ils reçoivent leur flux vidéo par Internet. Pour faire simple, l’OTT est « ouvert » et accessible partout, tandis que l’IPTV fonctionne sur un réseau « fermé » ou privé et nécessite un décodeur ou un logiciel spécial pour obtenir une bonne qualité d’image.

Une autre différence est que l’OTT n’a pas de bande passante réservée. Les données vidéo sont mélangées avec le reste des données qui circulent sur le réseau. La qualité d’image va donc dépendre de la saturation du réseau et de la bande passante de l’utilisateur. Avec l’avènement de la fibre optique, de nouveaux codecs de compression et d’une meilleure latence, les OTT peuvent désormais offrir la même qualité que l’IPTV avec une infrastructure beaucoup moins chère et un plus grand confort pour l’utilisateur. C’est pour cette raison que la plupart des opérateurs ont cessé d’utiliser l’IPTV et sont passés à l’OTT.

Pourquoi est-ce illégal ?

Nous l’avons vu, dans leur fonctionnement, les IPTV n’ont rien d’illégal. Elles ne sont finalement qu’une technologie de communication de flux vidéo comme une autre. Mais alors, pourquoi tant de discussions autour de cette technologie ? Le côté obscur des IPTV, ce sont les « Listes IPTV ». Des listes qui référencent et donnent accès à des flux vidéo de chaines de télévision.

Pour clarifier les choses, toutes les listes IPTV ne sont pas illégales. Il existe des listes avec des chaines accessibles gratuitement, rassemblées au sein d’un même endroit pour faciliter le visionnage aux utilisateurs. Des lecteurs tels que VLC ou Wiseplay sur Android sont ainsi capables de lire ces flux vidéo, sans que cela pose de problème.

Le problème survient lorsque des distributeurs vendent et mettent à disposition un service vidéo pour lequel ils n’ont pas les autorisations. Des chaines qui ne sont pas sur internet, des chaines privées ou des chaines payantes, deviennent ainsi disponibles contre une faible rémunération.

Regarder les dernières séries à la mode sans abonnement pour les services concernés ? C’est possible !

Dans certains cas, il s’agit de reproductions illégales de films ou de séries à partir de plateformes de streaming. Des utilisateurs peuvent également diffuser illégalement un service qu’ils ont payé « légalement ».

L’IPTV « The Amazing TV » propose par exemple 10.000 chaines pour 17 € par mois, Xtremehdiptv propose quant à lui 20.000 chaines pour 15 $ par mois. Difficile de ne pas sentir le côté illégal de la chose.

Des milliers de chaines sont proposées contre un abonnement peu coûteux.

Les dangers des listes IPTV

Dans le meilleur des cas, ces listes proposent « uniquement » des contenus illégaux. Dans d’autres, ils installent également des virus et d’autres logiciels espions. Il faut être prudent avec un service capable de se connecter directement avec son adresse IP.

Tous les pays sont couverts par les IPTV et sont accessibles de n’importe où.

Autre point, ces listes IPTV exposent évidemment leurs utilisateurs à des risques de poursuite. En cas de saisie de la base de données du distributeur, les IP des utilisateurs peuvent être récupérées et utilisées pour verbaliser les utilisateurs en infraction. Comme le service est envoyé directement à des adresses IP spécifiques, l’opérateur sait ce que vous regardez, et la plupart utilisent ces informations pour envoyer des publicités personnalisées. Les chaines sont également victimes de pannes et peuvent disparaitre sans laisser de traces, laissant sur le carreau les utilisateurs ayant payé pour ce « service ».