La start-up veloo.com bouscule les codes du marché du vélo d’occasion

Rendre le marché plus “glamour et sécurisant”. Voilà le défi de Veloo.com, un site de vente de vélos d’occasion entre particuliers. Disponible en version bêta depuis janvier, la plateforme a été ouverte à tous le mois dernier. 

Michaël Leidensdorf est un Bruxellois de 42 ans. “Amoureux du monde de la tech” il est le créateur de Veloo.com, une plateforme dédiée aux vélos d’occasion. 

L’idée lui est venue lors du premier confinement. “Je n’avais pas roulé à vélo depuis plus de vingt ans” raconte le créateur. Désireux de reprendre les pédales, il décide de chercher un vélo neuf à acheter. La mission s’est avérée impossible.

En Asie et en Europe, de nombreuses usines de production de pièces de vélo ont fermé leurs portes suite au coronavirus, tandis que la demande n’a cessé d’augmenter. Michaël Leidensdorf décide alors de se tourner vers les vélos d’occasion. “J’ai cherché sur internet où est-ce que je pouvais trouver des vélos d’occasion avec une expérience client rassurante et sécurisante” raconte le créateur. Là aussi, impossible de trouver son bonheur. Il regrette le nombre d’hameçonnages qu’il a dû éviter. L’hameçonnage, ou phishing, est un type de fraude en ligne visant à obtenir par tromperie des informations sur un internaute.

“Vendre ou acheter un vélo d’occasion en ligne est une opération pas fiable et plutôt risquée”

Créer le Vinted du vélo d’occasion

Avec une approche familiale et “life style” il décide de créer la plateforme qui aurait pu réaliser son rêve de vélo d’occasion. Les premiers chiffres s’avèrent encourageants.

Michaël décrit un marché du vélo “gigantesque”. Celui-ci représente “100 milliards de dollars dans le monde”, avec 21 millions de vélos neufs vendus chaque année en Europe. Au Benelux, en Allemagne et en France, ce sont 110 millions de vélos qui roulent sur les routes. Convaincu par cette demande florissante, Michaël a ouvert son site au grand public en août dernier.

“Cinq millions de cycles parcourent la Belgique et ça, pour moi, c’est déjà un marché”

Plus de sécurité 

La priorité du site est de créer un environnement “user friendly” et d’assurer des transactions monétaires sécurisées. Veloo.com se positionne comme tiers dans la gestion logistique et le paiement du vélo. 

Une fois que l’acheteur choisit son deux roues sur veloo.com, la plateforme bloque le montant déboursé sur un compte spécifique. Ce n’est que lorsque l’acquéreur confirme que le vélo reçu est bien conforme à l’achat que les fonds sont transférés au vendeur. Petit détail, pour recevoir le paiement, le vendeur doit télécharger sa carte d’identité et ses données bancaires sur le site. Pour Michael, il s’agit d’un moyen efficace d’éviter les arnaques ou les fraude, “quelqu’un qui a volé un vélo ne sera pas forcément d’accord pour partager ce type de données”. Il précise qu’aucun employé de veloo.com n’a accès à ces données personnelles.

Une livraison aux petits oignons

L’équipe de veloo.com prend en charge “la partie hyper ennuyeuse de la livraison”. Le transporteur récupère le vélo chez le vendeur et le livre lui-même chez l’acheteur dans l’ensemble du Benelux. L’acheteur choisi lui-même un créneau de livraison de deux heures. “Pas besoin de rester à attendre toute la journée coincé chez soi” se réjouit Michaël. Concernant les frais de livraison, soit le vendeur offre la livraison à l’acheteur, comme c’est le cas de 80% des annonces, soit le prix de la livraison est ajouté à celui du vélo. 

Cela évite aux acheteurs et aux vendeurs d’avoir à donner rendez-vous à quelqu’un qu’ils n’ont jamais vu et rencontré sur internet. “C’est en cela qu’on se différencie de Facebook Market ou Seconde main” explique Michaël. Le créateur regrette que ces plateformes soient un support pour les techniques de fraudes comme le phishing. Selon lui, “Facebook market a une audience de dingue, mais avec trop peu de contrôle”.

Une mission environnementale

“Aujourd’hui quand j’achète un vélo neuf, son coût CO2 est plus élevée que si j’achète un vélo d’occasion”

En donnant une seconde vie à des milliards de vélo, Veloo.com espère stimuler l’économie circulaire et avoir un impact environnemental positif. Pour cela, l’équipe mise sur la réduction l’empreinte carbone de la fabrication de cycles. “99% des pièces des vélos sont importées d’Asie” regrette Michael. Un coût en CO2 non négligeable. En réintégrant un vélo déjà utilisé sur le marché, on évite la fabrication d’un nouveau deux, qui nécessiterait l’importation de nombreuses pièces.

Le vélo électrique, prochaine cible de veloo.com

Selon le créateur, le marché du vélo électrique devrait être multiplié par quatre entre 2020 et 2030. Il représenterait alors 55 milliards de dollars dans le monde. “Les vélos électriques sont chers et les prix vont augmenter”, créer un marché d’occasion pour ce produit est devenu un des défis de veloo.com. 

“Mon job c’est de bousculer les codes du marché d’occasion de vélo et de devenir un leader européen du secteur” affirme Michael. Le créateur a pour optique d’ouvrir son site à la France, un marché de 26 millions de vélos. La start-up a prévu deux collectes de fonds.

Pour le moment, la plateforme est réservée aux particuliers. Mais, d’ici le début de l’année prochaine, le site devrait s’ouvrir aux professionnels. De nombreux produits s’ajouteront aux catalogues, à savoir des accessoires, des casques, des tenues de vélo, des pièces électroniques ou encore des services d’assurance.