Test – No More Heroes 3 : un délire d’otaku

Douze longues années se sont écoulées depuis la sortie de No More Heroes 2: Desperate Struggle. La série culte de Suda51 avait certes eu droit à un spin-off sur Switch, mais celui-ci était loin d’égaler ses ancêtres en terme d’immersion et de fun. Attendu au tournant, No More Heroes 3 ne pouvait pas rater le coche. La mission s’annonçait ardue pour les développeurs, qui se devaient de moderniser le concept tout en restant fidèle à l’original… 

Parmi les séries cultes de la Wii, No More Heroes était sans l’ombre d’un doute la série qui méritait le plus un revival sur Switch. Le jeu de Suda51 avait marqué toute une génération de joueurs avec son scénario complètement délirant, ses mini jeux décalés et son univers coloré. 12 ans après la sortie de No More Heroes 2, Suda51 nous livre enfin la suite que l’on attendait tous.

En ville, vous vous déplacerez au volant de cette grosse bécane.

Comme ses ancêtres, No More Heroes 3 prend la forme d’un beat them all 3D dans un monde ouvert. On évolue librement dans la ville, à pied ou aux commandes de sa moto géante. Dans ce vaste open-world, on est libre de choisir ce que l’on fait : se promener librement, collecter tous les collectibles, participer à des missions secondaires, des mini-jeux ou faire évoluer la quête principale. Par rapport à ses ancêtres, No More Heroes 3 donne un peu plus de liberté au joueur dans sa progression. Il ne faudra pas ici subir des séquences de grind à rallonge comme dans les précédents volets. Une grosse partie du contenu reste toutefois bien du remplissage car en dehors des combats contre les boss et des mini-jeux, il faut bien avouer qu’on s’ennuie ferme dans No More Heroes 3. Le jeu hérite, naturellement, d’une structure vieillotte qui ne colle absolument plus à la période actuelle.

Il était sans doute difficile de faire autrement sans dénaturer complètement le concept, mais on aurait aimé que Suda51 repense un peu les mécanismes de son jeu… Car en 12 longues années, beaucoup de choses ont changé dans le monde des jeux vidéo. L’univers relativement vide et sans vie de No More Heroes tient difficilement la comparaison avec les autres open-world – pour une question de budget principalement. Trop souvent, on a l’impression de perdre son temps à explorer la carte pour remplir des missions secondaires sans grand intérêt. Il y a 12 ans, la formule paraissait déjà un peu vieillotte. Face aux autres open-world, celui de No More Heroes paraissait non seulement déjà très vide mais était également tout petit. Celui de No More Heroes 3 est déjà plus vaste et plus joli, mais il manque toujours autant de vie… Et c’est bien là le principal reproche qu’on lui adressera.

Attendez-vous à quelques retrouvailles dans le casting!

La bonne nouvelle, c’est que si la structure du jeu n’a pas été repensée, pratiquement tous les autres éléments du jeu ont – heureusement! – été modernisés. A commencer par la mise en scène, qui se veut beaucoup plus moderne avec une cinématique d’intro animée, des tas de cinématiques entre chaque combat majeur, des doublages en anglais d’excellente qualité et moins de temps morts… Niveau casting, on retrouve bien sûr Travis, mais également quelques autres personnages des deux précédents jeux, qui viennent lui prêter main forte dans cette aventure. NMH 3 reste en phase avec les précédents volets de la série, mais le titre manque toutefois un peu du charme de ses ancêtres. Côté scénario, il ne s’agira en effet plus de gagner des places dans le classement des assassins les plus dangereux de la ville mais de repousser une invasion extraterrestre, rien que ça! Et Travis se retrouve tout naturellement le seul être humain capable de sauver l’humanité d’une terrible menace.

Les fans retrouveront non sans un certain plaisir coupable l’univers décalé et l’humour un peu trash de la série. Qu’ils se rassurent, presque rien n’a changé et Travis a, malgré un léger relooking, toujours autant de charme!

Les combats au sabre laser sont toujours aussi funs.

Côté gameplay, No More Heroes 3 reste également fidèle à l’esprit de ses ancêtres tout en apportant quelques petites nouveautés. Tout d’abord, il est possible d’y jouer avec des contrôles gestuels ou à la manette. Avec les joy-con, il faudra faire de grands gestes pour découper ses ennemis au sabre laser. Au stick, il faudra matraquer les boutons de sa manette et finir ses ennemis avec un déplacement rapide du stick. Les deux formules fonctionnent très bien. Globalement, le gameplay a été un tantinet simplifié pour que tout soit plus fluide.

Durant les phases de combat, il s’agira essentiellement d’éviter les coups de ses adversaires pour enchainer les combos au bon moment avant de les finir avec un finishing move. Bien entendu, différents types d’ennemis s’abordent de différentes façons… Et les boss devront tous être approchés différemment. Le jeu réserve bien sûr quelques subtilités avec de super-attaques durant lesquelles vous pourrez vous transformer en mécha, et une grosse nouveauté : l’utilisation d’un gant de pouvoirs, qui permettra au joueur d’utiliser quatre pouvoirs différents à tout moment. Ceux-ci se rechargeront progressivement après utilisation. Vous pourrez par exemple ralentir des ennemis ou vous téléporter à proximité de votre adversaire. Grâce à des puces récupérées sur les corps de vos adversaires, vous pourrez également modifier le style de jeu de Travis pour améliorer certaines de ses compétences.

Comme dans les anciens volets, il faudra toujours recharger régulièrement votre sabre laser durant de courtes séquences en mimant des mouvements de masturbation (on vous avait mis en garde sujet de l’humour de la série!) Le joueur pourra également récupérer des points qui lui permettront d’améliorer son personnage et des tas de collectibles pour remplir sa collection. Des machines automatiques permettront enfin d’acheter des bonus de santé ou d’attaque en cours de partie…

Les combats de boss sont toujours de grands moments.

Tout l’intérêt du jeu repose bien sûr sur ses combats de boss dantesques, qui nécessiteront d’apprendre des patterns très particuliers. Mais No More Heroes 3 brille également par sa diversité : ses mini-jeux délirant qui vous du débouchage de cuvette à la tonde d’une pelouse, ses séquences de shoot them up intenses, ses transformations en mécha, ses séquences de conduite – toujours aussi raides malheureusement! -, le jeu sait faire preuve de diversité. Dommage qu’entre toutes ces séquences de jeu, le monde ouvert de No More Heroes 3 ne parvienne pas à séduire. Car si NMH 3 est un beat them all toujours aussi grisant et fun à prendre en main, il subit les affres du temps et une structure toujours aussi vieillotte.

Alors oui, on pourra lui reprocher le manque de vie de son univers, quelques problèmes techniques aussi, liés aux performances de la Switch, avec de gros ralentissements occasionnels, et un casting moins alléchant que dans les précédents volets. Les ennemis humains sont remplacés ici par des monstres intergalactiques qui manquent de personnalité. Que les fans se rassurent toutefois, NMH 3 reste dans le ton de ses deux ancêtres. Le jeu est fun, coloré, décalé et si vous aviez adoré ses deux prédécesseurs, vous devriez prendre un pied monstrueux dans cette aventure.

Les mini-jeux sont toujours de la partie.

Techniquement, le jeu s’inscrit dans la continuité de ses ancêtres. C’est très coloré, la direction artistique est travaillée mais il ne faut (forcément) pas s’attendre à une claque graphique. Pour un jeu Switch, le titre reste plutôt joli. Les modélisations des personnages sont soignées, les animations aussi, mais l’univers du jeu manque toujours autant de détails et de vie. Clairement, le hardware a eu un impact sur le développement du jeu… Niveau finition toutefois, il est très regrettable de constater de grosses baisses de framerate dans le monde ouvert de No More Heroes 3. Espérons qu’une version PC du jeu corrigera ce vilain défaut un jour…

Conclusion

12 ans après le second volet de sa série, Suda51 livre enfin le troisième et dernier chapitre de sa trilogie. S’il change sensiblement la recette – on n’affronte plus des assassins mais des extraterrestres bien décidés à détruire l’espèce humaine -, No More Heroes 3 reste fidèle à ses origines. Peut-être même un peu trop puisqu’il reprend presqu’à l’identique la structure de ses ancêtres, avec un monde ouvert qui manque cruellement de vie et des missions secondaires d’intérêt… Les combats de boss restent les moments les plus grisants de ce beat them all complètement déjanté, qui brille surtout à travers son personnage principal, Travis Touchdown. L’antihéros n’a rien perdu de son charme. No More Heroes 3 brille également par sa diversité, avec ses mini-jeux délirants, ses nombreux combats et ses séquences d’entre-jeu très originales… Les fans en auront largement pour leur argent. Cela ne les empêchera pas toutefois de regretter que les développeurs n’aient pas été plus ambitieux au niveau de leur open-world et de la réalisation globale, très en deçà des standards actuels. Le support sur lequel le jeu sort n’y est pas pour rien, mais niveau finition, on a tout de même déjà vu beaucoup mieux. 

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No More Heroes 3

Gameplay 8.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 7.0/10
7.7

On aime :

Un gameplay toujours aussi fun et varié

Des combats de boss très réussis

La mise en scène, travaillée

La fluidité des combats

L'humour caractéristique de la série

On aime moins :

Un framerate qui a du mal dans l'open world

La structure vieillotte de la série

Des ennemis qui n'ont pas le charme de leurs ancêtres

La conduite de la moto