Après avoir fait l’impasse sur les jeux de Rio, Sega revient en 2021 avec une nouvelle adaptation des Jeux Olympiques en jeu vidéo.

S’il est un rendez-vous que les amateurs de sports en tout genre attendent avec impatience tous les quatre ans, c’est sans conteste les Jeux Olympiques. L’évènement, suivi à chaque édition par quelques centaines de millions de téléspectateurs, est le rendez-vous incontournable de l’été. Initialement prévus en 2020, les jeux de Tokyo ont été  repoussés à l’été 2021 en raison de la pandémie. Fidèle à ses habitudes, Sega a sauté sur l’occasion pour nous proposer une adaptation en jeu.

Dans ses premiers essais avec les adaptations officielles des Jeux Olympiques, Sega proposait plus d’une trentaine d’épreuves en tous genres. Cette année, les équipes de Sega semblent s’être accordées sur un nombre bien moins conséquent, puisqu’il n’y a désormais plus que 18 épreuves disponibles. Il y a donc énormément d’épreuves immanquables qui pointent aux abonnés absents, comme l’escrime, le saut à la perche, le tir à l’arc, le plongeon… Le manque aurait pu être justifié si les mini-jeux présents étaient irréprochables, ce qui est très loin d’être le cas. En effet, la moitié des épreuves présentes sont tout simplement injouables.

Le foot est de loin l’une des pires disciplines du jeu.

Prenons le football par exemple. Les contrôles du jeu sont très rigides, les joueurs se déplacent souvent en ligne droite, quitte à devenir des cibles faciles pour les tacles. Les passes s’effectuent sans la moindre précision, au même titre d’ailleurs que les tacles, qui se font au petit bonheur la chance. L’IA des adversaires est au raz des pâquerettes. Il ne sera ainsi pas rare de courir en ligne droite sans jamais être inquiété. Plus agaçant encore : une latence se fait sentir à chaque action. Le basket et le rugby suivent malheureusement la même direction… Difficile de ne pas comparer le résultat (désastreux) à ce qu’on peut voir dans un FIFA ou un NBA 2K. Clairement, il aurait été préférable pour Sega de faire l’impasse sur ces disciplines.

D’autres sports sont un peu plus convaincants, mais bénéficient toutefois toujours de gros soucis de prise en main. La natation par exemple, et principalement le 200m quatre nages, forcera le joueur à bien mémoriser les commandes. Il faut accorder l’utilisation des sticks, tout en prenant soin de conserver son endurance. De plus, les adversaires deviennent très performants une fois les qualifications passées, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le tennis de table et le tennis sont également plutôt plaisants, même si là encore, passé le cap des deux ou trois parties, on se rend compte que la prise en main est si simple qu’on n’a en fait plus vraiment envie d’y retourner… Pour ce qui est des séquences d’athélisme, la formule est un peu différente : il faudra appuyer, au bon moment, sur les bonnes touches.

Certains sports sont très réussis, comme le beach-volley.

Ceci étant dit, on retrouve également quelques disciplines plus réussies, comme le beach-volley, qui est une petite réussite, avec des échanges parfois compliqués, mais plaisants à faire. Le BMX Freestyle est une autre réussite, avec ses séquences entraînantes. Et puis, bien sûr, il y a la course à pied, qui va chercher son inspiration du côté d’un Track & Field avec du matraquage pur et dur de bouton.

Côté contenu, on vous l’expliquait plus haut : il manque énormément de disciplines. Mais pas que. Pas de vrai mode solo scénarisé à l’horizon. On note en revanche la présence d’un mode multi en local à deux et d’un mode multi en ligne. Même pour un jeu proposé à 40€, c’est un peu léger.

Visuellement, la franchise délaisse le réalisme au profit de personnages très cartoonesques.

Sega possédant les droits sur les Jeux Olympiques, ils ont jugé bon de mettre la musique officielle de l’édition 2020 pour rythmer les menus. Soit, ce n’est pas une si mauvaise idée en soi. En revanche, n’attendez pas la fin de l’hymne pour en écouter une autre, puisqu’il n’y a pas d’autres mélodies. A chaque temps d’attente ou dès qu’on revient dans les menus on entend encore et toujours cette même musique qui nous tape très vite sur le système. Ce n’est d’ailleurs pas le seul son que vous entendrez en boucle. Les voix off se répètent sans la moindre diversité.

Autre bavure : le character design. Ca ne vous aura peut-être pas échappé à la vue des visuels ci-dessus : les développeurs ont adopté un virage très important en matière de character design. Si, autrefois, on avait le droit à des personnages réalistes et plutôt bien modélisés, ce sont désormais des petits bonshommes animés que l’on contrôle, aux looks forcément très cartoonesques. Évidemment, cela divisera. On s’en doute, Sega vise un public très jeune, mais le rendu est loin d’être réussi et le tout manque cruellement de personnalité. La technique n’est quant à elle pas vraiment au rendez-vous. Sans être laid, Les Jeux Olympiques de Tokyo est très loin de tirer parti des capacités des consoles actuelles ou de la précédente génération.

La technique est elle aussi très mauvaise. L’IA est ratée dans la plupart des épreuves, tandis que certaines, comme le tennis de table évoqué plus haut, sont illisibles et presque injouables en duo. De plus, les allers-retours entre les épreuves et les menus sont récurrents, et nous devons à chaque fois faire face à des temps de chargement relativement longs, même sur consoles next-gen. Logique, puisque le titre n’est pas optimisé.

Conclusion

Amputé de plus de la moitié des épreuves officielles, Les Jeux Olympiques 2020 Tokyo est une piètre adaptation d’un événement sportif majeur. Le jeu de Sega rate le coche au niveau de la prise en main avec des contrôles très approximatifs et un manque flagrant de profondeur dans le gameplay. Le foot est pratiquement injouable, vu la rigidité des commandes. Le tennis et le tennis de table sont funs, le temps d’une ou l’autre partie, mais la prise en main est si pauvre qu’on a vraiment pas l’envie d’y retourner. Les séquences d’athlétisme tirent pour leur part leur inspiration du côté des Track & Field, avec malheureusement toujours cette sensation de trop peu. Quelques épreuves tirent leur épingle du jeu, comme le BMX ou le Beach Volley, mais pas de quoi justifier les 40€ du prix de vente du jeu. D’autant plus que le titre n’intègre aucun vrai mode solo. Difficile aussi de ne pas être déçu par la technique du jeu, avec sa direction artistique douteuse, sa technique bâclée et ses chargements interminables. Il y avait sans aucun doute beaucoup mieux à faire avec cette licence!

Jeux Olympiques de Tokyo 2020 - Le jeu vidéo officiel

5.1

Gameplay

5.0/10

Contenu

5.0/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

4.0/10

Finition

5.5/10

Les + :

  • Quelques sports plaisants
  • Un multijoueur en local à 2
  • La présentation des épreuves

Les - :

  • Certains sports complètement ratés, comme le foot ou le basket
  • Une technique très en retard
  • Une direction artistique qui divisera
  • De très nombreuses disciplines manquantes
  • Des mélodies et effets sonores très répétitifs