Comment réagir face au revenge-porn

En Belgique, les auteurs de revenge-porn s’exposent à une peine d’emprisonnement de 6 mois à 5 ans de prison et à une amende de 200 à 15.000 euros.

Véritable phénomène de société, le revenge-porn a explosé durant les différents confinements. Si l’ennui a certainement joué un rôle dans la popularisation malheureuse de cette pratique, l’envie de se venger ou de nuire à quelqu’un est souvent la principale raison de ce comportement. Pourtant, la pratique est considérée comme un délit en Belgique et donc, punissable par la loi. Les individus qui partagent des photos et vidéos à caractère sexuel d’une personne sans son consentement s’exposent à une peine d’emprisonnement de 6 mois à 5 ans de prison et à une amende de 200 à 15.000 euros. Encore faut-il que les victimes portent plainte.

Comment réagir lorsqu’on est victime de revenge-porn ?

La première chose à faire lorsqu’on est la cible de revenge-porn est de signaler le contenu que ça soit sur Facebook, Instagram ou Snapchat. La plupart des sites Internet et plateformes sociales proposent des outils pour signaler des contenus inappropriés ou non autorisés.

Pensez également à prendre « une capture d’écran de l’image intime en question, en veillant à ce que la plateforme (et éventuellement la date) apparaisse(nt) clairement. Cela pourra servir de preuve par la suite, lors d’un éventuel procès », conseille l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes. Vous pourrez ensuite enclencher le processus pour faire supprimer vos photos de telle ou telle plateforme. Le manuel dédié au revenge-porn de l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes explique étape par étape comment procéder pour signaler vous-même des photos et vidéos sur les principaux réseaux sociaux.

Plus vous réagissez vite, plus les risques que vos clichés intimes soient partagés sur la toile seront réduits. C’est pourquoi une réaction rapide est vivement conseillée, histoire de “limiter les dégâts”.

Déposer plainte à la police

Depuis avril 2020, le revenge-porn est considéré comme un délit en Belgique. Les victimes de cette pratique peuvent donc porter plainte à la police. Malheureusement, encore trop peu de victimes osent porter plainte, par honte, par peur de se faire juger ou encore parce qu’elles ne savent tout simplement pas qu’il s’agit d’un délit. C’est pourquoi il est important de rappeler que les cibles du revenge-porn ne sont en aucun cas responsables de ce qu’il leur arrive et que les auteurs de pornodivulgation commettent un délit.

Vous pouvez déposer plainte auprès de n’importe quel commissariat de police, cela permettra d’avoir une trace de cette affaire et, en cas de récidive de la personne, cela pourrait peser dans la balance. Si vous disposez de captures d’écrans, c’est mieux.

De plus, en portant plainte, vous augmentez votre chance que le tribunal de première instance ordonne en extrême urgence, c’est-à-dire dans les 6 heures, le retrait des contenus incriminés. « Le diffuseur ou l’opérateur télécom aurait alors 6 heures pour retirer ou masquer les contenus. La victime pourra aussi s’adresser au Procureur du roi qui pourra ordonner le retrait des images », explique la Fédération des Centres de Planning familial des FPS.

Vous pourrez faire appel à un planning familial pour vous aider dans vos démarches, mais aussi pour avoir un soutien psychologique. L’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes peut également vous soutenir dans vos démarches et propose d’ailleurs un formulaire de signalement en ligne. Un numéro gratuit est disponible (0800/12 800) pour toute demande de renseignement ou d’aide. Pour les victimes mineures, vous pouvez joindre le numéro d’urgence gratuite de Child Focus (116.000).

De la médiation avant tout 

« Depuis avril 2020, l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes a reçu 69 dossiers pour des signalements de revenge-porn, des demandes d’informations supplémentaires, des sollicitations pour porter plainte. Cela correspond à environ 1 à 2 dossiers par semaine », nous explique Véronique De Baets, porte-parole de l’Institut.

« Notre objectif premier est de faire retirer les images d’Internet puisque, plus elles restent en ligne, plus il y a un risque qu’elles soient largement diffusées. Il sera donc plus dur de les faire toutes supprimer ». D’où l’importance de réagir vite.

« Dans la majorité des cas, les plaintes ne finissent pas au tribunal. Nous allons tenter de mettre en place une médiation avec l’auteur du revenge-porn et sa victime, en fonction des dossiers, pour trouver une solution et pour que cela ne se reproduise plus. Dans tous les cas, il est important de porter plainte à la police », précise la porte-parole. « Les affaires sont parfois très différentes. Nous devons donc adapter notre manière de travailler en fonction des cas pour aider les victimes et trouver une solution. Bien que nous ayons reçu les compétences pour soutenir les victimes de pornodivulgation, surtout au niveau judiciaire, nous n’avons pas forcément les moyens pour le faire », regrette Véronique De Baets. « Nous cherchons à mettre en place des partenariats avec les plateformes sociales les plus populaires, afin de rendre la procédure de signalement de revenge-porn plus rapide et efficace ». C’est pourquoi il est conseillé de prendre rapidement contact avec l’Institut pour faire retirer vos photos des réseaux sociaux.