Test – Curse of the Dead Gods : sur les traces d’Hades

Quatrième création du petit studio français Passtech Games, Curse of the Dead Gods est sans aucun doute le projet le plus ambitieux du studio. Il s’impose également sans trop de difficulté comme l’un des meilleurs jeux indépendants de ce début d’année. 

Vous n’en entendrez sans doute pas beaucoup parler, son éditeur (Focus Home) ayant choisi de rester très discret sur sa sortie, Curse of the Dead Gods est pourtant l’une des très bonnes surprises de ce début d’année 2021. Le quatrième jeu du studio Passtech Games, qui s’était fait connaître avec le très sympathique Masters of Anima, est la révélation indé de ce début d’année.

Les pièges sont nombreux dans les donjons. Il faudra garder sa torche allumée en permanence pour ne pas perdre de précieux PV.

Marchant sur les traces d’Hades, le jeu se présente comme un dungeon-crawler old-school au gameplay très nerveux et aux mécanismes de jeu hérités des roguelites. Pas de panique toutefois si vous ne portez pas le concept des roguelites dans votre coeur, Curse of the Dead Gods reste un jeu accessible, qui est découpé en différents chapitres. Une fois l’un d’eux terminé, vous ne devrez plus le recommencer que si vous le souhaitez. Les upgrades de votre personnage sont aussi définitifs. Ce qui signifie qu’à chaque nouvelle partie, la tâche sera un peu plus facile…

Si l’on regrette le manque de background à l’aventure, qui nous plonge immédiatement au coeur de l’action, à travers une succession de donjons sans vraiment prendre le temps de contextualiser tout cela, l’univers de Curse of the Dead Gods n’en reste pas moins charmant. En grande partie grâce à la direction artistique très inspirée du jeu. L’univers de Curse of the Dead Gods est sombre et rempli de monstruosités qu’il faudra anéantir à coup de fusil ou de hache.

Les combats sont extrêmement intenses.

Dans sa structure, le jeu n’a pas grand chose de très original. Chaque donjon est généré de façon procédurale. Ce qui signifie qu’à chaque run, le niveau changera. Il faudra enchainer une dizaine de niveaux assez courts avant d’affronter le boss de fin. En cas de décès, il faudra recommencer à zéro. Une victoire en revanche débloquera un nouveau donjon, et ainsi de suite. Si le level-design est quelque peu paresseux, le gameplay est lui suffisamment riche pour nous tenir scotché au pad. Il faudra parfaitement maîtriser l’art de l’esquive pour espérer s’en tirer vivant dans Curse of the Dead Gods. Les ennemis sont nombreux et variés. Les affrontements d’une rare intensité. La plupart du temps, il faudra veiller à diminuer à distance la vie de ses adversaires avant de s’y attaquer au corps à corps. Là où les choses deviennent compliquées, c’est dans le fait que dès qu’on sort la hache ou l’épée, on range la torche, et on n’y voit plus grand chose… Les pièges ne seront plus apparents. A ce sujet, il est tout à fait possible d’utiliser ceux-ci à votre avantage pour éliminer vos ennemis.

Nerveux, Curse of the Dead Gods offre un joli challenge dans ses combats de boss, qui nécessiteront d’apprendre des patterns pour arriver au bout du chapitre. Pour se faciliter la tâche, il faudra améliorer ses compétences en cours de partie en dépensant ses pièces pour augmenter son attaque ou sa barre de vie de façon significative. Il faudra également récupérer de l’énergie entre deux combats. La progression dans le donjon est donc dictée par votre stratégie puisque le joueur pourra ici choisir la prochaine salle sur base de son objectif : récupération d’une nouvelle arme, amélioration de la santé, des compétences, butin… Le concept fonctionne diaboliquement bien.

Il y a énormément d’éléments à débloquer dans la progression.

D’autant plus que Curse of the Dead Gods joue merveilleusement bien avec les à-côtés : des séquences d’exploration durant lesquelles il faudra éviter les nombreux pièges des tombeaux visités au concept de malédiction, qui rajoute une pression supplémentaire. Plus ses choix seront douteux, plus le joueur sera sanctionné avec des “malédictions” qui viennent ajouter des modificateurs aux parties – handicapant le joueur progressivement jusqu’à la mort une fois la cinquième malédiction atteinte. Durant l’aventure, le joueur débloquera également de nombreux éléments qui viendront lui faciliter la tâche lors des runs suivants, avec de nouveaux équipements, des bonus permanents, et divers unlockables qui vous permettront de mettre en place des stratégies différentes à chaque fois, en misant sur des combats à distance avec des armes de jet, ou des combats au corps à corps notamment, avec divers multiplicateurs de dégâts.

La notion de risque est également brillamment utilisée dans le jeu, car outre les salles et les butins, le joueur devra également choisir la façon dont il souhaite progresser en boostant ses stats, récupérant de nouvelles armes ou en arrivant devant le boss avec une santé remplie. Il sera ainsi possible de faire des dons de sang au lieu de dons financiers pour améliorer ses compétences en cours de partie, auquel cas la malédiction progressera plus rapidement, ajoutant une dose de stress supplémentaire. Pour venir à bout de sa quête, le joueur devra donc jongler entre les risques et récompenses et faire les bons choix tout au cours de la partie. Au niveau des combats aussi, la prise de risques est récompensée avec des butins plus importants lors des combos.

C’est au joueur de choisir sa voie jusqu’au boss dans chaque donjon.

Si le concept du jeu est par essence répétitif, sa durée de vie n’en reste pas moins solide avec une bonne dizaine de boss et de donjons à explorer, offrant tous une atmosphère sensiblement différente et des défis variés. Le jeu offre assez de diversité et dispose d’un gameplay suffisamment riche pour nous tenir scotché au pad une bonne dizaine d’heures. Esthétiquement, Curse of the Dead Gods est également une jolie réussite avec son univers cartoonesque très sombre, ses effets visuels soignés et sa mise en scène très dynamique. Tout au plus lui reprochera-t-on son manque d’ambition côté narration. A l’inverse d’un Hades, le jeu de Passtech Games ne va pas assez loin dans sa présentation. Le level-design du jeu manque également quelque-peu d’ambition, avec des niveaux souvent très courts, qui se finissent en ligne droite. On aurait aimé des dédales plus labyrinthiques, quelques petites énigmes et des pièges un peu plus élaborés…

Que les amateurs de rogue-lite se rassurent toutefois, Curse of the Dead Gods est une très bonne pioche et assurément l’un des meilleurs représentants du genre. Que vous aimiez ou non le genre, on vous le conseille très fortement.

Conclusion

A mi-chemin entre un dungeon crawler et un roguelite, Curse of the Dead Gods brille par ses affrontements très intenses et son univers très sombre. Le studio français Passtech Games marche sur les traces d’Hades avec un jeu plein de charme, qui se révèle à la fois très accessible et très riche niveau contenus, avec sa dizaine de donjons à explorer, ses nombreux mécanismes de jeu à maîtriser et ses améliorations qui permettent de faire évoluer l’expérience de jeu au fil des parties. Malgré un concept par essence répétitif, Curse of the Dead Gods se révèle être un jeu très accrocheur. Chaque partie sera ici radicalement différente. On notera au passage que si le titre brille par son gameplay et sa réalisation, il souffre toutefois d’un level-design quelque peu paresseux et une présentation minimaliste. A l’inverse d’Hades, il ne faudra pas en attendre grand chose au niveau du scénario, qui tient ici sur un timbre poste… 

Curse of the Dead Gods

Gameplay 8.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 7.5/10
Finition 9.0/10
8.1

On aime :

Un rogue-lite à la fois accessible et technique

La très jolie direction artistique

Des combats intenses

Beaucoup d'éléments à débloquer

De la stratégie dans la progression dans le donjon

On aime moins :

Un scénario qui tient sur un timbre poste

Un concept assez répétitif par nature

Un level-design assez paresseux