Vous en avez peut-être entendu parler : le RCS est désormais disponible sur tous les réseaux mobiles de Belgique. Le SMS 2.0 est-il vraiment une révolution? Et que permet-il exactement de faire? Eléments de réponse…

Le RCS, c’est une longue histoire. Le “protocole” né de l’initiative de la GSMA, une association internationale représentant les intérêts de plus de 750 opérateurs et fabricants de smartphones, en 2007. Le standard a évolué à travers les années et été promis à un avenir radieux… Plusieurs opérateurs ont tenté de s’en emparer et ont proposé des formules qui permettaient d’en profiter, sans qu’aucune de ces initiatives ne décolle. Finalement, c’est Google qui s’emparera du projet, voyant dans le RCS un sérieux concurrent pour l’iMessage d’Apple.

Car c’est la particularité du RCS : il ne s’agit pas d’un simple remplaçant au SMS mais d’une application – sobrement baptisée “Messages – entièrement dédiée à la messagerie, qui utilise non pas les réseaux GSM, à l’inverse du SMS, mais le réseau 4G ou le wifi pour fonctionner. Rassurez-vous, il reste tout à fait possible d’envoyer des SMS traditionnels en cas de dépassement du forfait, sans devoir changer d’application. Dans la pratique, cette approche “connectée”, qui lui a valu le surnom de SMS 2.0 entrouvre surtout les portes de nombreux autres usages. Car dans le fond, le RCS n’est pas si différent des autres logiciels de messagerie que sont WhatsApp, Signal ou Telegram.

Une messagerie enrichie

Outre des SMS, l’application permet d’envoyer des enregistrements vocaux, des selfies, des GIF, sa localisation, un contact et même des pièces jointes comme des documents PDF ou Word. Tous ces éléments s’afficheront dans la conversation comme dans un chat sur Messenger ou WhatsApp.

L’application intègre un bloqueur automatique de SPAM très pratique et des options de signalement / blocage qui permettent de réduire les risques de harcèlement.

Comme dans iMessage d’Apple, l’utilisateur verra également lorsqu’un contact écrit un message, il pourra archiver les conversations qu’il souhaite ou paramétrer notifications et sons.

Des freins à l’usage

Avant de se lancer, il faudra toutefois installer et configurer le logiciel sur son smartphone. Il conviendra également d’apprendre les quelques spécificités de cette technologie. Car c’est là le principal défaut du RCS, il ne fonctionnera qu’avec des contacts qui utilisent également ce logiciel. Si vos proches n’ont pas l’application, vos messages seront envoyés sous la forme de SMS, et vos photos et pièces jointes envoyées sous la forme de MMS. Attention donc aux mauvaises surprises sur la facture… Car le MMS est encore très souvent facturé très cher chez nous.

Il conviendra donc d’apprendre le jargon… Car comme c’est souvent le cas chez Google, les explications sont minimalistes. En cliquant sur une conversation, vous pourrez immédiatement voir si votre contact est capable de recevoir des RCS ou si vous devrez lui envoyer des SMS et MMS. Dans la bulle d’envoi de messages, vous verrez apparaître “Message de chat” dans une conversation avec un utilisateur qui dispose d’un terminal compatible avec le logiciel installé et “Message texte” chez un utilisateur qui n’a pas encore accès aux RCS. Il conviendra donc d’éviter d’envoyer des photos / pièces jointes à ces derniers, d’autant plus qu’aucune alerte ne s’affichera au moment de l’envoi si vous vous trompez… Il faudra systématiquement vérifier, une fois la photo sélectionnée, si elle s’enverra sous forme de MMS (payant) ou de RCS (gratuit). Rassurez-vous toutefois, après quelques jours d’utilisation, on s’y fait.

Le RCS a pris des années à s’installer. Son plus gros défi aujourd’hui sera de s’installer comme un concurrent aux applications de messagerie qui ont tué son ancêtre, le SMS. Et à ce niveau, le défi s’annonce de taille pour Google. D’une part parce que son application n’est disponible que sur Android et donc incompatible avec les iPhone. Vos contacts qui utilisent un iPhone recevront systématiquement vos messages sous la forme de SMS dans iMessage et vos photos / pièces jointes sous la forme de MMS. D’autre part, parce que si l’application est préinstallée sur de nombreux terminaux aujourd’hui, elle ne l’est pas systématiquement. Samsung par exemple propose toujours un logiciel de texting maison. Huawei également. Les utilisateurs devront donc le récupérer manuellement sur le Play Store. En définitive, le succès du RCS dépendra principalement de la capacité de Google à fédérer le plus grand nombre possible de partenaires à son projet : opérateurs, pour supporter sa technologie, fabricants de smartphones, pour “forcer” l’accès au logiciel, et concurrents, pour tenter de garantir une compatibilité avec iOS et Windows.