Test – Tesla Force : le twin-stick shooter à la mode rogue-lite

Suite du très sympathique Tesla vs. Lovecraft, Tesla Force tente une approche sensiblement différente de son ainé en mixant twin-stick shooter et rogue-lite. Un changement de cap qui n’affecte toutefois que très peu l’expérience. 

On ne dénombre plus les titres indépendants qui ont cédé à la mode des rogue-like ou des rogue-lite. Le succès de ce style de jeu est tel que de nombreux studios ont choisi de totalement transformer leur projet pour surfer sur la vague. Et c’est précisément ce que le studio finlandais 10tons Ltd a choisi de faire avec la suite du pourtant très sympathique Tesla vs. Lovecraft. Que les fans se rassurent toutefois, l’expérience rogue-lite reste ici très minimaliste et est plutôt bien intégrée à ce twin-stick shooter intense.

Ca peut vite devenir très bordélique à l’écran…

Le premier volet nous proposait d’incarner une petite équipe de scientifiques dans leur combat contre les forces obscures de Lovecraft. Il prenait la forme d’un twin-stick shooter lovecraftien intense, dans lequel un ou plusieurs joueurs devaient survivre à travers une série de tableaux à la difficulté croissante face à des hordes de monstres. Plutôt sympa, le jeu pêchait toutefois par sa réalisation technique un peu faiblarde. Deux ans plus tard, le studio finlandais 10tons nous revient avec Tesla Force, un nouvel épisode qui reprend dans les grandes lignes tout ce qui a fait le succès de son ancêtre, avec toutefois quelques petits changements.

Jouable de nouveau seul ou en coop jusqu’à 4 joueurs, Tesla Force nous propose d’incarner un petit groupe de scientifiques, regroupant cette fois Tesla, Marie-Curie, Lovecraft et Shelley. Armés de leurs inventions, ils devront à nous combattre les forces obscures de Cthulhu dans une atmosphère rétro délicieusement geek. A la différence de son ancêtre, Tesla Force ne se cantonne toutefois pas à une série de tableaux sans aucun lien ou presque. On retrouve ici 3 mondes différents, composés à chaque fois d’une dizaine de missions et d’un boss de fin. La particularité vient du système de jeu hérité des rogue-lite. Si vous mourrez au cours de l’une de ces missions ou du combat de boss, il faudra recommencer le monde à zéro… La mort est punitive, mais pas trop. Une fois un monde bouclé, vous ne devrez tout recommencer depuis zéro… Les cristaux collectés en cours de partie vous permettront également de booster les specs de vos héros, pour faciliter la progression. A chaque partie, vous serez donc un peu plus fort.

Les différentes pièces de mécha récoltées dans un niveau vous permettront de fabriquer un mécha, qui vous donnera une forte puissance de feu pour un temps limité…

Les différences avec le premier volet ne s’arrêtent pas là puisqu’un système de perks fait également son apparition. A chaque fin de niveau, le joueur héritera d’un bonus qu’il pourra choisir parmi plusieurs propositions. Par exemple, augmenter sa barre de vie de 20%, ralentir les ennemis de 15%, etc. Ces perks sont cumulatives, ce qui signifie qu’à chaque partie, votre approche des combats différera puisque vous pourrez choisir de renforcer votre puissance de feu, votre rapidité ou votre énergie notamment. Le joueur reçoit également régulièrement des armes spéciales pour booster sa puissance de feu.

Enfin, dans chaque monde, le joueur pourra choisir le chemin emprunté et donc la prochaine mission, sur base de ses affinités avec ses objectifs, son état de santé, sa puissance de feu, ou même des bonus à récupérer… C’est plutôt bien fichu dans l’ensemble, on regrette juste que les quelques choix narratifs, hérités des jeux de rôle papier, aient aussi peu d’impact sur la progression.

Niveau décors, l’inspiration lovecraftienne est partout.

Niveau gameplay, le jeu reste très proche de son ancêtre, qui était un twin-stick shooter nerveux, se caractérisant surtout par les capacités spéciales des personnages, capables de se téléporter de plusieurs mètres à l’aide de l’une des deux gâchettes et d’utiliser divers pouvoirs spéciaux pour décimer leurs ennemis. C’est fun, intense, mais plutôt technique. Quelques coups suffisent à mettre à terre votre personnage. Le seul problème selon nous vient du fait que la difficulté est parfois très mal dosée, selon que vous ayez ou non de la chance avec l’armement. Une arme performante fera des ravages. Mais si par malchance vous gardez votre pauvre pistolet plusieurs niveaux, votre rythme cardiaque risque d’exploser.

On pourra reprocher aussi à Tesla Force de rester un peu trop répétitif dans ses objectifs de niveau, qui sont par ailleurs assez basiques la plupart du temps. Il faudra se contenter d’occuper des zones quelques secondes, de détruire des statues ou de survivre un certain laps de temps avant de quitter le niveau. La bonne nouvelle, c’est que l’aspect rogue-lite permet justement au joueur de choisir sa progression, et donc les objectifs de sa prochaine mission, selon ses affinités.

Pour le reste, l’arsenal est plutôt varié, les pouvoirs sont funs, la présence de méchas qui viennent booster temporairement votre puissance de feu apporte un réel plus et l’univers a toujours autant de charme. Dommage que la narration passe complètement au second plan…

Le jeu a le mérite d’être ultra-fluide.

Côté réalisation, il y a une réelle progression avec une bande son toujours aussi réussie mais surtout des graphismes beaucoup plus détaillés. Le titre est d’ailleurs optimisé pour les consoles next-gen avec des performances solides. Pas l’ombre d’un ralentissement à l’hrozion, le jeu est plutôt bien optimisé. La direction artistique lui confère également un style unique, fidèle à l’oeuvre de Lovecraft. Alors certes, ce n’est pas encore la claque graphique, mais il y a du mieux et le principal défaut de son ancêtre est ainsi enfin corrigé.

On regrette en revanche que côté contenu, cela soit un peu léger. Un bon joueur pourra boucler l’aventure en 2 ou 3 heures de temps. Pour tout débloquer, il faudra facilement doubler la mise. Ce qui reste respectable au vu du prix demandé (une quinzaine d’euros). Mais on aurait clairement pas été contre un ou deux mondes de plus et quelques boss de plus…

Conclusion

Avec Tesla Force, le studio finlandais 10tons Ltd nous livre une suite très réussie au sympathique Tesla Vs. Lovecraft. Beaucoup plus joli que son ancêtre, Tesla Force revoit également certains mécanismes de jeu tout en conservant tout ce qui faisait la force de ce twin-stick shooter intense. La coopération fait toujours partie intégrante de l’expérience, les vagues d’ennemis sont nombreuses et le gameplay est hyper fun – tout en restant assez technique. Les développeurs ajoutent à l’équation une légère composante rogue-lite avec des morts punitives, synonymes d’un retour à la case départ dans le monde en cours, des perks, des choix dans la progression du joueur et des mondes générés aléatoirement. Résolument fun et complètement décomplexé dans son approche du genre, Tesla Force est un twin-stick shooter qui se dégustera de préférence à plusieurs. Son ambiance lovecraftienne, sa bande son très nerveuse et sa direction artistique superbe lui confèrent une identité unique. On regrette en revanche que le contenu soit un peu léger, même au vu du prix auquel le titre est vendu (une quinzaine d’euros), et que la difficulté ne soit pas toujours très bien dosée. Les amateurs du genre en auront toutefois largement pour leur argent. 

Tesla Force

Gameplay 8.5/10
Contenu 7.5/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 8.5/10
Finition 8.5/10
8.0

On aime :

Un gameplay nerveux, intense et très fun

Entièrement jouable en coop

Les aspects rogue-lite, très bien intégrés

Un prix doux (entre 15 et 17€)

L'excellente bande-sonore

On aime moins :

Une durée de vie assez légère avec 3 mondes à explorer

La difficulté parfois mal dosée

Des objectifs trop répétitifs