Après s’être intéressé à la Seconde Guerre mondiale, Call of Duty nous propose de nous plonger en pleine Guerre Froide. Un retour aux sources plein de promesses, avec notamment l’arrivée d’une version next-gen, attendue au tournant. 

On ne présente plus la franchise désormais culte des Call of Duty. Forte de plus de 320 millions d’exemplaires vendus, la franchise est devenue une incontournable dans le monde des FPS. La sortie d’un nouvel épisode reste un évènement en soi. Avec seulement quatre titres sortis, la sous-série des Black Ops est pourtant parvenue à fédérer une communauté de fans.

Guerre Froide oblige, on retrouve ses principaux protagonistes dans les années 80, dont Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev.

Le développement de ce Cold War, annoncé il y a seulement trois mois, fut pourtant chaotique. De nombreuses dissensions entre Sledgehammer et Raven Software vinrent mettre du plomb dans l’aile du projet. Treyarch prit finalement en main le développement du multijoueur tandis que le studio Raven se vit confier la finalisation du mode solo…

Un Cold War résolument plus nostalgique et qui renoue avec ses premiers amours et notamment le premier Black Ops. Nous replongeons donc en pleine Guerre Froide, avec des haltes en URSS, aux États-Unis, mais aussi à Cuba et chez les Viet-Congs, Guerre du Viêt Nam oblige. Vous l’aurez compris, le scénario de Cold War et celui du premier Black Ops sont intimement lié, avec la présence de quelques protagonistes emblématiques qui avaient fait les beaux jours du premier opus.

Plusieurs passages du jeu se déroulent au Viêt-Nam.

Nombreux sont ceux qui se rappellent de l’interminable menace nucléaire qui pesait sur le monde dans la seconde moitié du XXe siècle et de l’opposition farouche entre le Bloc de L’Est et celui de l’Ouest. Force est de constater que Cold War en reprend les principaux codes. Au programme : une bombe nucléaire, un espion russe du KGB et des héros américains prêts à sauver le monde des ogives nucléaires soviétiques. Non, ce scénario n’est pas celui d’un blockbuster américain de la fin des années 1980 mais bien celui de Call of Duty : Black Ops Cold War. Vous incarnerez Bell et aiderez les agents Mason, Woods et Adler à traquer Perseus, un agent soviétique prêt à tout pour saper la puissance de l’Occident.

Le scénario du jeu a beau être simple, il fonctionne en grande partie grâce à la mise en scène très stylée du jeu, son ambiance rétro et ses protagonistes principaux. On se sent véritablement plongé au coeur du complot. On notera d’ailleurs que pour la première fois dans un Call of Duty, le joueur pourra récupérer des éléments qui lui permettront de mener son enquête et qui influenceront le récit. Niveau immersion, on est plongé dedans et cette approche unique confère à ce Cold War une identité qui lui est propre. Ne nous voilons toutefois pas la face, si la narration est réussie, le scénario n’est pas des plus passionnants et toutes les idées ne fonctionnent pas forcément. De façon générale, le récit a tendance à être trop dramatique et surréaliste, avec, vous vous en doutez, beaucoup de patriotisme américain. Cela aurait pu passer comme une lettre à la poste si Raven avait pris le soin d’être un minimum fidèle à l’Histoire. L’ennui, c’est que la lecture se fait ici à sens unique. On est proche d’une propagande pure et dure. La guerre menée par les Américains paraîtrait d’ailleurs presque trop propre dans ce Cold War.

Comme on l’a toutefois dit, cet épisode introduit quelque très bonnes idées. Le joueur gagne ainsi plus de contrôle sur le déroulement de son aventure. Plusieurs choix s’offriront ainsi à vous, comme la manière d’interroger un individu ou les phrases que vous formulerez dans un dialogue. Il vous sera en effet possible d’interagir avec les PNJ autour de vous, notamment dans votre base secrète. Ce sera là que vous interagirez avec les membres de votre équipe, afin par exemple d’en apprendre plus sur eux et leur passé.

La campagne veut désormais plus impliquer le joueur, en lui faisant notamment personnaliser son personnage.

Certaines missions vous permettront aussi d’adopter plusieurs approches différentes. C’est le cas notamment de cette mission dans laquelle vous incarnez un agent double russe infiltré au sein de la Loubianka, le bâtiment du KGB. Vous devrez alors récupérer la clé d’un bunker top-secret d’entre les mains d’un général russe et aurez alors plusieurs moyens pour parvenir à vos fins. Il sera ainsi possible d’empoisonner ce général, de le discréditer voire de le faire assassiner par un prisonnier. Le concept est intéressant, même si dans la pratique, on a souvent l’impression d’être sur un rail. N’espérez pourtant pas ici un open-world.

La planque ne vous servira par ailleurs pas uniquement à papoter avec vos comparses. Elle sera également utile afin de planifier vos missions. Sur un grand tableau seront regroupés de nombreux documents, que vous pouvez évidemment lire afin d’en apprendre plus sur l’histoire, mais qui serviront aussi de “preuves” pour vos missions secondaires. A la trame principale viennent s’ajouter deux missions secondaires dont l’intérêt réside principalement dans la manière dont vous y aurez accès. Alors que l’une vous demandera de décrypter une disquette en déchiffrant toute une série de nombres, l’autre nécessitera de retrouver trois agents renégats en analysant plusieurs preuves. L’intérêt des missions à proprement parler reste quant à lui plutôt anecdotique, mais elles ont le mérite d’exister et de légèrement prolonger une durée de vie malheureusement trop courte.

Niveau décors, il y a beaucoup de diversité dans la campagne solo.

En effet, à peine nous avons eu le temps de savourer cette campagne et de nous mettre dans le bain que nous approchons déjà de la conclusion. Comptez quatre à cinq heures pour terminer l’aventure tandis qu’il vous en faudra deux de plus si vous prenez votre temps, fouillez les environnements et faire les missions secondaires. Il est cependant habituel de retrouver des campagnes brèves dans les FPS, avec un accent évidemment mis sur le multijoueur. Néanmoins, ce que l’on regrette le plus dans cet épisode, c’est très clairement ce sentiment d’être balloté d’un décor à l’autre presque sans interruption. On voit du pays (et c’est très bien!), mais trop souvent le scénario alambiqué du jeu ne semble être qu’un prétexte pour nous faire voyager de Moscou à Cuba en passant par le Viêt-Nam. Deux malheureuses missions nous plongent dans l’enfer du Viêt-Nam. Deux missions très classiques, qui restituent très mal l’ambiance des combats dans la jungle. Cold War reste un Call of Duty très classique à ce niveau, avec un gameplay arcade et un level-design qui pousse le joueur en ligne droite et c’est bien dommage. Le gameplay reste nerveux, les combats intenses, mais le titre manque cruellement de profondeur à ce niveau.

Les cinématiques du mode carrière sont tout simplement bluffantes.

A côté du mode solo principal, on retrouve plusieurs modes multijoueurs. Et c’est sans aucun doute là que ce Cold War marque le plus de points avec le retour du mode Zombie, dans lequel quatre joueurs doivent coopérer pour tenter de survivre à des vagues de morts-vivants.

Une seule map est actuellement disponible, à savoir Die Maschine. Une map intéressante, puisqu’elle fourmille de secrets à découvrir, et que la difficulté est au rendez-vous, mais cela n’en demeure pas moins très léger pour un lancement. Le concept, lui, reste le même : emmagasiner du crédit en éliminant les zombies qui attaquent votre position, utiliser ce crédit pour améliorer vos compétences, votre arsenal et ouvrir des portes qui permettront d’agrandir le niveau, et progresser ainsi dans le “scénario”, tout en s’entraidant avec les 3 autres joueurs, car la difficulté ira crescendo avec des vagues de zombies de plus en plus agressifs.

Le mode zombie reste toujours aussi solide et réussi.

Le mode zombie de Cold War marque également le retour tant attendu de Dead Ops Arcade. Souvenez-vous, ce mode de jeu avait fait sensation dans Black Ops sous forme de easter egg. Dead ops Arcade reste un mode zombie, mais se joue en vue du dessus au lieu de la troisième personne. Si la survie reste au programme, l’accent est mis sur le fun et le côté déjanté des niveaux, à la manière d’un vieux jeu d’arcade. Vous disposez de munitions illimités et devez affronter des hordes de zombie à travers de multiples niveaux. Si ce mode ne justifie évidemment pas à lui seul l’acquisition de Cold War, il a néanmoins le mérite de faire son grand retour et d’apporter beaucoup de fraîcheur au mode zombie de Black Ops.

Le grand retour de Dead Ops Arcade est tellement réjouissant.

Si certains achètent Call of Duty uniquement pour son mode zombie, la grande majorité des joueurs passent des dizaines voire des centaines d’heures de jeu sur le mode multijoueur de la franchise. Et pour cause, ce mode est réputé pour son gameplay solide et nerveux, en point d’avoir son propre tournoi de eSport qui lui est consacré. Évidemment, Cold War propose son propre mode multijoueur qui reste simple, efficace mais sans grande surprise.

Les parties restent très nerveuses, avec des affrontements toujours aussi réussis. On aura tendance à partir la fleur au canon tellement le ressenti des armes et des combats est puissant. Plusieurs petites nouveautés viennent agrémenter le tout et notamment améliorer les parties. Nous mentionnerons notamment l’apparition d’une barre de vie au-dessus des ennemis, afin de plus facilement se rendre compte de la vie restante de nos opposants.

Autre grosse nouveauté : la disparition du système de Killstreaks. Il s’agit en réalité du système qui permettait de bénéficier de bonus, comme un appui aérien ou un mastodonte, à condition d’enchaîner les assassinats tout en évitant la mort. Désormais, ce système est remplacé par le Scorestreaks. Le principe reste fondamentalement le même, sauf que notre compteur n’est plus remis à zéro lorsque l’on meurt. Un principe qui devrait permettre d’égaliser les parties et de ne plus favoriser les meilleurs de chaque serveur.

Le multi ne vieillit absolument pas avec des parties toujours aussi nerveuses et rythmées.

Côté modes de jeu, on a tout de même une impression de déjà-vu. Et pour cause, Treyarch a fait le choix de garder l’ensemble des modes classiques de Call of Duty. Les joueurs habitués ne seront donc pas vraiment dépaysés, et ce ne sont pas les deux uniques nouveaux modes de jeu qui devraient changer la donne. Le premier, sobrement intitulé Extraction VIP, demandera comme son nom l’indique d’extraire un membre désigné important dans l’équipe. Il faudra à tout prix le garder en vie jusqu’au point d’extraction et garder la position durant un temps imparti. Inédit dans la série Call of Duty, il n’est pas sans rappeler un mode semblable qui avait fait les heures de gloire de Counter-Strike 1.6 dans les années 2000. Il se prête plutôt bien au gameplay et aux parties de Call of Duty, mais ne révolutionne pas non plus le gameplay. Vous ferez deux ou trois parties de VIP avant de vite vous en lasser et revenir à un bon vieux MMÉ.

Le second nouveau mode s’intitule Bombe Sale et est intimement lié au scénario et au contexte du jeu. Répartis en dix groupes de quatre joueurs, les compétiteurs devront s’affronter tout en récoltant des unités d’uranium. Plusieurs bombes sont réparties à divers endroits de la map et l’équipe victorieuse sera celle qui aura fait exploser le plus de bombes dans le temps imparti. Ce mode est pour sa part très réussi, mais aussi très dynamique et nerveux. On ressent fort l’influence du gaz des Battle Royal et notamment celui de Warzone dans ce mode Bombe Sale. Vous vous retrouverez donc à 40, sur une carte assez grande et devrez collaborer avec vos équipiers pour faire exploser ces bombes mais aussi rester en dehors des nuages radioactifs. Ce mode Bombe Sale est clairement notre coup de cœur du multi de Cold War, aux côtés des traditionnels Matchs à mort par équipes et autres Domination.

Il y aura très peu de passages à bord de véhicules dans cet épisode.

Côté graphismes, il ne faut en revanche pas s’attendre à de gros changements par rapport à Modern Warfare puisque Cold War utilise le même moteur graphique. Le jeu est beau, mais loin d’être une claque graphique. Les visages des personnages manquent de détails, les textures sont parfois très grossières et certains visuels sont carrément ratés. A l’inverse, certains panoramas sont à couper le souffle et la direction artistique inspirée de cet épisode parvient à lui conférer une identité propre.

Là où le bas blesse, c’est que le rendu n’est pas forcément meilleur sur next gen, avec un léger affinage des textures et quelques petits effets visuels ajoutés qui ne transcendent pas l’expérience. Cela n’a visiblement pas empêché Activision de facturer cette version next-gen quelques euros de plus…

Vous n’apercevrez le Mur de Berlin que quelques instants malheureusement…

Parlons enfin de l’optimisation de ce Cold War, qui est incontestablement son Talon d’Achille. A sa sortie, le jeu comporte de très nombreux bugs dans les menus et serveurs. Il faut ainsi attendre parfois très longtemps avant de trouver une partie multijoueur prête à vous accueillir, tandis que vous serez régulièrement éjecté d’un serveur à cause d’un “problème de connexion” impossible à identifier. Arriver dans une partie se révèle être un véritable parcours du combattant. D’autant plus que le constat est aussi bien valable pour le multijoueur classique que pour le mode zombie. Des problèmes de serveur dont Activision semble ne pas être capable de se défaire, en atteste les nombreuses pertes de connexion déjà présentes dans Warzone.

Sur PS4, le jeu souffre également de nombreux petits problèmes techniques qui vont de textures qui s’affichent au compte-goutte à des ralentissements, en passant par des crashs du jeu, une manette inutilisable et des redémarrages de la console.

Deux nouveaux modes multi viendront s’ajouter aux traditionnels sur 13 maps au lancement.

Vous remarquerez aussi que nous ne parlons que du multi en ligne. En effet, n’imaginez pas une seconde passer des soirées entre amis devant une unique télévision en mode zombie ou en multijoueur en ligne. Cold War ne propose plus de multijoueur en local.

De plus, les développeurs de la franchise semblent avoir du mal avec la notion “d’optimisation des fichiers”. La taille des fichiers de Cold War est tout simplement ahurissante. Si le titre pèse un peu plus de 93Go sur consoles actuelles et dépasse les 133Go sur Playstation 5 et Xbox Series, l’espace recommandé pour son utilisation sur PC est de 250Go ! Certes, il est possible de désactiver certaines options, comme les textures en 4K par exemple. Cela reste néanmoins dommage pour le joueur qui souhaite bénéficier d’une expérience de jeu complète et qui faute d’espace libre sur sa machine, devra désinstaller certains autres jeux.

Conclusion

Après un Modern Warfare à la campagne solo très soignée mais au multijoueur un peu trop léger, Activision nous livre un Cold War au contenu très généreux en multijoueur avec son mode Zombie, son Battle Royale et ses nombreux modes multijoueurs, qui se révèle peut être un peu moins inspiré au niveau de sa campagne solo. Le contexte du jeu est pourtant très séduisant puisqu’on est ici plongé en pleine Guerre Froide. Avec son casting de haute volée, ses cinématiques bluffantes et ses séquences d’action intenses, le mode solo de Cold War se déguste comme un bon blockbuster hollywoodien. Raven Software est parvenu à apporter un petit vent de fraicheur sur la franchise avec des éléments d’enquête nouveaux pour la série, des choix narratifs et des dialogues. Toutes les idées ne fonctionnent pas forcément et le jeu a clairement tendance à glorifier beaucoup trop les forces américaines, dans des conflits pourtant très sales. On pourra également reprocher au jeu de ne pas prendre son temps, se contentant souvent de nous faire voyager d’une région à l’autre du monde à travers un scénario complètement tiré par les cheveux, pour nous faire voir du pays. Clairement, on aurait aimé une guerre du Viêt-Nam plus sale, plus d’espionnage et davantage de points de vue du récit. Très court, le solo de ce Cold War se boucle en moins de 5 heures top chrono. La plus grosse déception vient toutefois de la finition du jeu, victime de nombreux plantages sur la génération actuelle de machines, et pas vraiment optimisée sur next-gen. Esthétiquement, le résultat reste le même que sur Modern Warfare. C’est joli, mais on a déjà vu beaucoup mieux également. Côté multijoueur, il faudra également composer avec de nombreuses déconnexions en attendant un patch… 

Call of Duty : Black Ops Cold War

7.1

Gameplay

7.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

8.0/10

Finition

5.5/10

Les + :

  • Une ambiance 70s/80s aux petits oignons
  • Un gameplay nerveux et fun
  • Des cinématiques bluffantes
  • Le grand retour de Dead Ops Arcade
  • L'expérience multi très riche

Les - :

  • Un scénario totalement surréaliste
  • De nombreux bugs qui gâchent le plaisir
  • Esthétiquement, ça n'a pas évolué depuis Modern Warfare...
  • Une campagne courte, avec ses hauts et ses bas
  • Un fichier d'installation beaucoup trop volumineux