En adoptant un virage résolument plus arcade, DiRT tente de partir à la conquête d’un nouveau public. Le jeu de course de Codemasters peut compter sur une réalisation somptueuse et un contenu très généreux.

S’il est aujourd’hui principalement connu pour ses très bons jeux de Formule 1, Codemasters a acquis ses lettres de noblesse dans les années 1990 sur les jeux de rallye. En collaborant avec le champion du monde de rallye Colin McRae, le studio britannique a fait les heures de gloire du jeu de rallye sur consoles et PC. Depuis, le pilote écossais a quitté le navire. Codemasters poursuit son petit bout de chemin avec la franchise, désormais rebaptisée Dirt.

Après un DiRT Rally 2.0. très convaincant mais plutôt décevant en terme de contenu, Codemasters réitère avec le cinquième épisode de sa franchise phare, DiRT. Un titre très généreux, autant dans son gameplay que dans ses modes de jeu, circuits et autres véhicules disponibles. Car c’est un fait, les développeurs semblent avoir appris des erreurs commises lors du précédent épisode, pour le plus grand plaisir des joueurs.

Sur next-gen, le jeu est somptueux.

La première chose qui nous saute aux yeux en jouant à cet opus, c’est le virage à 180 degrés emprunté par Codemasters. Le titre adopte un ton bien plus décalé, quitte à prendre des risques sur certains pans de son gameplay. Les courses, à l’instar de l’aspect général de DiRT 5, sont très colorées, mais aussi déjantées et résolument orientées arcade. Là où les précédents titres misaient sur une conduite plus réaliste, sans toutefois atteindre le réalisme d’un DiRT Rally qui joue la carte de la simu, DiRT 5 prend le pari de laisser les joueurs les plus pointus sur le carreau et d’ainsi espérer séduire un plus large public.

Parmi les points forts de ce DiRT, nous mentionnerons le contenu faramineux qu’il propose. Ce sont ainsi près de 62 véhicules, 76 circuits et 4 modes de jeu très fournis qui sont proposés au joueur, pour un total de plus de 120 événements. Les véhicules, répartis en plusieurs catégories, rassemblent de très nombreuses licences de l’automobile. On retrouvera donc plusieurs grandes marques, déclinées en différents modèles selon les classes proposées. Un très grand panel, qui permet donc de s’essayer à tous les types de conduite possibles. Il sera ainsi nécessaire d’allier correctement performance et maniabilité, quitte à faire quelques compromis. Un mal pour un bien, tant chaque véhicule semble trouver sa place sur les circuits. Si l’ensemble des bolides ne sera pas disponible dès le début de votre aventure dans DiRT 5, vous devriez vite voir votre garage s’agrandir. En effet, vous partirez avec une Skoda, aux performances très honorables, et amasserez des crédits DiRT au fil des courses. Rassurez-vous, ces crédits s’acquièrent plutôt vite…

Les tracés sont variés et vous feront voir du pays, de la Chine à New-York, en passant par la Norvège, l’Italie, la Grèce ou le Brésil.

Des circuits ici aussi très plaisants à parcourir, tant leur diversité fait plaisir. Vous parcourrez au total 10 environnements différents, à savoir le Népal, l’Arizona (USA), Roosevelt Island (USA), la Norvège, la Chine, le Maroc, la Grèce, l’Italie, l’Afrique du Sud et le Brésil. Vous l’aurez compris, vous arpenterez des circuits glacés aux Etats-Unis ou en Norvège, tandis que la Grèce, l’Italie, le Maroc et l’Afrique du Sud vous permettront de rouler sous un magnifique soleil crépusculaire. Si près de 76 circuits seront au programme, il faut savoir que la moitié de ceux-ci sont des versions inversées de certains déjà présents. Le dépaysement ne sera certes pas total, mais aura pour don de perturber les joueurs, et ce d’une jolie manière puisque chaque circuit reviendra plusieurs fois dans le mode carrière, avec des changements de saison et de cycles jour / nuit spectaculaires.

Pour ce qui est des modes de jeu, Codemasters ne nous surprend pas vraiment. Aux côtés des traditionnels modes multijoueur, arcade et carrière, vient s’ajouter le tout nouveau Playgrounds. Un mode à l’orientation très clairement communautaire, dans lequel les joueurs pourront créer des circuits et les partager avec le réseau DiRT. Nous avions eu l’occasion d’essayer ce mode sous toutes ses coutures il y a un mois, avec un résultat final en demi-teinte. La donne reste finalement la même. Si parcourir les circuits des autres personnes permet de s’essayer à des parcours très originaux, voire parfois incroyables, la création de circuits est catastrophique. La mise en place des différentes pièces de l’environnement est trop hasardeuse, notamment à la manette. L’orientation que prennent les éléments du décor ne peut être définie, au même titre que la hauteur qui se base sur des points d’ancrage trop difficilement atteignables. C’est dommage que ce mode soit aussi peu réussi, tant la création de contenu est quelque chose qui plaît aux joueurs.

Les courses de nuit sont très spectaculaires.

De son côté, le mode carrière reste dans la droite lignée de ce qui était fait précédemment. Le joueur incarne un jeune pilote novice, qui devra gravir les échelons du rallye aux côtés de son mentor, incarné par l’acteur Troy Baker. Face à vous se dressera Bruno Durand, vétéran du rallye ultra-compétitif, froid et calculateur, campé par Nolan North (Nathan Drake dans Uncharted). Chaque course requerra d’accomplir trois objectifs, qui viennent pimenter la course et aident à maintenir le suspense. Vous aurez à courir sur près de 130 événements qui vous tiendront en haleine durant plus ou moins 25 heures. Comptez en revanche 7 heures si vous vous contentez du strict nécessaire et passez à côté de 60% des courses. Une durée de vie plus que raisonnable pour un mode carrière très diversifié dans sa construction. 8 types de courses joncheront votre parcours certes semé d’embûches, mais très plaisant. On regrettera toutefois le manque de scénarisation de ce mode carrière, pourtant très réussi dans son ensemble.

Avec 8 types de course différentes, DiRT 5 propose une très jolie rejouabilité. On mentionnera par exemple le mode Path Finder, très exigeant dans sa construction mais tellement plaisant à faire. Au volant d’un bolide digne des plus grands Monster Truck américains, vous aurez à partir en éclaireur sur du hors-piste, avec des côtes qui atteignent parfois les 70 degrés. Les courses sur glace, Ice Breaker, amènent elles aussi beaucoup de challenge, en devant à la fois gérer votre bolide, mais aussi les autres concurrents assez maladroits.

Les courses sur glace sont l’une des grosses nouveautés.

Tout n’est en revanche pas tout rose dans les styles de course qui s’offrent à vous. Le Gymkhana, également présent sur Playgrounds, vous demandera de réaliser moultes acrobaties en un temps imparti. La taille de jeu réduite et la proximité trop importante entre les différents obstacles nuisent à la bonne progression. Le concept est sympa mais également très mal expliqué aux débutants.

Niveau gameplay, on reste en revanche sur du très solide. Nous l’évoquions plus haut dans le test, Codemasters a choisi d’adopter une approche plus arcade pour son titre, en prenant le risque de laisser sur le carreau certains joueurs désireux de posséder un titre très pointu. Le pari est réussi, même si on regrettera quelques imprécisions dans la conduite et un mode solo globalement trop facile. La conduite des véhicules est fun en tous points et amène un vent de fraîcheur vraiment bienvenu. Exigeante sans être pointilleuse sur certains menus détails, la maniabilité reste parmi ce qui se fait de mieux dans le genre, avec des courses agréables à parcourir au moyen de véhicules … agréables à piloter.

Sur Xbox et PS4, le rendu est forcément un cran en-dessous.

Les sensations de conduite sont pour leur part améliorées grâce à une excellente météo dynamique. Plus vraie que nature, celle-ci impose de rester vigilant à tout moment. Chaque évènement climatique influencera votre course et votre façon de conduire, avec une difficulté grandissante en fonction du climat. Les tempêtes de neige viendront pour leur part diminuer l’adhérence de votre véhicule et réduire sa maniabilité, tandis que le passage de la pluie au beau temps aide vraiment à se sortir de situations difficiles. Certains titres mériteraient de s’inspirer d’un système aussi réussi et convaincant, qui ne laisse que peu de doutes quant au travail abattu par les équipes de Codemasters – et qui est surtout l’occasion pour l’éditeur de montrer ses compétences côté visuels sur next-gen. Car finalement, ce qui distingue le plus la version current gen de la next-gen, ce sont les effets visuels et la gestion de la lumière, qui sont parfaitement exploités sur next-gen.

Visuellement, le titre est très réussi, avec néanmoins de plus faibles performances sur les consoles actuelles. Sans être époustouflant, le résultat sur PS4 et Xbox One est convaincant, avec quelques paysages très réussis, au même titre que les effets de lumière. Toutefois, on sent quelques difficultés pour ces consoles à gérer le mode arcade en co-op, avec notamment quelques problèmes d’affichage et de clipping à déplorer. Sur PS5 et Xbox Series, le résultat est très différent. Le jeu est non seulement beaucoup plus fluide mais également beaucoup plus joli avec des décors chargés en détails et des effets visuels absolument superbes. DiRT 5 est à ce titre peut-être le premier jeu next-gen à nous mettre une claque.

Les effets visuels en mettent plein les yeux sur Xbox Series et PS5.

En marge de son look et de sa conduite très fun, DiRT 5 peut se targuer de proposer une très bonne bande originale. Les morceaux choisis pour rythmer les courses et vous faire arpenter les différents menus sont excellents, avec un style tantôt rock, tantôt electro. Pour ce qui est des voix offs, les deux animateurs de Donut Media amènent de la vie dans les menus et dans la présentation des courses. On regrettera leur présence parfois trop insistante dans certains menus, où l’on préfèrerait se concentrer sur nos choix de courses et de véhicules. En course, les bruitages des véhicules sont très réussis et se mélangent bien aux mélodies proposées.

Conclusion

DiRT 5 prend un tournant arcade qui pourrait bien lui entrouvrir les portes d’un plus large public. La cassure avec les épisodes DiRT Rally, beaucoup plus orientés simu, est complète. Si le gameplay perd un peu en précision, DiRT 5 se présente comme un jeu de course très fun. Dans le mode principal, le joueur explorera des circuits totalement délirants, avec des courses sur glace en Norvège et au Tibet, des courses en pleine forêt en Chine, des compétitions de Gymkhana dans des stades et des événements uniques qui seront l’occasion de tester vos réflexes au volant d’une large panoplie de bolides. Avec près de 76 circuits, plus de 60 véhicules et 25 heures de durée de vie pour le mode carrière, DiRT 5 propose un contenu très généreux. Esthétiquement, le jeu est également très réussi, surtout sur next-gen. Sa météo dynamique et ses jolis effets de lumière en mettent plein les yeux. Sur les consoles actuelles, le résultat est forcément moins impressionnant. Si les puristes le bouderont, le grand public tient là l’un des jeux de course les plus funs de ces dernières années!

Dirt 5

8.4

Gameplay

8.0/10

Contenu

8.5/10

Graphismes

8.5/10

Bande son

8.5/10

Finition

8.5/10

Les + :

  • Des effets visuels qui en mettent plein les yeux sur next-gen
  • Un jeu de course arcade fun et accessible
  • Un contenu très généreux
  • Les conditions météorologiques, qui changent en temps réel
  • La bande-son d'excellente facture

Les - :

  • Quelques problèmes d'affichage en écran partagé
  • Un peu trop facile
  • La création dans Playgrounds, un véritable calvaire
  • Pas très joli sur Xbox One / PS4