L’entreprise a annoncé avoir réussi son premier voyage avec passagers pour son train supersonique Hyperloop One.

Alors que le monde entier profitait de son dimanche pour se reposer, Virgin Hyperloop marquait d’une pierre blanche l’histoire du transport. Près de Las Vegas, dans le désert du Nevada, deux passagers ont voyagé dans le train supersonique Hyperloop One. L’entreprise particulièrement confiante dans la fiabilité de son engin a demandé à Josh Giegel, cofondateur et directeur de la technologie, et Sara Luchian, directrice de l’expérience passager, d’embarquer dans la capsule supersonique. Une fois attachés à leur siège, la capsule a parcouru les 500 mètres du tube sous vide en 15 secondes pour une vitesse de 172 km/h. L’Hyperloop devrait être en mesure d’atteindre une vitesse de 1.000km/h à terme. 

Une étape importante pour Virgin Hyperloop

Fondée en 2014, l’entreprise a pour objectif de créer un nouveau système de transport. La compagnie imagine un projet de train à grande vitesse circulant dans des tubes sous vide. Une fois les tubes vidés de leur air, les capsules lévitent sous l’effet d’aimants et peuvent atteindre des vitesses supersoniques (de l’ordre de 1 200km/h). 

En 2016, les premiers essais débutent dans le Nevada sur le site de DevLoop. Par la suite en décembre 2017, un prototype effectue une vitesse de pointe à 387km/h. Ce site accueillera quatre ans plus tard ses premiers passagers.

Il reste encore beaucoup à faire

“Avec le test réussi d’aujourd’hui, nous avons montré que cet esprit d’innovation changera la façon dont les gens vivent, travaillent et voyagent partout dans le monde dans les années à venir.” a déclaré Sir Richard Branson, fondateur du groupe Virgin et actionnaire de Virgin Hyperloop. Il faut cependant calmer les ardeurs du milliardaire. Si l’entreprise a réussi un véritable coup d’essai, ce n’est pas pour autant que le projet est commercialisable. Plusieurs défis restent à surmonter.

Tout d’abord, les vitesses promises sont loin d’être atteintes. Les TGV, actuellement sur les rails, atteignent des vitesses supérieures avec 320km/h en moyenne. Pour rappel, le Virgin Hyperloop est censé concurrencer les avions de ligne et réaliser un voyage Los Angeles-San Francisco (615 km) en 43 minutes, soit deux fois plus rapidement qu’un avion. Virgin Hyperloop doit encore prouver qu’elle arrive à maintenir le vide dans un tube de plusieurs centaines de kilomètres et rassurer sur la sécurité d’un tel moyen de transport. “Il est très important de maintenir la sécurité à des vitesses aussi élevées et toutes les catastrophes imprévues doivent être intégrées au système. Un tremblement de terre? Le tube à vide se brise? Le train frappe en quelque sorte dans le tube? À des vitesses aussi élevées, ces événements amplifient le danger et la sécurité doit donc être primordiale.” a indiqué Constantine Samaras, professeur agrégé de génie civil et environnemental à l’Université Carnegie Mellon, à The Verge.

De plus, à moyen terme, le développement de ce moyen de transport nécessite de créer une toute nouvelle infrastructure en parallèle des lignes ferroviaires. Il faudra alors relier toutes les villes et gares avec des tubes sous vides. Il n’est pas certain que le gain de temps mérite des milliards d’euros d’investissements. De précédents moyens de transports révolutionnaires se sont révélés des échecs à l’instar de l’avion supersonique franco-britannique Le Concorde ou encore le projet français d’aérotrain. Actuellement, aucun gouvernement n’a attribué de contrat de construction à Hyperloop.

Cependant, de nombreuses compagnies croient dans le projet de Virgin Hyperloop. L’entreprise a noué des partenariats avec la SNCF et l’opérateur de transport de fret Dubaï DP World. Virgin Hyperloop ambitionne de mettre en service sa première ligne – ou plutôt son premier tube – au cours de cette décennie.