Attendue le 10 novembre en magasin, la Xbox Series X est un monstre de puissance. Mais tient-elle réellement toutes ses promesses? 

Microsoft commercialisera le 10 novembre prochain deux consoles next-gen : les Xbox Series X (499€) et Xbox Series S (299€). La première se destine avant tout aux gros gamers, la seconde au marché de masse. Fin octobre, Microsoft nous a fait parvenir un exemplaire de sa Series X pour en tester les fonctionnalités et le verdict est sans appel : la Xbox Series X est bien le monstre de puissance que l’on attendait.

Une console par les gamers, pour les gamers

On ne s’éternisera pas ici sur la fiche technique de la machine, finalement pas si différente de celle de la PS5. Les deux consoles devraient afficher des performances à peu près identiques, avec toutefois un très léger avantage à la Series X selon les premiers échos – de nombreux éditeurs tiers ont déjà annoncé que leurs jeux auraient un frame-rate plus rapide sur Series X.

Malheureusement, impossible de s’en rendre vraiment compte pad en main pour le moment. Nous avons pu jouer à une dizaine de titres différents, mais aucun jeu “next-gen”. L’essentiel des titres disponibles au lancement sont d’ailleurs des jeux de l’ancienne génération qui tirent parti des capacités de la console pour afficher un meilleur frame-rate, des effets visuels plus soignés ou du ray-tracing. Des jeux comme Gears 5 ou Forza Horizon 4 apparaissent plus jolis sur next-gen, mais le résultat n’est pas non plus transcendant. La véritable claque n’est pour l’instant pas graphique. Non, la véritable innovation des consoles next-gen vient d’ailleurs.

Exit le disque dur sur next-gen et place au SSD, avec une réactivité beaucoup plus grande. La console se lance en quelques secondes, on passe d’un jeu à l’autre d’un battement de cil et charger sa partie ne prend pas plus de quelques secondes. La plupart des jeux se lancent en dix secondes, contre plus de vingt sur Xbox One X, et les temps de chargement des parties ont été réduits par trois, quatre, cinq et même dix pour certains jeux! Et mine de rien, cela vous change complètement la vie car on perd beaucoup moins de temps sur les écrans de chargement et les jeux sont beaucoup plus immersifs. Là où Microsoft marque des points, c’est dans le fait que justement, cette technologie s’applique aux nouveaux jeux mais également aux anciens. Les jeux Xbox One, mais aussi Xbox 360 ou Xbox…

Sur le jeu The Sinking City, une sauvegarde a pris plus de 120 secondes à se charger sur Xbox One, contre seulement 15 secondes sur Series X. Même constat sur Gears 5 où on passe de 60 secondes à 10 petites secondes seulement.

On distinguera quelques différences entre les jeux rétrocompatibles et les jeux Xbox Series X Enhanced. Les premiers tirent parti de certaines capacités de la Series X : les temps de chargement accélérés, le Quick Resume, qui permet de passer d’un jeu à l’autre, voire quelques légères améliorations graphiques grâce à des améliorations logicielles, mais il ne faut pas s’attendre à voir le frame-rate bondir sur ces jeux. Sur un jeu Xbox Series X Enhanced, le joueur peut s’attendre à un meilleur frame-rate, de nouveaux effets visuels comme le ray-tracing et de petites améliorations esthétiques.

La différence dans le saut générationnel ne sautera pas aux yeux pour tous les jeux. Pour Yakuza 7 par exemple, on remarque une évolution pratiquement uniquement au niveau du frame-rate. Pour d’autres jeux, qu’on ne peut pas citer pour le moment pour des questions d’embargo, il y a en revanche un vrai écart entre la version Xbox One et la version Series X. Tout se fera donc au cas par cas.

La rétrocompatibilité au cœur de l’expérience

Microsoft a une arme secrète en particulier pour séduire les gamers, c’est la fonction de rétrocompatibilité de sa console, qui permet de retrouver tout son catalogue de jeux sur Xbox Series X. La transition est exemplaire puisqu’on ne perd que la dizaine de jeux Kinect lors du passage à la Series X. Pratiquement tous les jeux Xbox One sont compatibles, plus de 500 jeux Xbox 360 également et quelques dizaines de jeux Xbox.

Niveau interface, on se retrouve également face à la même interface que celle de la Xbox One. On est en territoire connu. C’est fluide, l’interface est très agréable à utiliser et la dernière mise à jour du système a encore amélioré la prise en main de la machine.

Alors oui, quand on parle de next-gen on pense avant tout à une claque graphique. Et oui, il est regrettable qu’il n’y ait plus d’exclus next-gen tirant parti des capacités de ces consoles au lancement, mais le constat s’applique également à la PlayStation 5. Et vu l’absence de jeux marquants pour les quelques mois à venir, la rétrocompatibilité a un vrai rôle à jouer. De surcroît, il est très agréable de constater que les clients ne perdent pas leurs achats, qui l’accompagnent sur next-gen. Tout cela devrait logiquement encourager davantage l’adoption du numérique.

Une manette très similaire à celle de la Xbox One

C’est un fait, la manette de la Xbox One s’est imposée comme le modèle le plus ergonomique du marché. Ce n’est donc pas une surprise si la nouvelle manette des Xbox Series est pratiquement la réplique parfaite de la manette de son ancêtre. Au niveau du design en tout cas, les deux modèles sont pratiquement identiques, à quelques petites exceptions près. Exit par exemple les bords incurvés autour du logo Xbox ou la finition brillante – le nouveau modèle est uniquement disponible en matte. Le port microUSB est également remplacé par un nouveau port USB-C, le nouveau standard de l’industrie.

Si elle ne révolutionne rien, la manette de la Xbox Series X améliore toutefois sensiblement la recette en apportant quelques petites retouches. La nouvelle croix multidirectionnelle est par exemple directement inspirée de celle de manette Elite 2 du constructeur. Elle se révèle un tantinet plus précise que l’ancienne croix et devrait à ce titre réjouir les amateurs de rétrogaming et de jeux de baston.

Un nouveau bouton de partage fait également son apparition en-dessous du logo Xbox. Une simple pression permet de réaliser une capture d’écran, qui sera automatiquement partagée sur le compte Xbox de l’utilisateur. Une pression longue permet de lancer l’enregistrement d’un clip vidéo, qui sera lui aussi partageable sur les réseaux sociaux. Pour cette fonction, Microsoft s’inspire très clairement de son rival Sony, qui proposait depuis longtemps une fonction de partage sur sa manette.

Autre différence de taille : l’ajout d’une finition “grip” qui offre une bien meilleure prise en main et plus de confort à l’usage. Là aussi, Microsoft s’est inspiré de son modèle Elite, considéré par de nombreux joueurs comme la référence ultime.

Au passage, on notera que là aussi, la rétrocompatibilité est de la partie : pas besoin de racheter de nouvelles manettes pour les copains, les manettes Xbox One sont compatibles avec la Series X, au même titre que la plupart des accessoires Xbox certifiés – à l’exception de Kinect.

Un hardware séduisant

C’est un fait, les designs des consoles next-gen ne plairont pas à tous. La PS5 est gigantesque, la Series X est également un monstre au design qui se rapproche davantage de celui d’une tour que d’une console de jeu. D’ailleurs, on la placera de préférence verticalement à côté de sa console.

La Series X a toutefois pour elle l’atout d’être parfaitement optimisée. Elle ne chauffe pas de trop même lors des longues sessions de gaming, elle fait beaucoup moins de bruit qu’une PS4 Pro, et elle nous a paru très fiable lors de nos sessions de gaming. Pas un crash à l’horizon, pas un cas de surchauffe ni le moindre petit problème technique.

Sa connectique est également plutôt complète avec son port HDMI, un port Ethernet et deux ports USB 3.1 + un port 2.0 – auxquels on viendra connecter au choix une manette ou des disques durs externes pour augmenter la capacité de stockage de la console. Tous les câbles sont fournis avec la console, à l’exception du câble qui permet de connecter sa manette à la console. Il faudra se contenter du sans fil, avec les piles.

Pour le reste, la fiche technique de la Series X parle par elle-même. Il s’agit d’un formidable PC pour gamers vendu à un prix défiant toute concurrence. Si vous souhaitiez acheter un PC gamer aux performances similaires, vous devriez débourser facilement plus de 1.200€ et c’est là tout l’intérêt des consoles next-gen qui démocratisent une technologie traditionnellement très coûteuse. Dans cinq ans, elles seront certainement larguées de nouveau par les PC gamers, et oui vous ne pourrez pas les upgrader, mais le rapport qualité / prix est imbattable. Alors oui, il ne faudra espérer jouer en 8K à 120 images par seconde. En revanche, pad en main, on peut enfin goûter à du 120 images par secondes sur certains jeux.

Notre seul réel regret sur la machine concerne l’extension de stockage. Il faudra de préférence installer ses jeux sur le SSD de la machine, limité à 1 To, ce qui reste peu face à des jeux de 100 à 200 Go… On peut certes jouer à ses jeux stockés sur disques durs externes, mais on perd alors les fonctions de quick resume. C’est dommage. Seule option valable : l’achat d’une carte mémoire de Seagate facturée plus de 200€. Outch!

Ci-dessous, vous retrouverez la fiche technique de la console ainsi que des autres modèles de consoles next-gen.