Après un premier épisode décevant, The Dark Pictures Anthology nous revient avec un second chapitre baptisé “Little Hope”, qui troque les eaux du Pacifique pour un contexte beaucoup plus sombre puisque son intrigue nous emmène dans un petit village de la Nouvelle Angleterre.

Les créateurs d’Until Dawn nous avaient livré en 2019 un nouveau jeu narratif au concept très séduisant. Premier chapitre d’une “anthologie de l’horreur”, Man of Medan avait toutefois eu beaucoup de mal à convaincre, la faute en grande partie à ses dialogues mal écrits et son scénario mal fignolé. Qu’à cela ne tienne, le studio revient à la charge un an plus tard avec Little Hope, le second épisode de sa série.

Le jeu réserve son lot de passages effrayants.

Pour ce second volet, les développeurs nous proposent une nouvelle histoire effrayante, toujours racontée par un narrateur qui donnera quelques indices sur le déroulement du scénario et évaluera les prestations du joueur entre chaque chapitre. Le contexte est ici très différent. Exit les eaux agitées du Pacifique et direction la Nouvelle Angleterre pour une histoire beaucoup plus sombre mais plus maîtrisée aussi que celle narrée dans Man of Medan.

La séquence d’introduction du jeu donne le ton. Le joueur est le spectateur d’un drame familial qui pose le contexte. Le jeu est sombre, sanglant et surtout le casting qui nous est présenté ici est beaucoup plus séduisant que dans le premier chapitre. Exit les personnages hyper-stéréotypés et sensiblement agaçants de Man of Medan. Les six rôles principaux de Little Hope se révèlent beaucoup moins creux. On notera d’ailleurs que Supermassive Games a débauché quelques véritables acteurs pour les rôles principaux. On retrouve notamment l’excellent Will Poutler (Bandersnatch) dans le casting. Et il s’agit là d’ailleurs de l’une des principales évolutions de cette suite, qui affiche d’entrée de jeu un casting beaucoup plus intéressant que son ancêtre mais également un scénario plus riche et plus profond…

Le narrateur intervient à la fin de chaque chapitre du jeu en commentant les décisions du joueur.

Passé la séquence d’introduction, on se rend compte que Little Hope laisse plus de place à l’interprétation de son scénario que Man of Medan. Le joueur se retrouve au commande des cinq membres de la famille qui sont morts lors de la séquence d’introduction. A notre grande surprise, ceux-ci ont des identités différentes. Ils sont tous survivants d’un accident de la route. Ils choisissent logiquement de se diriger vers le village le plus proche pour tenter de contacter les secours et retrouver le chauffeur du bus qui a disparu. Mais le petit village de Little Hope est un patelin abandonné au beau milieu de la brume. Pas une âme à l’horizon. Nos survivants ne semblent toutefois pas seuls…

Sorcellerie, esprits et paranoïa mènent le récit. Scénaristiquement, Little Hope se révèle beaucoup plus riche que Man of Medan mais également plus prenant. La narration est plus efficace, le récit est porté par un casting de haute volée, les temps morts sont rares et surtout les frissons sont beaucoup plus nombreux. Certes, les ficelles pourront paraître assez apparentes dans ce récit, avec quelques jump scares qu’on sent venir à des kilomètres, mais la recette fonctionne dans l’ensemble très bien. On a véritablement l’impression d’être assis face à un film fantastique.

Esthétiquement, Little Hope est également une très belle réussite, tant dans sa direction artistique inspirée que dans ses modélisations soignées des décors, personnages et objets. L’atmosphère du jeu est lourde, les angles de caméras bien sentis et on se sent véritablement plongé dans un récit anxiogène. Pas de doute, Supermassive Games connait ses classiques.

Les choix n’ont finalement que peu d’incidence sur le récit.

Côté gameplay, le studio suédois reprend la formule du premier volet pratiquement à l’identique en mêlant cinématiques, choix narratifs (qui se limitent à deux options, ayant une incidence minimaliste sur le récit), de courtes séquences d’exploration (durant lesquelles on se contentera de trouver quelques documents pour en apprendre un peu plus sur le récit), et QTE. La bonne nouvelle, c’est que les quick time events ont été revus. Désormais, impossible de ne pas comprendre ce que l’on attend de nous. Il faudra appuyer le plus rapidement possible sur la touche qui apparaît à l’écran. Le joueur est averti au préalable de cette séquence de jeu par une alerte visuelle. Ca fonctionne, même si on regrette que ces séquences soient peu nombreuses et que les combinaisons de boutons ne soient guère compliquées. Les séquences de combat sont un peu moins réussies avec des passages au cours desquels il faudra cibler précisément la zone du corps d’un adversaire pour le frapper avant la fin du décompte. Ca fonctionne, mais le manque de précision des commandes fait qu’il est possible de rater son coup assez facilement… Durant les séquences d’exploration, le joueur sera libre d’évoluer à l’écran dans des décors soignés pour profiter des jolis panoramas et découvrir quelques notes qui lui en apprendront plus sur le récit. Une partie walking simulator qui fonctionne plutôt bien niveau ambiance mais qui manque cruellement de profondeur puisque rien, absolument rien ne se passera à l’écran durant ces séquences.

Les personnages centraux sont beaucoup plus intéressants que dans Man of Medan.

Le concept fonctionne donc, mais la recette ne fera clairement pas l’unanimité. Supermassive Games peut très clairement améliorer la formule. En l’état, on a plus souvent l’impression d’être simple spectateur d’un très bon film fantastique que joueur. Il n’empêche que le récit est beaucoup plus intéressant à suivre que par le passé. Côté durée de vie, il ne faut pas s’attendre à plus de 4 heures de jeu. Ce qui reste assez court. Ceci étant dit, le jeu offre une certaine rejouabilité puisque les choix impactent le scénario. Il est même possible d’y jouer à plusieurs, en local jusqu’à 5 ou en ligne à 2, auquel cas les choix de l’autre joueur impacte les événements qui vous affectent directement. Intéressant, même si dans la pratique on devine que la plupart des joueurs y joueront seul… On notera au passage qu’il faut également prendre en compte le prix de vente du jeu, qui nous est proposé à 29,99€.

Pour une petite production, Little Hope remplit donc plutôt bien son contrat et prouve que Supermassive Games a les capacités de développer une franchise autour de son concept. Reste à présent à voir si les joueurs adhéreront au principe et surtout si les prochains volets de la série continueront à améliorer la recette…

Conclusion

Le second volet de l’anthologie de l’horreur de Supermassive Games se révèle en tous points supérieur à son prédécesseur. Si la formule n’évolue pas – on retrouve ce curieux mélange de séquences narratives, de QTE et de séquences d’exploration -, le studio suédois nous livre un récit beaucoup plus riche, intense et passionnant qu’avec Man of Medan. Little Hope surprend pas son scénario très sombre, sur fond de sorcellerie. Le jeu est beaucoup plus effrayant que son ainé et mieux maîtrisé également au niveau de sa mise en scène. Esthétiquement et artistiquement, Supermassive réalise presqu’un sans faute. Les amateurs de frisson en auront pour leur argent, et ce même si le récit est assez court (comptez 4h pour un premier walkthrough) et le gameplay manque toujours autant de profondeur. On aurait clairement aimé des séquences d’action un peu plus immersives. Reste qu’avec ses modes multijoueur et son scénario que l’on explorera volontiers à travers un second playthrough, Little Hope est suffisamment riche en contenu pour justifier son prix de 29,99€. 

The Dark Pictures Anthology : Little Hope

7.1

Gameplay

5.5/10

Contenu

5.0/10

Graphismes

9.0/10

Bande son

8.0/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Visuellement très joli
  • Une ambiance soignée, avec quelques jolis frissons
  • Un récit passionnant
  • Une mise en scène soignée
  • Le prix doux (29,99€)

Les - :

  • Le récit reste très court (environ 4h)
  • Des commandes qui manquent de précision
  • Quelques ficelles trop apparentes