Après deux premiers chapitres, la série des Rock of Ages nous revient avec un troisième volet plus ambitieux, mais également deux fois plus cher que ses ancêtres… 

Série à succès du studio chilien ACE, auteur notamment du très atypique Zeno Clash, Rock of Ages a connu un succès croissant ces dernières années. La série a toutefois changé d’éditeur en cours de route, passant des mains d’Atlus à Modus. Un changement d’éditeur qui s’accompagne de nouvelles ambitions et d’une hausse soudaine des tarifs… C’est important de le préciser d’entrée de jeu, ce troisième volet est vendu deux fois plus cher que ses ancêtres – 29,99€ au lieu de 14,99€. Une hausse des prix que le jeu peine toutefois à justifier…

Le jeu propose toujours son lot de cinématiques amusantes mettant en scène de grands personnages historiques.

Car dans la pratique, ce Rock of Ages 3 : Make & Break n’apporte pas grand chose de vraiment neuf pas rapport au second volet. Les bases du jeu restent les mêmes. Le gameplay n’évolue en effet que très timidement. On se retrouve donc à nouveau projetés à travers une quête à travers les âges dans laquelle le joueur croisera de nombreux personnages historiques. Bourrées d’humour, les cinématiques du jeu restent dans le ton des précédents volets et se dégustent avec passion. Côté gameplay, on retrouve cet étrange mélange de tower defense un peu raté et de boulder game complètement barré. Le concept est simple : protéger sa forteresse en plaçant toute une série de pièges, créatures et remparts sur le chemin de son adversaire tout en partant à l’assaut de la forteresse ennemie avec son gros rocher.

De façon générale, le gameplay n’a que très peu évolué. On retrouve bien l’une ou l’autre petite nouveauté, mais que ça soit dans sa construction ou sa prise en main, Rock of Ages 3 est pratiquement la copie conforme de son ancêtre.

Alors oui, on s’y amuse plutôt bien. Le jeu est plutôt fun à jouer (surtout entre amis), la prise en main reste simple et le mélange de genres fonctionne toujours, mais tout cela manque cruellement de cet petit élément nouveau qui aurait insufflé à la franchise un nouveau souffle.

Les combats de boss sont toujours au programme.

D’autant plus que cette suite hérite des mêmes défauts que ses ainés. L’interface de jeu est toujours aussi peu intuitive, la stratégie reste très sommaire dans la construction des défenses, le résultat dépendant plus souvent de la chance que de vos skills, et la prise en main du boulet (littéralement) est toujours aussi pataude.

Le studio chilien tente de justifier la hausse de prix par une réalisation il est vraie très réussie, avec des cinématiques retravaillées et un moteur graphique qui exploite très bien le potentiel des consoles. Côté contenu aussi, le jeu est enrichit d’un nouvel éditeur de niveaux très complet qui permettra à la communauté d’alimenter le jeu en contenus durant des années… Mais encore faut-il vraiment être fan, car aussi fun puisse être le jeu, Rock of Ages 3 est typiquement le genre de jeu qu’on range soigneusement une fois le mode solo terminé, et qu’on ne ressort qu’à l’occasion avec des amis.

Techniquement, le jeu est très réussi.

Alors oui, ce troisième volet n’a pas à rougir par rapport au second, et oui les fans en auront largement pour leur argent avec le contenu très généreux de cet épisode, son éditeur de niveaux et ses parties en multi, mais quelque part, on aurait aimé que le studio chilien passe plus de temps à affiner certains mécanismes du jeu plutôt que de jouer uniquement la carte du contenu. D’autant plus que pour ceux qui se contenteront du mode solo, ce troisième volet n’apporte finalement rien de vraiment transcendant en dehors des nouveaux niveaux et boss. On retrouve certes un mode Time Trial et deux modes de jeu alternatifs (Avalanche et Humpty Dumpty), mais ceux-ci ne renouvellent pas vraiment la recette, se contentant d’apporter des sortes de modificateurs à l’expérience.

Conclusion

S’il séduira les fans avec son contenu enrichi, son multijoueur et son éditeur de niveaux très complet, ce Rock of Ages 3 : Make & Break aura plus de mal à convaincre les nouveaux venus. Le concept n’a pourtant pas évolué puisqu’on contrôle toujours ici une grosse boule de pierre qu’il faudra diriger à travers des niveaux remplis de pièges tout en affutant ses défenses pour protéger sa propre forteresse du rocher de son adversaire. Le mélange de tower-defense et de jeu de parcours reste toujours fun et l’univers décalé très séduisant, mais Rock of Ages ne parvient plus vraiment à surprendre et surtout, les développeurs n’ont toujours pas corrigé ses petits défauts. Avec son interface peu intuitive et sa prise en main un peu pataude, le titre aura du mal à convaincre les débutants à la première partie. A 29,99€, Rock of Ages 3 n’est plus non plus un “petit jeu indépendant” qu’on essaye sans trop se poser de questions… Et c’est finalement là que le bas blesse car Rock of Ages était typiquement le petit jeu sympa et totalement atypique qu’on sortait entre deux parties de FIFA et de Call of. Ceci étant dit, si vous aviez adoré les précédents épisodes, foncez. Le contenu est là et l’esprit est intact. 

Rock of Ages 3 : Make & Break

7.3

Gameplay

6.0/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

8.5/10

Bande son

8.0/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • C'est très joli
  • Une durée de vie assez solide avec le solo, le multi et l'éditeur de niveaux
  • Un humour toujours aussi décalé
  • Artistiquement très réussi
  • Fun à plusieurs!

Les - :

  • Un tarif deux fois plus élevé (29,99€)
  • Une recette qui n'évolue (presque) plus
  • Une interface pas très intuitive
  • Une prise en main assez lourde