Sorti en 2019 sur PC, le très sympathique Superliminal a aujourd’hui droit à un portage sur consoles. L’occasion de découvrir l’une des bonnes surprises indé de 2019.

Passé relativement inaperçu au moment de sa sortie sur PC en 2019, Superliminal aura attendu sa sortie sur consoles en ce mois de juillet 2020 pour finalement faire parler de lui. Ce puzzle-game atypique qui s’inspire très ouvertement de l’excellent Portal joue la carte de la perspective pour sortir du lot. Toutes les énigmes devront être résolues en jouant avec la perspective du joueur. Un concept très ludique.

Les niveaux se montrent parfois très créatifs.

Superliminal s’inspire assez ouvertement de Portal, tant au niveau de sa narration (une voix féminine donne le déroulé des épreuves au joueur entre chaque salle) que de son déroulement (les niveaux étant découpés en salles, dans lesquels les joueurs doivent généralement résoudre un à plusieurs puzzles en jouant avec non pas les lois de la physique mais la perspective). Dans Superliminal, le joueur se retrouve en effet embarqué dans une drôle d’expérience dans un centre fermé, pour laquelle il s’est porté volontaire. On ne vas pas vous le cacher, le scénario n’est pas forcément très passionnant. En revanche, les développeurs sont parvenus à brillamment immerger le joueur dans cet univers.

Très accessible, le jeu joue la carte de la sobriété, tant des environnements que dans sa prise en main. Les commandes restent très simples : on utilise le stick gauche pour se déplacer, un bouton pour sauter et un bouton pour soulever des objets / les lâcher ou appuyer sur un bouton. La difficulté vient ici des “énigmes” à résoudre.

Artistiquement, le jeu est plutôt réussi.

Comme nous l’avons dit plus haut, tout le concept du jeu repose sur ces “perspectives” : un minuscule pion posé sur une table peut se transformer en un gigantesque pion si vous le prenez entre vos mains et le reposez à distance. En vous en rapprochant de nouveau, vous verrez que sa taille a changé. Et cela vaut pour tous les types d’objets rencontrés dans le jeu : des meules de fromage aux cônes en passant par les cubes ou les horloges.

Les puzzles rencontrés ne se contenteront pas de jouer avec la taille des objets mais aussi plusieurs autres facteurs, comme l’alignement de plusieurs objets par exemple. Les premières énigmes sont faciles à résoudre, les suivantes beaucoup moins. Globalement, le jeu séduit surtout par l’originalité de son concept et l’immersion qu’il propose. L’intégralité du jeu se jouant à la première personne, le joueur se sent totalement immergé dans cet univers.

Les premières énigmes font partie des plus simples.

Superliminal marche très clairement sur les traces d’un Portal, tant au niveau de sa construction des niveaux, très dirigistes, que de son ton – brillamment sarcastique. Alors certes, on pourra lui reprocher d’être un peu court (comptez 2h de jeu pour le parcourir en ligne droite lors de votre premier run), de ne pas forcément offrir une bonne replay-value (pas de coop ni de contenu endgame) et sans doute de ne pas être suffisamment ambitieux. Pour un tout petit jeu indépendant, le titre s’impose toutefois comme une vraie bonne surprise.

D’autant plus que techniquement, le titre est plutôt réussi. Sans nous en mettre plein les yeux au niveau de sa réalisation, le jeu est soigné. Il propose de jolis environnements à l’atmosphère travaillée, quelques effets visuels agrémentent la progression et la bande sonore du titre immerge parfaitement le joueur dans cet univers. A 19,99€, le tarif du jeu est toutefois peut-être un peu élevé pour un titre que l’on bouclera d’une traite en une soirée… Les joueurs qui avaient apprécié Portal auraient toutefois tort de se priver d’un aussi bon divertissement car Superliminal est véritablement une bonne surprise, et très certainement le seul jeu à être parvenu à brillamment reproduire la recette de Portal depuis la sortie du second volet de la série de Valve en… 2011!

Conclusion

Clone assumé de Portal, Superliminal parvient à se distinguer de son modèle par son univers coloré et son gameplay, qui propose au joueur de jouer non pas avec les lois de la physique mais la perspective. Avec son concept très ludique, qui consiste à donner des proportions gigantesques à des objets de taille minimaliste pour progresser dans les niveaux, Superliminal s’impose comme un titre très fun à parcourir, mais malheureusement aussi très court. Il ne faudra pas plus de 2 à 3h pour en voir le bout. Reste que même si le divertissement est de courte durée, l’expérience mérite le détour ne serait-ce que le sentiment d’immersion que le jeu parvient à distiller et l’univers plein de charme de Superliminal. On notera au passage que le jeu de Pillow Castle Games est le seul à être parvenu à brillamment reproduire la formule d’un Portal en près de 10 années… 

Superliminal

7.5

Gameplay

7.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.5/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Un concept très séduisant
  • La narration, calquée sur celle de Portal
  • Il faut parfois s'accrocher pour résoudre les énigmes
  • Une excellente immersion

Les - :

  • Pas bien long
  • 19,99€ tout de même
  • Un gameplay globalement trop simple