Amazon pourrait faire l’objet d’une plainte de l’UE pour ses pratiques antitrust

Selon le Wall Street Journal, l’enquête de l’UE initiée il y a deux ans devrait aboutir très prochainement à une plainte à l’encontre de la firme de Jeff Bezos.

Après un an d’examen officieux, l’UE a officialisé en juillet 2019 son enquête sur les pratiques d’Amazon. Une investigation de longue haleine qui cherche à déterminer si Amazon n’abuserait pas de sa position pour concurrencer de manière déloyale les revendeurs indépendants qui utilisent sa marketplace.

La Commission européenne soupçonne en effet que les accords établis entre Amazon et les revendeurs permettent à l’entreprise de Jeff Bezos de récolter des données sensibles sur les achats effectués sur sa plateforme. La « buy box » d’Amazon est également dans le collimateur de l’Union européenne. Avoir cet onglet « Ajouter au panier » sur la page d’un article est crucial pour un revendeur. La majorité des transactions passent par cet onglet. Or, l’apparition de cette fonctionnalité sur les pages de revendeurs tiers pourrait également être liée à la collecte de données sensibles par Amazon.

En collectant des données sur les ventes réalisées par les revendeurs tiers, Amazon chercherait à les concurrencer. Le Wall Street Journal rapportait déjà il y a quelques mois qu’Amazon utilisait ces données pour déterminer les produits qui se vendaient le mieux afin de développer des équivalents Amazon Basics. Un procédé qui enfreint pourtant les propres lois de l’entreprise.

Si la Commission européenne dépose bien une plainte à l’encontre du géant de l’e-commerce, il faudra patienter au moins un an avant de connaitre le verdict de la commission. Si Amazon est reconnu coupable de pratiques antitrust, l’entreprise américaine pourrait être condamnée à une amende pouvant aller jusqu’à 10% de son chiffre d’affaires annuel. La menace est réelle puisque l’Union européenne a déjà infligé à Google une amende de 4,34 milliards d’euros pour avoir transgressé la législation européenne.