Cinq ans après avoir dévoilé les premières images de leur jeu, les Tchèques du studio CBE Software délivrent enfin Someday You’ll Return sur PC, avant une sortie prochaine sur consoles de salon. 

Someday You’ll Return nous fait incarner Daniel, un père à la recherche de sa fille qui s’est enfuie dans une dense forêt tchèque. Une forêt qu’il connait bien puisqu’il y a travaillé en tant que moniteur de camp de vacances. Il s’était pourtant promis de ne plus jamais y retourner pour différentes raisons que le joueur découvrira au fil de sa progression.

Un scénario prétexte qui manque d’originalité, mais surtout de réalisme, un peu à la manière de Blair Witch. Qui partirait seul à la recherche de sa fille durant plusieurs jours et nuits, sans aucun équipement et surtout sans prévenir les autorités ? Même s’il connait les lieux – on l’apprend assez tard en réalité -, l’aventure paraît risquée et l’acte complètement inconscient.

Malgré un scénario plutôt banal et un personnage énervant, le jeu parvient à construire une ambiance qui donne envie de poursuivre l’aventure.

Malgré les événements surnaturels auxquels il assiste, les coins malfamés qu’il arpente, il ne semble pas particulièrement y prêter attention. Il se contente de lâcher une multitude de commentaires qui montrent combien il est contrarié que son adolescente ait fait une fugue. Même lorsqu’un arbre s’abat sans prévenir sur sa voiture, il râle un peu, et retourne à sa quête. Trop souvent, on aurait bien envie de le secouer.

Les événements mystérieux et inquiétants auxquels on assiste ne sont pas traités de façon réaliste. Pareil pour les rares personnages que l’on croise qui semblent totalement zens et tranquilles, perdus au milieu de la forêt. Le jeu joue la carte du surnaturel, mais ses personnages ne semblent pas y prêter attention, et il y a quelque chose de très dérangeant à cela.

Fort heureusement, les Tchèques de CBE Software parviennent tout de même à créer une ambiance malaisante dans cette forêt mystérieuse où se déroulent des choses inexpliquées et angoissantes – à certains moments. D’ailleurs, malgré les défauts de son scénario, on ne peut s’empêcher de continuer le jeu pour tenter de retracer le passé de notre héros, de découvrir les histoires secrètes d’un journal retrouvé, mais surtout comprendre qui est le colosse monstrueux qui hante la forêt.

L’aventure est très contrastée, avec des moments d’horreur, d’exploration et des balades-découvertes dans les bois.

S’apparentant à un survival-horror, Someday You’ll Return prend la forme d’un walking simulator. C’est ainsi qu’on se retrouve à arpenter la forêt tchèque et à explorer divers endroits plus ou moins abandonnés qui permettront d’en savoir plus sur les raisons pour lesquelles Daniel ne voulait plus retourner dans cette forêt.

Au-delà de l’exploration, le jeu repose aussi sur la résolution d’énigmes et la confection d’objets nécessaires pour progresser. Le joueur doit donc collecter toutes sortes d’objets et de ressources et les assembler dans le menu de craft. Il pourra compter sur une ceinture à outils contenant un marteau, pince, couteau, tournevis et un tire-bouchon pour fabriquer une torche avec des morceaux de bois, du tissu, de l’alcool et des allumettes ou un four transportable pour créer de potions. Notre héros peut en effet créer ses propres potions sur le chemin en récoltant différentes plantes et grâce à un livre d’herboriste. La recherche et la collecte de divers objets ne sont pas des tâches particulièrement amusantes…

Smartphone, système de craft, herboristerie, le titre propose de nombreux éléments de gamplay. Ils sont malheureusement sous-exploités.

On notera également la présence d’un smartphone qui sert parfois à communiquer avec l’extérieur, avec l’ex-femme de Daniel surtout, de GPS parfois et de lampe torche à certains moments. L’outil fonctionne plutôt bien. Mention spéciale aux QR codes à collecter sur le chemin qui fonctionnent avec un vrai smartphone. On peut ainsi repérer l’endroit de la forêt où se déroule l’action du jeu sur une vraie carte. il n’empêche que les différents éléments de gameplay sont intéressants, mais sont malheureusement peu ou mal exploités.

De plus, les énigmes proposées sont loin d’être insurmontables. Leur difficulté repose parfois sur le simple fait de trouver les objets. Les quelques défis tels que passer un pont branlant ne sont pas plus excitants. On se lasse assez rapidement.

Someday You’ll Return tente à plusieurs moments de se renouveler dans son gameplay, proposant parfois des séquences d’escalades, par exemple, ce qui est plutôt une bonne chose. Cela reste tout de même assez basique et la quinzaine d’heures que demande le jeu pour être terminé ne présentent en réalité rien de vraiment excitant.

Ajoutez à cela des raccourcis clavier pensés pour un clavier QWERTY impossible à modifier et une réactivité qui laisse à désirer et le jeu vous laissera un goût amer en bouche. Le constat est le même avec une manette Xbox One. Dans ce cas-ci, nous n’avons même pas été en mesure d’avancer avec elle, à cause vraisemblablement d’un problème de configuration. Beaucoup de défauts qui ont du mal à faire passer la pilule du prix du jeu sur PC (29,99 € sur Steam).

Certains panoramas sont particulièrement beaux.

Nous l’avons dit, Someday You’ll Return se démarque par l’ambiance qu’il développe tout au long du jeu. Une ambiance évidemment aidée par son cadre naturel. La forêt est bien modélisée, même si elle manque parfois de textures, de détails et de finition. Quant aux personnages, ces derniers sont plutôt laids et manquent surtout de réactions humaines. Néanmoins, plusieurs plans et panoramiques impressionnent par leur beauté. On notera également que les décors sont riches. Le studio n’a pas lésiné sur les détails ; pierres, arbres, végétations diverses…

Une immersion aidée par l’ambiance sonore qui est tout à fait correcte. La balade en forêt est cadrée par une multitude de bruit et de sons naturels très appréciables. On regrette toutefois là encore les interventions mollassonnes de ce bon vieux Daniel – uniquement disponible en anglais.

Enfin, on ne peut conclure ce test sans évoquer les nombreux bugs présents dans le jeu. Chutes de framerates, apparitions et disparitions succinctes d’éléments dans l’image, commentaires qui se répètent à l’infini si on ne bouge pas, problème d’interaction du personnage avec les décors, on sent très clairement que le jeu manque de finition – ce qui ne fait que confirmer notre impression générale sur ce titre qui avait pourtant un certain potentiel.

Conclusion

Séduisant sur le papier, le survival-horror sur fond de thriller psychologique du studio tchèque CBE Software ne parvient pas totalement à convaincre, la faute en grande partie à son gameplay calqué sur les nombreux walking simulators. Ne vous attendez pas ici à de grosses frayeurs, Someday You’ll Return n’est pas le nouveau Resident Evil. Si son cadre est séduisant – les forêts de la République Tchèque exercent un vrai charme – l’expédition n’est pas des plus passionnantes. Le jeu est souvent très mou et la narration manque cruellement de piquant. En cause? Les réactions surréalistes du héros face aux événements surnaturels. Malgré un cadre intéressant et une ambiance bien maitrisée, Someday You’ll Return manque le coche à cause de ce personnage et de la manière dont sont traités les événements paranormaux. Ajoutez à cela de nombreux bugs, des énigmes peu excitantes, un système de craft lassant et vous comprendrez notre déception. Tout n’est toutefois pas à jeter puisque le jeu regorge d’excellentes idées, comme l’usage intensif du smartphone dans l’aventure. 

Someday You'll Return

5.5

Gameplay

5.0/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

6.0/10

Finition

4.0/10

Les + :

  • L'ambiance générale
  • Des panoramas magnifiques
  • On a envie d'en savoir plus

Les - :

  • Le personnage mollasson de Daniel et ses interventions qui manquent de réalisme
  • Des mécaniques mal/sous-exploitées
  • De trop nombreux bugs
  • Impossibilité de remapper les touches
  • Au final, un walking-simulator de plus...