Attendu au tournant, le nouveau jeu de Ninja Theory (Hellblade) mélange plusieurs genres avec brio sans toutefois vraiment briller, la faute à un contenu vraiment trop limité pour un jeu vendu près d’une trentaine d’euros… 

Nettement moins attendu qu’Ori and the will of the wisps, Bleeding Edge était toutefois parvenu à attirer la curiosité des gamers avec son mélange de genres atypique et son character-design emprunté à Overwatch. Bien qu’il aurait très bien pu être un free-to-play, le nouveau jeu de Ninja Theory est pourtant bien vendu 29,99€. Un tarif élevé pour un jeu au très gros potentiel, qui souffre toutefois d’un contenu rachitique à son lancement…

On ne vous le cachera pas, difficile de le conseiller au prix plein. Il faudra probablement attendre que le contenu du jeu soit enrichi pour passer à la caisse. En attendant, le jeu est disponible au sein de l’offre Gamepass et il n’y aucune raison de s’en priver…

Le casting du jeu est plutôt coloré!

Car comme de très nombreux autres jeux, Bleeding Edge souffre du syndrome du jeu “en construction”. Si au niveau de sa réalisation, le jeu impressionne, son contenu est pour l’heure beaucoup trop léger. On retrouve en effet seulement deux modes de jeux et quatre cartes.

Mais Bleeding Edge, c’est quoi au juste? Un mélange improbable de TPS, beat them all et jeu de combat en arènes, qui se joue exclusivement en ligne. Côté character design et univers, Bleeding Edge tire clairement son inspiration d’un Overwatch. C’est coloré, vivant, et ça rappelle très souvent un cartoon. Globalement, Bleeding Edge s’en sort très bien à ce niveau avec ses décors animés, ses personnages ultra-charismatiques qui se contrôlent tous d’une façon très différente et ses parties au rythme très nerveux.

Côté prise en main, on se situe quelque part entre un Overwatch et un League of Legends. On contrôle son personnage à la troisième personne et on active sans cesse des pouvoirs pour faire apparaître un mur de protection, soigner un allié, lancer un déluge de feu ou se vaporiser. Chaque personnage du jeu dispose de ses propres pouvoirs – tous customisables selon les souhaites du joueur puisqu’il est possible de faire évoluer ses personnages et de déverrouiller de nouvelles capacités.

Le casting du jeu est plutôt riche et tous les personnages présentent un réel intérêt avec des combattants lourds, des soigneurs, et des combattants plus légers qui préféreront s’infiltrer dans le dos de l’adversaire. Chaque personnage a sa propre identité et il faut bien le reconnaître, tous sont très réussis. Difficile de ne pas avoir l’envie de tous les découvrir…

S’il reste léger, le casting du jeu est assez varié pour vous occuper durant une bonne dizaine d’heures.

S’il se joue souvent comme un beat them all, Bleeding Edge est pourtant bien davantage un TPS dans lequel la coopération est primordiale. Deux équipes de quatre joueurs s’affrontent ici dans de courtes sessions de jeu (d’environ 5 minutes), à travers deux modes : un mode domination qui consiste à capturer des points d’intérêt pour faire grimper son compteur de points, et un mode récupération, dans lequel le joueur devra récupérer des cellules d’énergie puis les rapatrier dans un point de collecte si possible sans se faire descendre. Il n’y a pas de deathmatch ni de team deathmatch, ni aucun autre mode de jeu plus original. Si la recette fonctionne plutôt bien et la tension est palpable dans chaque partie, on pourra émettre à l’encontre de Bleeding Edge deux reproches principaux. Tout d’abord, son gameplay est trop basé sur la coopération. Par conséquent, si une équipe n’intègre pas les bons personnages – par exemple, un soigneur, indispensable – la partie se termine souvent par une défaite. Dans Bleeding Edge, le rôle du soigneur est central. Dans le même ordre d’idée, il vaudra mieux de préférence rester à quatre. Les affrontements sont d’une rare violence et dès que la balance a tendance à pencher en faveur d’une des deux parties en particulier, la partie finit vite par être totalement déséquilibrée. Il ne sera pas rare ainsi de terminer un match avec un score de 600-20. Celui-ci sera représentatif d’un manque de coopération au sein de l’une des deux équipes. Mieux vaut donc éviter les boulets et de préférence y jouer avec des amis…

Quant toutes les conditions sont réunies et que les joueurs ont bien appris à coopérer, Bleeding Edge monte un vrai potentiel – celui d’un jeu qui aurait sa place dans l’e-sport aux côtés des plus grands.

Chaque personnage dispose de 3 pouvoirs (personnalisables) et peut activer une super-attaque.

Malheureusement, on en revient encore et toujours au même problème : le manque de diversité au sein du jeu fait qu’on en fait très vite le tour. Pas tant au niveau du casting mais davantage au niveau des modes de jeu et des niveaux.

Vigor, un free-to-play exclusif à la Xbox One lui aussi, avait été lancé avec facilement trois plus de contenu.

On s’en doute, tout cela vient de la volonté de l’éditeur de faire évoluer son jeu à travers le temps. Si les développeurs tiennent leurs promesses et apportent régulièrement du contenu supplémentaire, Bleeding Edge pourrait bien se faire une place aux côtés des plus grands jeux compétitifs dans la sphère de l’e-sport, et qui sait peut-être même séduire le grand public. Tous les éléments d’un très bon jeu sont là : le gameplay est nerveux et terriblement exigeant, graphiquement c’est très joli, le jeu a une véritable identité, el character design est superbe, c’est fun, intense et la personnalisation des personnages est poussée. Bref, il s’agit incontestablement d’une très bonne surprise. Le jeu de Ninja Theory risque toutefois de beaucoup souffrir de l’empressement de l’éditeur à le lancer le plus vite possible…

Conclusion

S’il parvient à séduire dès la première partie avec son gameplay nerveux et exigeant, ses classes de personnages toutes très particulières, et entièrement customisables, et son univers coloré, Bleeding Edge souffre d’un contenu beaucoup trop léger avec seulement 2 modes de jeu et quatre arènes au programme. Inutile de le préciser, il est difficile de justifier l’achat au prix fort (29,99€). Car Bleeding Edge a très clairement l’allure d’un free-to-play qui tenterait d’entrée de jeu de jouer dans la cour des grands. Mélange improbable de TPS et de beat them all qui propose des combats en arènes opposant deux équipes de quatre joueurs, le nouveau jeu de Ninja Theory se révèle assez technique pour se faire une place dans le milieu de l’e-sport. Il faudra toutefois se montrer patient car aujourd’hui, le jeu n’en est encore qu’à ses premiers pas. Son contenu ne demande qu’à s’enrichir. Assez paradoxalement, sur le plan technique, Ninja Theory réalise presqu’un sans fautes, dès le day-one!

Bleeding Edge

6.8

Gameplay

7.5/10

Contenu

4.0/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • Un gameplay nerveux et technique
  • Un concept bien huilé
  • Les personnages, qui ont tous leur style de jeu et sont entièrement personnalisables
  • Visuellement très joli
  • Intégré au Gamepass

Les - :

  • Seulement deux modes de jeu
  • Seulement quatre cartes
  • Beaucoup trop cher à l'achat : 29,99€
  • Certaines parties très déséquilibrées