Nouveau jeu du créateur de la série Assassin’s Creed, Ancestors : The Humankind Odyssey propose de revivre les premiers pas des hominidés dans la jungle africaine. Une expérience de jeu unique qui suscitera autant l’admiration que la frustration et le dédain des joueurs. Explications. 

Depuis qu’il a quitté Ubisoft, Patrice Désilets s’est lancé un nouveau défi avec un nouveau studio baptisé Panache, qui vient de nous livrer son premier jeu : Ancestors : The Humandkind Odyssey.

L’exploration est au coeur de l’aventure.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le créateur d’Assassin’s Creed n’a pas peur de prendre des risques avec un titre au concept totalement atypique qui cible – de par son gameplay – un public très élitiste. Le jeu nous propose d’effectuer un voyage dans le temps, 10 millions d’années dans le passé, pour incarner un jeune primate – l’un de nos ancêtres. Ce retour aux sources de l’humanité est plein de promesses. Le joueur devra en effet ici faire évoluer sa tribu, découvrir de nouveaux outils et survivre aux dangers de la savane.

Ancestors : the Humankind Odyssey est toutefois loin d’être un jeu d’aventure qui s’adresse au grand public. Le Hud est minimaliste, la narration aussi. Le joueur est plongé au coeur de l’action dès les premières minutes de jeu et devra découvrir par lui-même sa destinée. Pas de missions ni de fil conducteur donc pour ce jeu bac-à-sable qui se destine à une audience très élitiste de par sa construction.

Il faudra apprendre à utiliser ses propres outils…

Si l’approche plaira aux joueurs qui aiment expérimenter, de nombreux joueurs seront probablement mal à l’aise avec l’orientation du jeu. Les premières minutes de jeu sont très déstabilisantes et pour être totalement franc avec vous, il faudra au minimum 5 bonnes heures de jeu pour commencer à se sentir à l’aise avec le gameplay de The Humankind Odyssey. D’une part, parce que la plupart du temps, on ne sait pas du tout ce qu’on est censé faire. Ancestors est typiquement le genre de jeu dans lequel on progresse par l’échec, à tâtons. D’autre part, parce que la prise en main du jeu reste complexe. En tout début d’aventure, le joueur devra regagner son camp après avoir récupéré un bébé qui s’est égaré. Problème: aucune indication ne s’affiche à l’écran. Il faudra donc activer l’intelligence du personnage pour identifier le lieu et le mémoriser pour garder un sens des directions. Pas des plus pratiques ni des plus naturels. Le même système de mémorisation est d’application pour tout le reste du jeu. Si l’on comprend la direction qu’a voulu donner le créateur au projet, la prise en main n’est pas du tout naturelle et chaque action paraît vitre très répétitive.

Le monde d’Ancestors est rempli de dangers.

Comme nous l’avons dit plus haut, Ancestors propose une expérience de jeu très immersive principalement axée sur l’exploration. Les éléments narratifs restent donc peu nombreux. La plupart du temps, le joueur sera amené à explorer l’environnement qui l’entoure et à emmagasiner le savoir en analysant de nouveaux objets et en apprenant à les combiner avec des actions. Chaque découverte représente un moment fort du jeu. On regrettera toutefois que le gameplay presque tout entier du jeu repose sur ce principe.

Ancestors : the Humankind Odyssey est également un jeu de survie très riche, dans lequel le joueur devra apprendre à gérer ses besoins naturels mais également à survivre aux dangers de la jungle. Son environnement est impitoyable. La faune qui l’habite est en effet très hostile, des gigantesques pythons aux fauves qui rôdent dans la foret, les créatures qui veulent votre peau sont nombreuses. S’il sera possible d’utiliser des armes pour se défendre, les primates restent globalement très exposés aux dangers de la jungle et le jeu se veut très punitif.

S’il commencera l’aventure dans une jungle luxuriante, le joueur pourra très vite explorer des décors différents.

L’aspect le plus intéressant du jeu reste l’héritage que le joueur pourra transmettre à son espèce. Concrètement, chaque nouvelle découverte entrouvre les portes de nouvelles options pour notre primate. Le joueur devra toutefois veiller à faire se reproduire son espèce et à transmettre le savoir. Pour ce faire, il faudra prendre des risques en se faisant accompagner par sa descendance lors des raids en pleine nature. Pour apprendre, nos descendants devront impérativement visionner les actions étant donné que nos ancêtres étaient incapables d’exprimer concrètement des idées et n’avaient développé aucune forme de langage. L’interface neuronale fera ainsi évoluer le cerveau de vos primates au fil des découvertes. Un système qui s’inspire des arbres à compétences des RPG traditionnels et se révèle globalement plutôt efficace.

Au fil des heures de jeu, le joueur découvrira qu’il est possible de faire un bon dans le temps de 15 ans, qui lui permettra de faire évoluer davantage encore son espèce. Ce voyage dans le temps renouvèlera la génération de primates. Il faudra donc veiller à être bien préparé avant de l’activer.

Sur la durée, Ancestors parvient à séduire, avec un concept totalement unique et une très belle marge de progression. De proie, le joueur se transformera progressivement en prédateur et apprendre à maîtriser son environnement. Il n’agira plus seul mais en équipe. La progression est donc véritablement grisante.

Visuellement, le jeu est malheureusement loin d’être une claque.

Ancestors : the Humankind Odyssey n’en reste pas moins un jeu difficile à appréhender. L’absence de véritable fil conducteur destine le jeu à un public très élitiste. La prise en main très approximative et la gestion complexe de la caméra ne faciliteront pas la tâche des débutants. Sur consoles, Panache a certes intégré quelques tips pour aider le joueur dans sa progression, mais l’approche très libre de l’open-world risque très clairement de déplaire à une très grosse partie des joueurs. Visuellement, le jeu est également très loin des standards actuels, avec son arrière plan flou qui fait office de cache-misère et son manque de détails – particulièrement apparent dans les décors luxuriants. Toutefois, c’est bien la frustration globale que génère le jeu qui devrait repousser la plupart des joueurs : Ancestors n’est clairement pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Les premières heures de jeu sont un véritable calvaire, la mort y est vraiment punitive et la plupart des joueurs se sentiront complètement perdus dans cet open-world pourtant si séduisant. Notons-le d’ailleurs d’entrée de jeu : il est fort probable que vous abandonnerez votre première partie après une petite demi-douzaine d’heures de jeu pour recommencer sans commettre les vilaines erreurs de débutant qui auront causé un joli nœud dans l’évolution de votre espèce…  Malgré ces écueils, Ancestors : the Humankind Odyssey reste une expérience de jeu qui mérite le détour, pour peu que vous accrochiez à son concept.

Conclusion

Le nouveau jeu de Patrice Désilets, le “papa” de la série Assassin’s Creed, ose une approche très différente du jeu d’aventure en nous plaçant à la tête d’une famille d’hominidés à l’aube de l’espèce humaine. Le concept, terriblement séduisant sur le papier, peine toutefois à convaincre dans la pratique. Patrice Desilets et son équipe ont appliqué à la lettre le concept du jeu bac-à-sable, laissant le joueur expérimenter avec son monde. Le joueur est donc livré à son propre sort et devra constamment expérimenter pour découvrir l’incroyable champ de possibilités à sa disposition. Si certains y passeront des nuits blanches, Ancestors n’est de par son orientation très clairement pas un jeu facile à dompter. Il devrait à ce titre énormément diviser les joueurs. Mieux vaut donc l’essayer avant de se lancer, sous peine d’abandonner la partie sous une trop grosse dose de frustration. 

Ancestors

6.1

Gameplay

5.5/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

6.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Un concept très séduisant sur le papier
  • La découverte constante
  • De très bonnes idées dans le gameplay

Les - :

  • Techniquement très moyen
  • L'absence totale d'encadrement du joueur
  • Une prise en main très raide et très approximative
  • Très vite rebutant
  • Trop punitif envers les joueurs trop téméraires