Selon plusieurs spécialistes, il serait irréaliste d’imaginer qu’une ville belge accueille un réseau 5G dans le courant 2020.

Un objectif qui avait pourtant été mis au calendrier en 2016 par les institutions européennes pour l’ensemble des États membres. Une première étape qui devait se poursuivre sur 5 ans afin d’offrir la 5G dans la plupart des grandes villes européennes. Mais il semblerait que la Belgique ait pris pas mal de retard concernant le déploiement de la 5G. La première étape du déploiement de ce nouveau standard de télécommunication ne devrait pas être atteinte dans les temps et ce retard pourrait empirer.

C’est en tout cas le discours qu’ont tenu les experts du secteur, notamment l’IBPT, l’Institut Belge des services postaux et des télécommunications, la FEB et le centre d’expertise Agoria lors d’une commission Économie organisée à la Chambre.

« De manière réaliste, on peut déjà dire que 2020 se fera sans la 5G en Belgique », a lancé Michel Van Bellinghen, le président de l’IBPT, nous rapportent nos collègues de L’Echo. « Il ne sera peut-être même pas encore question de mise aux enchères l’année prochaine si les choses n’avancent pas rapidement. C’est un processus qui prend du temps à mettre en place », a-t-il poursuivi, ne laissant aucun doute sur le fait que la Belgique n’accueillera pas la 5G en 2020.

Des conséquences économiques

Avant même de lancer le déploiement du nouveau réseau, une mise aux enchères des fréquences doit être organisée. Et comme l’a précisé le président de l’IBPT, cela est tout bonnement impossible à organiser étant donné que la Belgique ne dispose pas de gouvernement à l’heure actuelle pour structurer l’appel d’offres.

Pour la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), ce retard pourrait avoir un impact sur l’économie belge. Le déploiement de la 5G dans le pays permettrait de créer 36.000 emplois et offrirait des retombées de près de 3 milliards d’euros à la Belgique. « Nous sommes désormais 9e au classement européen sur la digitalisation des pays membres », a précisé Raf Van Bulck, conseiller adjoint à la FEB. « Les deux pays qui nous ont dépassés sont plus avancés que la Belgique sur la question de la 5G et onze membres de l’Europe ont déjà un plan d’action concernant la 5G », s’inquiète-t-il.

Un problème qui n’est pas seulement fédéral

Mais le retard n’est pas seulement dû à la situation du fédéral puisque le lancement de la 5G est aussi lié à une réévaluation à la hausse des normes des ondes électromagnétiques émises par les antennes. Or, cela est une compétence qui est gérée au niveau des Régions. Et pour ne rien arranger, chaque Région applique des normes différentes, supérieures aux recommandations de l’OMS.

Pourtant, à l’heure actuelle, il n’existe toujours pas de consensus permettant d’assurer un lien entre les ondes électromagnétiques émises par les antennes de télécommunications et de potentiels effets néfastes sur la santé. Malgré cela, les Régions continuent d’appliquer des normes supérieures à celles recommandées par l’OMS. « Aujourd’hui, les restrictions actuelles ne permettent tout simplement pas d’implanter la technologie », a souligné le responsable du régulateur. Objectif 2020 : impossible.

La Belgique stagne

Le retard de la Belgique continue de se creuser par rapport aux autres États membres de l’Union européenne. La Suisse et l’Espagne se sont déjà lancées dans le processus de ventes aux enchères, pareil pour l’Italie et l’Allemagne. Chez nos voisins français, l’appel d’offres vient d’être lancé et devrait aboutir pour le printemps 2020. Et du côté des Pays-Bas aussi, le processus de vente aux enchères a débuté au début du mois de décembre.

Difficile de donner une date à laquelle la Belgique comptera sa première ville dotée d’un réseau 5G. Cela pourrait prendre au moins une année.