Annoncé en 2014, Children of Morta débarque enfin sur PC et sur consoles. Il aura fallu 5 ans de développement au studio Dead Mage pour donner naissance à cet action-RPG, héritier de Diablo. Après une si longue attente, une question de pose : le jeu en vaut-il la chandelle ?

Corruption du mont Morta

La maison des Bergson sert de hub.

Children of Morta nous plonge au cœur d’un univers heroic-fantasy où la famille Bergson est en charge de protéger les terres sacrées du mont Morta. Une tâche qui se voit perturbée par une vague de corruption qui s’étend sur toute la montagne.

Face à la montée en puissance des monstres et de la corruption, la famille Bergson n’a pas le choix de partir au combat. Chacun à leur tour, les membres de la famille Bergson vont se charger de repousser et anéantir les forces du mal. On débute l’aventure avec le patriarche, John, mais on est rapidement rejoint dans l’aventure par l’ainée de la famille, Linda. Chacun des membres dispose de ses propres spécialités de combat et compétences, mais on y reviendra.

Le titre de Dead Mage nous livre un scénario relativement simple à première vue. Il faudra progresser dans l’aventure pour en découvrir davantage sur l’histoire et le mal dont souffre le mont Morta.

Un action-PRG classique, mais efficace

Les ennemis sont nombreux dans les donjons.

L’aventure de Children of Morta débute sur une petite séquence en conditions « réelles » dans laquelle le joueur pourra assimiler les différents mécanismes ; coup horizontal, déplacement, défense, attaques spéciales avec délai de récupération, endurance, etc. Les commandes de Children of Morta se révèlent assez classiques, sans pour autant manquer d’intérêt.

Reprenant plusieurs aspects des action-RPG, le titre offre la possibilité de renforcer ses personnages. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de cumuler de l’expérience en massacrant des ennemis. Cela aura pour effet de faire grimper le niveau des personnages et de débloquer des nouvelles compétences et pouvoirs grâce à des points de compétences. Si Children of Morta ne se distingue pas par ses mécanismes de gameplay plutôt classiques, le jeu les exploite avec justesse et offre un certain dynamisme à l’aventure grâce à la présence de combos, bonus de « rage » et autres pouvoirs temporaires trouvés en chemin.

Le titre de Dead Mage reste également très classique dans ses objectifs puisque l’aventure de Children of Morta consistera en l’exploration de niveaux de donjons en vue d’anéantir le boss de chacun d’entre eux.

Le joueur pourra débloquer des compétences de ses personnages lorsqu’ils montent de niveau.

Une tâche qui ne sera pas des plus aisées étant donné le nombre important de monstres qui pullulent dans les donjons. À la manière d’un Diablo, on se retrouve à errer dans les dédales des cavernes générés procéduralement, à massacrer les monstres sur notre passage et à récolter les divers trésors et bonus éparpillés sur la carte.

Pour faire face au nombre important d’ennemis, le joueur devra se montrer stratège. Attaquer, reculer, avancer, frapper et repartir seront des étapes à suivre pour éviter de mourir et de perdre toute progression dans le donjon.

En effet, largement inspiré des rogue-like, le titre de Dead Mage se veut également fort punitif. Ainsi, chaque mort ramènera notre héros à la case départ, toute progression sera perdue et les cadavres des ennemis reprendront vie. Le titre est tout de même moins punitif que le rogue-like classique puisque le joueur conserve tout de même les objets qu’il a pu collecter durant son exploration.

Les donjons sont générés de manière aléatoire.

Heureusement, le joueur pourra compter sur des loots de bonus qui lui permettront tantôt de se déplacer plus rapidement, tantôt de se régénérer à la sortie d’un niveau, ou enfin de profiter de bonus d’attaques. À certains moments, notre héros pourra même être aidé par un membre de sa famille ou par un « familier », une sorte de drone qui l’aidera dans ses combats. Des bonus bienvenus qui viennent dynamiser les phases de massacres.

Afin de pallier la frustration des nombreuses morts, le studio a trouvé la parade puisque chaque trépas sera l’occasion pour le joueur de retourner à la maison des Bergson, sorte de hub, et de découvrir un nouveau pan de l’histoire de la famille Bergson et du mont Morta. Ces cut-scenes seront parfois anecdotiques et parfois beaucoup plus importantes pour l’histoire du jeu. Les joueurs les plus doués profiteront également de ces cut-scènes, mais elles interviendront en fin de périple.

Au fil de la progression, on remarque que le jeu propose une vraie histoire qui offre une vraie substance au titre de Dead Mage.

Une famille de combattants

Les membres de la famille Bergson se débloquent en progressant dans l’histoire et non dans le jeu.

Children of Morta propose d’incarner 6 membres de la famille Bergson. Chacun incarne un archétype du hack-and-slash et donc, de sa spécialisation de combat. On se retrouve ainsi avec le père John qui maîtrise l’épée et le bouclier, Linda et son arc à flèche, Kevin et ses dagues, Mark le moine, Lucy la pyromancienne et Joey la brute.

Une fois qu’ils sont débloqués, le joueur peut choisir n’importe quel personnage pour explorer les donjons. Son choix sera évidemment influencé par la manière de combattre des personnages ; si John et Joey sont plus frontaux, Lucy et Linda attaquent plutôt à distance.

Enfin, si chaque personne dispose de son propre arbre de compétences qui s’enrichit au fur et à mesure qu’il monte de niveau, la famille Bergson partage également un arbre de statistiques. Durant son périple, le joueur pourra récolter des pièces d’or qui lui permettront d’améliorer les statistiques de toute la famille ; vitalité, endurance, force, dextérité, etc. depuis la maison familiale.

Une ambiance sonore efficace

À plusieurs reprises, le jeu laisse le temps aux joueurs de contempler les décors.

Adoptant l’esthétique pixel art, Children of Morta n’en reste pas moins un jeu vidéo très beau. Avec ses couleurs diverses et variées, de nombreux détails dans la maison des Bergson, on se laisse aller à la contemplation. Le jeu nous y pousse à plusieurs reprises durant notre exploration et c’est avec plaisir qu’on se laisse faire.

La propriété des Bergson est effectivement très riche en détails, en décors et en couleurs. Étonnement, les donjons et environnements le sont tout autant. Les couloirs des souterrains sont jonchés d’amas de pierres, de colonnes, de statues en ruines, de squelettes, et autres bocaux en terre cuite. Si les décors sont variés, le bestiaire l’est beaucoup moins. Il faudra patienter plusieurs heures pour découvrir de nouveaux ennemis.

Malgré l’esthétique pixel art, les animations ont reçu un travail minutieux. Les déplacements des personnages, les mouvements de « vie » et leurs attaques sont dynamiques, de même que pour les ennemis.

Enfin, l’univers de Children of Morta n’est pas seulement réussi grâce au décor et à la vie insufflée aux personnages, l’ambiance sonore y est également pour beaucoup. On se laisse facilement transporter dans cet univers héroïc-fantasy grâce aux musiques médiévales, fantastiques et mystérieuses, mais aussi grâce aux bruitages. La voix y est également pour beaucoup. Exclusivement en anglais, la voix off apporte un vrai plus au titre. Elle aide largement à l’immersion dans cet univers.

Conclusion

Il aura fallu se montrer patient pour jouer à Children of Morta. Ce rogue-lite à la sauce Diablo nous offre tout de même une aventure savamment pensée où le scénario s’intègre parfaitement dans l’aventure. Avec des morts punitives, le joueur doit se montrer stratège pour arriver à parcourir les différents donjons. Un univers joli et dynamique qui flatte les rétines autant que les tympans. On regrette cependant la répétitivité du gameplay qui est due en grande partie au genre duquel le jeu s’inspire. La mort dans Children of Morta est toutefois moins punitive que dans les autres jeux du même genre puisque le joueur récupérera tout son matos, si difficillement acquis.

Children of Morta

7

Gameplay

7.5/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Un rogue-lite équilibré
  • Un vrai scénario bien intégré
  • 6 types de personnages jouables
  • Une ambiance soignée
  • Une jolie durée de vie

Les - :

  • Répétitif par nature
  • Manque de lisibilité durant les combats
  • Ca manque un peu de précision
  • Graphiquement, les visuels auraient pu être plus fins