Bloober Team, développeur polonais déjà derrière les flippants Layers of Fear, remet sur le devant de la scène l’inquiétante mythologie de Blair Witch par le biais d’une expérience vidéoludique plutôt fidèle aux fondamentaux, à vivre exclusivement sur Xbox One et PC.

Le jeu se déroule deux ans après les évènements du film Le Projet Blair Witch qui illustrait sous la forme du found footage la disparition de jeunes étudiants en cinéma dans la forêt maudite de Black Hills (où sévirait une sorcière), située dans le Maryland.

Cette fois, un ancien flic au passé trouble répondant au nom de Ellis s’aventure dans la forêt pour participer aux recherches d’un jeune garçon qui vient à son tour de disparaître. Accompagné de son chien Bullet, l’homme va vivre une véritable descente aux enfers, devant composer avec une forêt mettant à mal son sens de l’orientation et matérialisant des dangers reflétant ses propres peurs.

Du Blair Witch pur jus

Thématiquement et visuellement, le jeu fait honneur à la mythologie instaurée dans le film de 1999 (avec aussi des éléments du film de 2016) tout en y ajoutant les traumas de son héros principal, ancien flic et soldat rongé par la culpabilité dont la vie de couple est de surcroît menacée.

Le scénario ne fait pas véritablement dans l’originalité et l’on en comprend rapidement les tenants et aboutissants. Le final assez poussif qui s’étire de façon un peu trop insistante n’apportera pas véritablement de nuances à l’ensemble, mais force est de constater que les différents gimmicks appartenant à l’univers de Blair Witch (les symboles composés de branches, le caméscope, l’aspect found footage, les victimes « au coin ») sont plutôt bien intégrés. D’un point de vue esthétique, les environnements sont soignés et les graphismes rendent justice aux célèbres bois maudits avec notamment de belles variations de lumière.

A boy and his dog

Le jeu se présente sous la forme d’un jeu narratif à la première personne au gameplay ramassé. L’exploration est en effet très scriptée et, malgré quelques moments où l’orientation du joueur est mise à l’épreuve (vous allez souvent vous perdre, c’est voulu), l’ensemble se traverse de manière un peu trop dirigiste, en réalisant régulièrement des actions bien précises pour débloquer la suite des évènements.

Pour vous aider dans cette tâche et faire un peu varier le gameplay, les développeurs ont heureusement eu la bonne idée d’inclure un chien et une caméra. Le premier, notamment via une roue d’action, vous aide à chercher des indices ou à renifler un objet pour trouver une piste. Il réagit également de manière autonome, vous avertissant en cas de danger. Un véritable compagnon que l’on peut féliciter ou réprimander (ce qui influence son comportement), et qui s’avère la plupart du temps bien utile pour survivre et se remettre dans le droit chemin.

Les mécanismes du found footage

Régulièrement, Ellis est également invité à répondre au téléphone ou au talkie-walkie pour se reconnecter avec la réalité (le shérif et sa petite-amie), obtenir des informations pour progresser et même recevoir des messages pour le moins perturbants en provenance d’netités inconnues. Petit détail qui tue (le temps) : le téléphone portable, d’époque, contient même deux mini-jeux dont une version du classique « Snake ». Battrez-vous le record ?

Mais l’élément le plus intéressant provient du caméscope qui permet notamment de visionner des cassettes glanées au fil de l’enquête, qui peuvent altérer l’environnement qui vous entoure. Ainsi, en rembobinant ou en faisant pause au bon moment, une porte peu s’ouvrir ou un élément peu apparaître dans le décor. Astucieux. Plus tard, le caméscope servira également à s’orienter en suivant des pistes invisibles à l’œil nu et à éviter de croiser le chemin de créatures mortelles. Une très bonne idée pour agrémenter un final très immersif et nettement plus angoissant que tout ce qui précède.

Une enquête qui tourne en rond

Car tout ce qui précède les dernières minutes de jeu (en gros la dernière heure sur 6 heures maximum de durée de vie) n’est pas véritablement effrayant pour les personnes coutumières des jeux d’horreur. Hormis les quelques assauts d’entités sous forme d’ombres à repousser à l’aide de la lampe torche, le jeu ne contient aucun combat et est très pauvre en action.

L’atmosphère est certes pesante et le sound design participe grandement au caractère anxiogène du titre (le port du casque est vivement conseillé) mais l’omniprésence de boucles et la répétitivité des environnements prend rapidement le pas sur l’angoisse, avec pour résultat une certaine lassitude voire un véritable agacement lorsque l’on a tourné une dizaine de fois en rond sans trouver le sentier que l’on devait prendre. Blair Witch en joue parfois volontairement dans certains passages qui testent la persévérance du joueur, mais in fine cela ne marche que partiellement.

Les chutes de framerate et la présence de bugs réguliers n’aident pas non plus véritablement, puisque l’on a été obligé de relancer plus d’une fois une sauvegarde précédente pour cause de personnage bloqué ou d’évènement ne s’étant pas déclenché (notre test a été effectué sur Xbox One). A noter que le jeu propose diverses fins qui diffèrent en fonction des actions effectuées et des objets collectés, mais pas sûr que l’on ait vraiment envie d’y retourner compte-tenu des problèmes cités plus haut.

Conclusion

Blair Witch est davantage une plongée dans la folie de son héros plutôt qu’un train fantôme horrifique qui vous fera sursauter. Passé une première partie calme et monotone, les choses commencent à s’emballer jusqu’à un final enfin très prenant quoiqu’un peu trop poussif. L’impression générale d’avoir tourné en rond 5-6 heures durant se fait grandement ressentir et l’on en retient au final qu’un sound design soigné et des mécaniques de gameplay liées au caméscope assez bien exploitées. Inclus dans le Xbox Game Pass, Blair Witch mérite toutefois le détour, en particulier pour les fans du tout premier film, auquel il rend finalement très bien hommage. 

Blair Witch

6.6

Gameplay

6.0/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Une suite qui fait honneur au film original
  • Le sound design très immersif
  • Les mécaniques de gameplay impliquant le chien et le caméscope

Les - :

  • Pas si effrayant que cela dans l’ensemble
  • Scénario banal et poussif
  • Beaucoup trop dirigiste
  • Des environnements répétitifs
  • Nombreux bugs et chutes de framerate