La fermeture imminente de la section eBooks du Microsoft Store relance le débat sur des mesures techniques de protection des livres numériques (DRM). Sont-elles une solution idéale pour protéger les œuvres sur la toile ou plutôt une restriction de la liberté des consommateurs ? Une question légitime étant donné l’actualité.

L’objectif premier de ces Digital Rights Management est de contrôler et de protéger l’utilisation des œuvres dématérialisées, qu’il s’agisse d’un livre numérique, d’un logiciel, d’un DVD ou d’un album musical. Ces mesures diverses et variées ont été développées pour endiguer la prolifération de copies illégales d’œuvres protégées.

Dans la pratique, lorsqu’un internaute achète une musique ou un eBook, son utilisation est limitée par les mesures déterminées par les ayants droit. Pour en profiter, l’utilisateur devra utiliser le logiciel ou la plateforme imposée par les ayants droit. À aucun moment, l’acheteur ne possède numériquement l’œuvre sur son ordinateur. Cela permet d’éviter la prolifération et le partage de copies des œuvres protégées.

Une protection que l’on peut aisément comprendre, mais qui entraîne tout de même de nombreux contraintes et inconvénients.

Les inconvénients des DRM

En ayant recours à ces protections, la responsabilité de la consultation des musiques, livres et autres revient à ceux qui les vendent et les hébergent. Ainsi, s’ils viennent à disparaitre, les fichiers achetés seront aussi amenés à se volatiliser.

Dans le cas de Microsoft Store, une fois un eBook acheté, celui-ci ne pouvait être lu que sur la page dédiée du navigateur Edge. Mais avec la suppression de la section livres de la boutique en ligne, l’ensemble des eBooks achetés et loués seront définitivement supprimés. Étant donné que les acheteurs ne possèdent pas de version numérique des livres – puisqu’ils sont uniquement consultables en ligne -, ils n’ont aucun moyen de les conserver après la fin de la section par Microsoft. Heureusement, Microsoft prévoit de rembourser les livres à ses clients.

Les eBooks achetés sur Amazon reposent sur le même principe. Si Amazon venait à disparaitre, les eBooks disparaitraient également. C’est également le cas pour les musiques, films et compagnies achetés sur iTunes.

Au-delà de l’éventuelle disparition des plateformes, le fait qu’un consommateur ne puisse pas profiter de ses achats comme il le souhaite – dans les limites du cadre légal – est une contrainte souvent critiquée que ça soit par les consommateurs ou les auteurs opposés à ces mesures techniques de protection. Selon certains, les DRM pousseraient même les consommateurs à se tourner vers des solutions illégales pour lire un livre ou écouter de la musique où et quand ils le souhaitent.

« Seuls les consommateurs légaux qui paient le prix souffrent des restrictions techniques. Les utilisateurs illicites ne sont pas affectés parce que les contenus piratés n’ont pas de DRM. […] Dans de nombreux cas, les restrictions empêchent les utilisateurs légitimes de faire des choses aussi naturelles que la sauvegarde de leur musique », indiquait déjà en 2011 le rapport d’une étude à ce sujet publié dans la revue Marketing Science repris sur Torrentfreak. « À cause de ces inconvénients, certains utilisateurs optent pour le piratage », poursuit le rapport.

Des alternatives aux DRM actuels ont déjà été envisagées, celles-ci assureront la protection des œuvres tout en permettant une plus grande liberté – légale – d’utilisation de celles-ci par les consommateurs. Mais pour l’instant, les ayants droit, fournisseurs et hébergeurs semblent se satisfaire des DRM.  les restrictions des DRM semblent privilégiées.