Le nombre de trottinettes électriques ne cesse d’augmenter à Paris. Les estimations parlent de quelque 40.000 engins d’ici la fin 2019. Une situation qui pourrait devenir incontrôlable pour Anne Hidalgo qui rappelle qu’elle peut les interdire à tout moment.

La trottinette électrique est devenue en quelques mois la star de la « slow mobility » dans toutes les grandes villes d’Europe. Une bonne nouvelle pour l’environnement, moins pour la mobilité dans Paris qui est déjà très congestionnée. Pour le moment, peu de rues sont adaptées à ce nouveau véhicule vert. Situation que l’on retrouve partout en Europe, et notamment chez nous, à Bruxelles.

« Nous sommes autour de 15.000 trottinettes. Mais si nous suivons les courbes de croissance, nous pourrions aller jusqu’à 30.000, voire 40.000 véhicules dans quelques mois », a déclaré Jean-Louis Missika, en charge de l’urbanisme à Paris, dans un point presse organisé le 13 mai. Dans un premier temps, les responsables parisiens misent sur l’autorégulation. Mais si celle-ci échoue, il est envisagé d’interdire provisoirement ce service de trottinettes partagées, et ce, jusqu’à ce qu’une loi sur les mobilités soit adoptée.

Sans réglementation, l’usage de ces véhicules écologiques peut s’avérer extrêmement dangereux. En début de semaine, nous apprenions d’ailleurs le premier décès en Belgique d’un utilisateur de trottinettes électriques. Une situation qui pourrait très bien arriver à Paris et que la maire veut à tout prix éviter.

Un code de la route à l’heure de la trottinette

Dans le projet de loi qui est actuellement sur la table, il est notamment question d’une modification du code de la route. Celui-ci inclurait enfin les trottinettes électriques qui auraient alors les mêmes règles que les vélos, électriques ou non. Actuellement, les engins sont considérés comme des piétons, à l’instar d’autres moyens de déplacement comme l’hoverboard et le monoroue, par exemple.

En Belgique, le cas de ces véhicules a déjà été tranché par le code de la route. Ceux-ci sont classés dans les « engins de déplacement motorisés », les utilisateurs ne peuvent donc pas dépasser les 18km/h (à quelques exceptions près, comme dans une descente, par exemple). Et du fait de cette catégorisation, selon le code, les trottinettes doivent privilégier les pistes cyclables. Toutes les rues n’en sont pourtant pas pourvues. Dans ces cas-là, il est conseillé de rouler soit à même la chaussée, où circulent les voitures, soit sur le trottoir, mais en limitant sa vitesse à 5km/h. Un règlement qui n’est pas toujours suivi à la lettre par les usagers.

Pour l’instant, chaque ville de France a le droit de faire retirer les trottinettes électriques qui envahissent la ville, parfois de manière assez sauvage. Dans la capitale, il a été par exemple décidé d’interdire le stationnement sur les trottoirs sous peine d’amende.

En mars 2019, la mairie de Paris a signé une « charte de bonne conduite » concernant ces trottinettes électriques en libre-service. Le but est bien sûr de réglementer au mieux ces engins pour favoriser l’usage de véhicules non polluants. Si c’est un beau projet, il demeure toutefois une inconnue : les sociétés de location. Elles sont au nombre de 10 dans la capital et il reste à savoir si elles respecteront toutes les règles de la mairie.

par Sarah Moran Garcia