Au Mobile World Congress de Barcelone, Satya Nadella, l’actuel PDG de Microsoft, a réitéré sa volonté d’honorer ses engagements à l’égard de l’armée américaine en fournissant du matériel à usage militaire.

Il y a quelques semaines de cela, quelques employés de Microsoft avaient fait part de leur colère dans les médias, en condamnant un accord entre Microsoft et l’Armée américaine, à qui le géant informatique fournira des casques de réalité mixte qui serviront sur le champ de bataille. Microsoft se serait engagé à fournir des casques Hololens à usage militaire au gouvernement américain. Le contrat avoisinerait le demi-milliard de dollars.

Selon Microsoft, ces casques seront utilisés pour améliorer l’efficacité et la mobilité des troupes sur le terrain. Le géant informatique insiste toutefois : il ne s’agit pas de matériel léthal.

Lors du Mobile World Congress, Satya Nadella, l’actuel patron de l’entreprise, a déclaré que Microsoft tiendrait ses engagements avec le gouvernement américain, malgré la polémique qui entoure cet accord.

Pour la première fois depuis sa nomination, le PDG du groupe a tenu un discours politique, qui inquiète déjà les analystes.

« Nous avons pris la décision que nous n’empêcherons pas des institutions élues dans des pays démocratiques d’utiliser nos technologies » explique le PDG du groupe. Selon lui, ces institutions ont pour rôle de « protéger nos libertés ». « Nous avons été très transparents au sujet de cette décision et nous continuerons à dialoguer avec nos employés sur le sujet » assure Satya Nadella.

Selon lui, Microsoft adopte, par cette politique, une position responsable à l’égard de la démocratie et des citoyens.

Il y a quelques mois, une polémique similaire avait émergé chez Google. Des employés de l’entreprise étaient parvenus à empêcher la signature d’un accord entre le géant du web et le gouvernement américain.

Politisé, le discours de Satya Nadella laisse toutefois de nombreuses zones d’ombre sur la politique du groupe. Le président de Microsoft évoque en effet une collaboration avec les institutions démocratiques, sans pour autant préciser si la Chine ou la Russie sont considérées comme des démocraties. Les élus de ces deux nations sont techniquement considérés comme élus de façon démocratique. Google s’était toutefois attiré les foudres du gouvernement américain en développant un navigateur censurant une partie du contenu en ligne pour le compte du gouvernement chinois.

On notera par ailleurs que le gouvernement américain est déjà l’un des plus gros clients de Microsoft, l’administration de tout le pays travaillant sur des ordinateurs sous Windows…