Avec ses millions de vidéos, YouTube permet aux internautes de s’informer – correctement ou non – sur des sujets vastes et variés. C’est d’ailleurs ce point-ci qu’une chercheuse met en lumière, YouTube aide – malgré lui – à propager les idées de la théorie d’une Terre plate.

Nombreuses sont les théories du complot qui circulent sur Internet, mais la popularisation des plateformes de vidéos a également permis de partager des idées farfelues via ce média. Bien qu’on sache depuis longtemps que la Terre est ronde, l’idée selon laquelle celle-ci serait en réalité plate gagne en popularité depuis quelque temps. Une propagation qui n’est pas étrangère aux réseaux sociaux, blogs et autres vidéos.

D’ailleurs, une chercheuse s’est penchée sur ce phénomène et a démontré que YouTube était un outil très bénéfique pour les théories des « flat earthers », adeptes d’une vision de la Terre plate. Professeure spécialisée en communication de la science à l’Université Texas Tech, Asheley Landrum a mené l’enquête pour savoir si les vidéos pro-Terre plate avaient un impact significatif sur ceux qui les visionnaient.

Pour ce faire, elle expliqué au journal The Guardian qu’elle a interrogé un échantillon de 30 personnes sur le sujet. Sur ces 30 personnes, 29 sont persuadées que notre planète est réellement plate. Un chiffre impressionnant que la chercheuse explique par le fait que ces individus ont tous regardé la vidéo pro-Terre plate « 200 preuves que la Terre n’est pas une boule qui tourne ». Les arguments présentés dans la vidéo ont réussi à les convaincre.

Quant à la dernière personne qui ne partage pas cette opinion, celle-ci a déclaré ne pas avoir regardé cette vidéo ni aucune autre de ce type. En revanche, plusieurs membres de sa famille l’ont fait et partagent l’opinion des « Flat Earthers ».

Des vidéos de désinformation par milliers

La vidéo en question n’est pas un cas unique. Il existe des centaines de vidéos sur le sujet et des milliers qui abordent des thématiques scientifiques. Malheureusement, ces vidéos ne relèvent pas toutes d’une méthodologie scientifique et n’ont pas forcément vocation à présenter les faits. En effet, elles peuvent contenir de fausses informations, volontairement ou non, et servir une cause conspirationniste.

L’étude de la chercheuse met justement en lumière que ce genre de vidéos YouTube arrive à convaincre les personnes les plus influençables. D’autant qu’avec l’algorithme de YouTube, regarder une seule vidéo de ce genre nous expose à des propositions d’autres vidéos allant dans ce sens. D’autant que certaines de ces productions audiovisuelles sont réalisées avec beaucoup de minuties et ont de quoi convaincre, reprenant parfois les caractéristiques de vrais reportages journalistiques ou scientifiques et citant de nombreuses sources.

Évidemment, la chercheuse ne pointe pas la responsabilité de YouTube ici. La plateforme n’est pas responsable de ces vidéos, même si on pourrait lui reprocher de favoriser la propagation de fake news.

Pour la chercheuse, la réaction à adopter face à la popularité de ce genre de vidéos non scientifiques et dangereuses est justement de proposer des vidéos informatives scientifiques qui apportent des preuves contre ces théories du complot. Une stratégie qui laisse tout de même perplexe. Elle aimerait également que YouTube propose davantage des vidéos issues de chaines reconnues scientifiques plutôt que conspirationnistes via son algorithme et suggestion de vidéos.