Une nouvelle adaptation d’un célèbre manga a débarqué récemment sur nos écrans par le biais de Nicky Larson et le parfum de Cupidon de Philippe Lacheau. Une proposition à la française, donc, de ce détective privé dont l’image a souvent été écornée au fil des versions…

Une série animée plus prude que le manga original

City Hunter

Intitulée Nicky Larson par chez nous, la série animée diffusée initialement au sein du Club Dorothée au tout début des années 1990 est restée dans les mémoires de plus d’un trentenaire nostalgique. Pourtant, cette adaptation du manga City Hunter de Tsukasa Hōjō est une version beaucoup plus sage que l’œuvre originale. Même si elle en reprend l’intrigue et les personnages principaux, ses aspects les plus perturbants et crus ont été modifiés.

Outre certains éléments liés au cartel de la drogue dans le manga, c’est surtout son aspect frivole, qui sert véritablement de base aux ressorts humoristiques du manga, qui a été adouci. On trouve par exemple dans ce dernier de nombreuses cases qui s’attardent sur l’entrejambe de Ryo Saeba (le nom japonais de Nicky Larson), montrant son érection lorsqu’il est en présence de la gent féminine. Y apparaît l’onomatopée japonaise « Mokkori », qui exprime cette action, et qui a d’ailleurs été popularisée par le biais de City Hunter, Saeba allant même jusqu’à désigner certaines de ses séduisantes clientes par le terme de « Miss Mokkori ».

Des dialogues censurés dans la version française

Nicky Larson

Déjà bien édulcorée à la base, la série animée Nicky Larson a subi de nombreuses censures lors de sa retranscription en version française. Outre la suppression du sang, ce sont surtout les dialogues qui ont été revus.

Ainsi, Nicky Larson n’invite plus les filles dans des love hotels mais dans des restaurants végétariens (sic) et les méchants ne veulent pas le tuer mais lui « faire bobo » (re-sic). La version française accentue ainsi l’aspect comique des situations ainsi que le stéréotype du méchant, bien moins menaçant en VF qu’en VO. Pour ne pas perturber le jeune public, de nombreuses scènes où Kaori (Laura) se déguise en homme ont également été minimisées, voire masquées.

La mort de Laura

Nicky Larson Laura

Aux débuts des années 2000, l’univers de City Hunter est décliné dans le manga Angel Heart, qui n’est pas une suite mais une histoire parallèle, avec toujours Nicky Larson pour héros. Dans ce seinen toujours dessiné par Tsukasa Hōjō, Laura est sur le point d’épouser Nicky lorsqu’elle meurt en tentant de sauver un enfant sur le point de se faire renverser par un camion. Son cœur est alors volé et transplanté dans le corps d’une jeune tueuse à gages de 14 ans qui va hériter de ses souvenirs, et notamment de ses sentiments envers Nicky…

La série animée n’a pas vraiment de fin

Malgré ses 140 épisodes, la version série animée de City Hunter n’apporte pas vraiment de conclusion aux aventures du détective. Contrairement à l’histoire alternative d’Angel Heart, Nicky et Laura ne vivent pas – durant un temps – le parfait amour. Pourtant, lors d’un épisode Nicky dévoile ses sentiments à sa coéquipière, mais celle-ci était à ce moment-là sous hypnose. Lorsqu’elle reprend ses esprits, la jeune femme ne se souvient de rien ou, en tout cas, le fait croire.

Dans l’œuvre originale, Nicky avoue également son amour à Laura, mais tous deux décident de rester amis afin de conserver leur efficacité en tant que détectives.

Un seul doubleur pour tous les méchants

Les trentenaires francophones gardent forcément un souvenir de la voix nasillarde très caractéristique qu’avaient la plupart des méchants dans Nicky Larson. En effet, ils donnaient l’impression d’avoir tous le même timbre de voix. Une impression fondée puisque c’était effectivement le même acteur qui doublait tous les ennemis du détective en modulant plus ou moins sa voix.

Tantôt nasillard, tantôt beaucoup trop grave, le doubleur se laissait aller à quelques mimiques vocales et commentaires absurdes qui rendaient les méchants beaucoup moins menaçants que ce qu’ils paraissent dans les mangas.

Le comédien derrière cette voix n’est autre que Maurice Sarfati. Décédé en 2013 à l’âge de 83 ans, l’homme avait également doublé Robert de Niro dans Taxi Driver et dans Raging Bull, ainsi que Tony « Danza » Micelli dans Madame est servie.