Après avoir fait patienter les fans du monde entier pendant plus de 10 ans, Square Enix et Disney nous livrent enfin le dernier volet de la série des Kingdom Hearts. Mais, après toutes ses années, le résultat arrive-t-il à répondre aux attentes des fans du Royaume des Cœurs ? 

Avant de critiquer minutieusement l’inespéré Kingdom Hearts 3, un petit détour sur cette incroyable épopée semble plus que nécessaire. La saga imaginée par Tetsuya Nomura en 2002 a connu un véritable succès dès sa sortie, séduisant des millions de joueurs à travers le globe. Une aventure à première vue absurde puisqu’elle mélange à la fois les univers de Final Fantasy et de Disney, mais celle-ci a pourtant conquis un public fidèle. Presque 20 ans après la sortie du premier chapitre, la saga continue de faire battre le cœur de ses fans.

En plus de son concept atypique, Kingdom Hearts dévoile une histoire complexe où les sauts dans le passé et le futur sont nombreux, de sorte qu’ils rendent la compréhension des enjeux presque indigeste. En effet, si aujourd’hui sort le troisième chapitre de la saga, en réalité, celle-ci compte près de 11 spin-off et prequels différents (Kingdom Hearts 1 et 2, Chain Of Memories, Birth by sleep, etc.), sortis sur différentes plateformes de jeux (PC, PlayStation, Xbox et smartphones). S’ils ont permis de faire patienter les fans jusqu’à aujourd’hui, les 13 volumes apportent de nombreux éléments scénaristiques à l’histoire de base, de sorte qu’ils ont énormément complexifié l’intrigue principale.

Il va sans dire qu’il sera compliqué pour un néophyte de comprendre l’ensemble des enjeux abordés dans Kingdom Hearts 3, ne serait-ce qu’à cause de l’abondance de personnages. Pour faire simple, on suit les aventures de Sora, un jeune homme qui s’est retrouvé dans un monde parallèle dans lequel les Sans-Cœurs, forces du mal, veulent s’emparer de tous les cœurs et de la lumière de l’univers. Accompagné de Donald et Dingo, Sora va devoir parcourir différents mondes pour renverser l’incarnation du mal, Xehanort. Une aventure remplie de magie, de très nombreux personnages et de liens d’amitié puissants.

L’apogée de toute une saga

Treize ans séparent Kingdom Hearts 2 et 3, un laps de temps important pour voir enfin débarquer l’épisode ultime, marquant le point final à l’histoire de l’ennemi juré du Royaume des Cœurs, Xehanort. En effet, après plus de treize titres, Kingdom Hearts a pour ambition de répondre aux nombreuses questions laissées en suspens ces dernières années.

On retrouve donc Sora, Donald et Dingo tels qu’on les avait laissés en 2012 avec Dream Drop Distance. Dépourvu de l’ensemble de ses pouvoirs, Sora, fidèle à lui-même, ne reculera devant aucun obstacle pour tenter de retrouver ses amis et sauver le Royaume des Cœurs. Le jeune homme et ses deux acolytes, Donald et Dingo, vont ainsi se donner l’objectif de retrouver les pouvoirs de Sora et leurs amis, perdus dans les différents mondes parallèles. Une expédition semée d’embûches qui fera passer notre héros par de nombreux univers sortis de Disney et Pixar. Avec Kingdom Hearts 3, c’est la première fois que les joueurs progresseront dans les mondes emblématiques de Pixar : Toy Story et Monster&Cie.

Avec ce troisième volet, nous retrouvons des univers connus de la saga (Hercule), mais également des nouveaux, tirés des films d’animation sortis ces dernières années (La Reine des Neiges, Les Nouveaux Héros, Raiponce, etc.). On soulignera également la première adaptation du film Pirates des Caraïbes en version animée, dont le résultat est époustouflant. Des nouveautés qui plairont forcément aux amateurs de films Disney et Pixar.

Si tous les univers de la saga ne se retrouvent pas dans cet ultime épisode, Tetsuya Nomura a tout de même fait en sorte de disséminer des références à la plupart d’entre eux (on y reviendra). Chaque personnage croisé et monde traversé a son intérêt dans l’histoire. Aucune référence n’est faite uniquement dans un souci esthétique, comme cela a pu être le cas dans certains titres précédents, hormis Maléfique et Pat qui tombent souvent comme un cheveu dans la soupe et dont on se passerait bien.

À quand une adaptation au cinéma ?

Flirtant toujours plus avec les films d’animation, Kingdom Hearts 3 comporte de nombreuses scènes cinématiques. Bien que celles-ci soient d’une grande beauté et indispensables pour faire avancer la (complexe) histoire, elles s’avèrent également rapidement frustrantes en coupant le joueur dans son élan et le freinant dans sa progression.

On pardonnera tout de même l’omniprésence des scènes cinématique qui ralentissent le rythme du jeu puisque les transitions avec les phases jouables sont plus fluides qu’auparavant. Kingdom Hearts 3 prend vie dans un système organique où tous les aspects du jeu s’insèrent parfaitement les uns dans les autres. Ainsi, même dans les phases de progression banales, Donald et Dingo lancent des commentaires à Sora (utiles ou non), apportant un peu plus d’interaction entre les personnages et leur environnement en dehors des saynètes.

Moins de mondes, plus de liberté

Les différents univers féeriques explorés dans ce titre sont moins nombreux que dans les précédents titres, mais ils n’en sont pas moins intéressants. En effet, chacun propose un level design propre, permettant ainsi une variabilité de jeu, plus ou moins grande, permettant une progression plus ou moins libre. Une chose est sûre, on n’a pas de quoi s’ennuyer.

En effet, le joueur pourra s’aventurer plus librement dans les différents niveaux du jeu. Le titre se rapproche à de nombreuses reprises des jeux en monde ouvert permettant au joueur de s’orienter comme il le souhaite, d’explorer des passages secrets et de découvrir des coffres cachés. Variables, certains mondes se montrent plus classiques avec une progression plus linéaire, notamment dans La Reine des Neiges, mais ils restent tout de même plus ouverts que les niveaux des précédents volets.

Le gameplay a d’ailleurs été enrichi de nombreux accessoires, que ça soit pour se déplacer ou pour se battre. Ainsi le joueur pourra surfer sur une luge ou des rails magiques dans La Reine des Neiges ou Hercule – et leurs variantes -, ou utiliser des robots pour venir à bout des Sans-Cœurs.

Un ADN respecté

Tout en respectant parfaitement l’œuvre originale, Kingdom Hearts 3 propose de nombreuses nouveautés et améliorations, plus ou moins marquantes. Il ne s’agit pas d’un épisode mal ficelé, mais bien d’un opus qui donne aux fans et à la série un point final à la hauteur de leurs espérances. Ainsi, les personnages principaux et secondaires restent tels qu’on les avait rencontrés et aperçus dans les films d’animation, tant dans leur comportement que dans leurs expressions.

Développé en collaboration avec Disney (et Pixar), Kingdom Hearts 3 rend parfaitement justice à l’identité des divers univers et personnages Disney abordés. On retrouve ainsi les mêmes relations que dans les films, mais également les touches d’humour incontournables de ceux-ci. Un point qui touchera à la fois les aficionados et néophytes.

Pour ce qui est de Sora et compagnies (Donald, Dingo, Mickey ou Riku), les motivations qui les animaient sont restées intactes : sauver leurs amis et le Royaume des Cœurs, quitte à se sacrifier. Au-delà des univers traversés, l’objectif premier et central reste le même : sauver le Royaume de Xehanort et de ses sbires. Une fois de plus, les liens tissés entre les personnages seront au cœur de l’aventure.

Des techniques de combats puissantes et féeriques

À mesure que le joueur progresse, de nouvelles attaques et déplacements sont débloqués. Une abondance de combinaison de touches introduite par des didacticiels forts utiles bien que manquant parfois de clarté.

Ainsi, dans cet ultime chapitre, les joueurs pourront affronter les Sans-Cœurs, Similis et boss avec des attaques basiques, de la magie, mais également des attaques combinées. En effet, Sora pourra s’allier avec Donald ou Dingo pour venir à bout des ennemis grâce à des attaques coopératives à la fois puissantes et visuellement impressionnantes. Mais celles-ci ne sont rien en comparaison des deux nouvelles techniques de combats que sont « Liens » et « Attractions ».

La première permet d’appeler en renfort un autre personnage Disney rencontré auparavant (Miaou Waou, Ralph ou encore Ariel). Ainsi rattaché à Sora, le joueur pourra déclencher les puissantes attaques des deux personnages. Les secondes, les Attractions, reprennent le principe d’attractions cultes des parcs Disney, notamment le Bateau pirate, les Tasses Folles et le Train magique. Des attaques ultimes qui se manifestent par des animations hautes en couleur, faites de feux d’artifice et de guirlandes lumineuses. Un visuel travaillé et féerique, fidèle à Disney, mais qui se révèle parfois nuisible à la visibilité des combats. Rajoutez à cela une caméra parfois capricieuse et des déplacements imprécis durant les combats et il devient plus difficile de venir à bout de ceux-ci.

Côté armement, ce chapitre final répond à l’une des grandes espérances des fans : la possibilité de jongler entre les différentes Keyblades. Désormais, il est possible de sélectionner jusqu’à 3 épées et de les changer à n’importe quel moment durant les combats pour faire appel à leurs attaques et compétences spécifiques. Sans vraiment révolutionner le gameplay des combats, cette possibilité apporte un vrai dynamisme aux affrontements, proposant toujours plus de liberté au joueur.

Vers l’infini et au-delà

À l’image de ce qu’il se faisait dans les précédents opus, les jonctions entre les différents niveaux se feront à bord du vaisseau spatial Gummi. Un élément de la série qui s’est souvent attiré les foudres de la communauté, à cause de sa mauvaise maniabilité et de ses parcours linéaires imposés. L’exploration étant désormais plus libre, permettant de dévier de l’objectif principal pour chercher à affronter des ennemis au passage, la présence du Gummi ne présente toujours aucun réel intérêt. D’autant que, même si elle a été quelque peu corrigée, la maniabilité de l’appareil reste encore difficile.

Un jeu à la pointe de la technologie

Au début de son aventure, Sora se verra offrir un nouveau gadget par Tic et Tac, le Gummiphone, sorte de smartphone qui remplace le carnet de Jiminy. En véritable carnet de voyage, le Gummiphone propose de nombreuses pages explicatives sur l’histoire de Kingdom Hearts et de ses personnages. Au cours de son exploration, Sora pourra également prendre des photos des mondes qu’il traverse, ainsi que collectionner les “Emblèmes Fétiches”. Ces symboles représentant Mickey sont des “porte-bonheurs” qui permettent, s’ils sont tous retrouvés, de débloquer une scène finale cachée.

Enfin, l’aventure Kingdom Hearts 3 est augmentée d’une multitude de mini-jeux (23) auxquels le joueur pourra choisir de jouer ou non. Il faudra pour cela arriver à les dénicher puisqu’ils sont cachés un peu partout dans les mondes. Un aspect plus anecdotique que central à l’histoire qui, avec la collection d’objets variés et d’équipements, allongera la durée de vie du jeu.

Toute la magie de Disney et de Yoko Shimomura

Qu’on soit fan de longue date ou nouvel adepte de la série, il est presqu’impossible de ne pas tomber sous le charme de Kingdom Hearts 3. Le jeu reprend avec une très grande fidélité les univers de chacun des films Disney et Pixar, y progresser revient à explorer ses souvenirs de son enfance. On peut difficilement reprocher quoi que ce soit à la direction artistique tant elle est belle et féerique.

Au-delà de l’aspect nostalgique et fantastique, Tetsuya Nomura signe un véritable travail de maître. Modernisées, les animations des personnages sont fluides et plus réalistes, se rapprochant toujours plus d’un film d’animation tant dans les phases de combats que d’exploration. On notera également, lors de ces saynètes, le soin apporté aux réactions plus réalistes des personnages. En restant dans quelque chose de très « anime », leurs émotions sont exprimées de manière plus spontanée. Ces saynètes sont clairement des mini-films dignes de Disney.

Au-delà de son univers et de son gameplay, la saga des Kingdom Hearts a séduit des millions de joueurs grâce à une bande-son magnifique réalisée par Yoko Shimomura. Dès le menu principal, on se laisse porter par une mélodie que les connaisseurs reconnaîtront. S’ensuit le titre phare « Face my Fears » d’Utada, remixé par Skrillex qui divisera encore les fans.

Tout au long de l’aventure, le joueur verra son aventure rythmée par divers morceaux, des anciens et des nouveaux, qui s’adapteront parfaitement aux niveaux et ambiances du jeu.

Il faut cependant souligner l’absence de traduction française. Un point qui avait déjà été pointé du doigt par la communauté des fans de Kingdom Hearts. Malgré les plaintes, Square Enix a préféré opter pour une version originale sous-titrée française. Un choix qui devrait déplaire à de nombreux joueurs. Malgré cela, Kingdom Hearts 3 s’est offert les services des interprètes officiels des films Disney et Pixar, ce qui renforce l’adaptation fidèle des personnages.

Conclusion

Treize années après le deuxième volet, Kingdom Hearts 3 apporte enfin le point final à une saga démarrée il y a presque 20 ans. Une longue attente qui valait le coup puisque ce troisième chapitre s’insère parfaitement dans la lignée des aventures de Sora, restant fidèle à l’ADN de l’oeuvre originale tout en apportant de nombreuses améliorations souhaitées et nouveautés intéressantes. Le joueur pourra profiter d’une plus grande liberté de mouvement et d’un level design variable entre les différents mondes explorés. Néophytes et fans se laisseront facilement porter par cet univers enchanteur, mélangeant Final Fantasy et Disney, sur fond de quêtes existentielles pour sauver ses amis et le Royaume de Mickey, et ce, malgré une histoire toujours plus complexe à assimiler. L’enchantement des mondes Disney et Pixar fera presque oublier les quelques points faibles du jeu, notamment l’illisibilité des combats à cause des animations trop gargantuesques des nouvelles attaques (Attractions) et une caméra parfois difficile à maîtriser. Au final, le très attendu Kingdom Hearts 3 se montre à la hauteur des espérances des fans.

Kingdom Hearts 3

8.2

Gameplay

8.0/10

Contenu

8.5/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

8.5/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Une direction artistique magnifique et cohérente
  • Une bande-son somptueuse et emblématique
  • Une progression beaucoup plus libre et ouverte
  • Une solide durée de vie (+ de 30h)
  • Les nouveaux mondes sont nombreux et fidèles aux œuvres originales

Les - :

  • L’absence de voix françaises
  • Une caméra parfois têtue
  • Des combats parfois illisibles
  • Un scénario trop complexe pour un néophyte

1 COMMENTAIRE

  1. […] Treize après le deuxième volet, Kingdom Hearts 3 apporte enfin le point final à une saga démarrée il y a presque 20 ans. Une longue attente qui valait le coup puisque ce troisième chapitre s’insère parfaitement dans la lignée des aventures de Sora, restant fidèle à l’ADN de l’oeuvre originale tout en apportant de nombreuses améliorations souhaitées et nouveautés intéressantes. Le joueur pourra profiter d’une plus grande liberté de mouvement et d’un level design variable entre les différents mondes explorés. Néophytes et fans se laisseront facilement porter par cet univers enchanteur, mélangeant Final Fantasy et Disney, sur fond de quêtes existentielles pour sauver ses amis et le Royaume de Mickey, et ce, malgré une histoire toujours plus complexe à assimiler. L’enchantement des mondes Disney et Pixar fera presque oublier les quelques points faibles du jeu, notamment l’illisibilité des combats à cause des animations trop gargantuesques des nouvelles attaques (Attractions) et une caméra parfois difficile à maîtriser. Au final, le très attendu Kingdom Hearts 3 se montre à la hauteur des espérances des fans. Lire le test. […]

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