Très attendu par les fans de la série, l’épisode “surprise” interactif de Black Mirror était au centre de l’attention sur les réseaux sociaux. Véritable prouesse scénaristique et technologique, Bandersnatch est le résultat de 18 mois de travail et de la création de près de 250 segments narratifs.  

À l’origine, le scénariste Charlie Brooker et la productrice Annabel Jones n’étaient pas forcément emballés par le projet d’épisode interactif. Les deux auraient d’ailleurs « quasiment claqué la porte » à Netflix lorsque celui-ci leur avait proposé le projet, en mai 2017. Pourtant, 18 mois après, l’épisode a vu le jour sur la plateforme de streaming.

Bandersnatch prend la forme d’un épisode spécial interactif où les spectateurs sont appelés à agir sur le déroulement de l’histoire en choisissant, à plusieurs reprises, entre plusieurs propositions narratives. Le spectateur devient donc, d’une certaine manière, acteur de l’histoire. Près de 250 choix différents sont possibles, amenant les spectateurs vers 5 grandes fins différentes.

Bandersnatch, un projet colossal

La réalisation de cet épisode est une idée de Netflix lui-même. Comme le rapporte le journal Wired, la plateforme SVOD avait cette idée depuis très longtemps et s’était déjà essayée à l’exercice avec des productions pour enfants, notamment Les Aventures du Chat Potté. Mais Netflix voulait aller plus loin, un épisode de série pour commencer, des films pour finir.

À l’image des romans « dont vous êtes le héros », Bandersnatch propose de nombreux segments narratifs sur lesquels le spectateur peut influencer en préférant telle ou telle solution. Le déroulement de l’histoire est alors modifié en fonction de ce choix.

Pour construire tous les embranchements narratifs possibles, le scénariste Charlie Brooker s’est reposé sur le logiciel Twine. Un logiciel open-source très populaire chez les auteurs de romans interactifs. Twine permet ainsi de créer des dizaines de petits cadres renfermant les mini-histoires et pouvant être reliés entre eux par un système de flèche, à l’image des organigrammes.

En visualisant l’arbre des mini-histoires, il est plus facile pour un auteur ou un scénariste de se rendre compte de l’histoire dans son ensemble, afin de s’assurer de la cohérence de celle-ci. Selon Charlie Brooker, ce sont près de 250 segments narratifs qui ont été développés pour Bandersnatch.

Crédit : capture d’écran Twine

Un vaste réseau d’arcs narratifs interconnectés complexes pour lequel Netflix a dû mettre au point un logiciel : Branch Manager, littéralement « gestionnaire de branches ». Ce logiciel est capable d’intégrer, de gérer et de charger les différentes “branches” de l’histoire en fonction des choix effectués par le spectateur. Il gère l’ensemble des segments possibles, ce qui demande une capacité de traitement importante, et retient les choix effectués par le spectateur pour la suite afin de lui proposer un épisode cohérent.

Bandersnatch a exigé 18 mois de préparation. Un travail colossal qui a demandé autant de temps et d’énergie que de réaliser quatre épisodes, selon Charlie Brooker. Heureusement, le résultat est là. L’interactivité du court-métrage est au rendez-vous. L’épisode est cohérent et les différents arcs narratifs sont, pour la plupart, réellement influencés par les décisions prises par celui qui l’observe. Un épisode « dont vous êtes le héros » qui met parfaitement en abyme le concept d’interactivité que le film aborde. On peut donc aisément s’attendre à ce que Netflix réitère l’expérience avec, pourquoi pas, un film plus long cette fois.

 

 

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