Facebook est la cible d’un affrontement entre le gestionnaire de la plateforme et un journaliste. Le premier accuse le second de poster des images “à caractère sexuel” qui ne sont autres que des clichés d’enfants yéménites sous-alimentés.

Le Yémen traverse une crise humanitaire sans précédent, l’ONU évoque même la “pire au monde“. Plus de 3 millions de personnes ont été déplacées, 5 millions d’enfants sont menacés par la famine dont 400.000 bambins de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aigüe sévère.

Shady Grove Oliver travaille pour le compte du New York Times. Pour alerter l’opinion publique, elle a posté sur le réseau social le lien d’un article laissant apparaître les photos de jeunes enfants souffrant de malnutrition au Yémen où l’urgence humanitaire se fait toujours plus importante.

Aussitôt postées, les photos étaient retirées de la plateforme, avec toujours le même motif : Facebook considère que les images de jeunes filles sous-alimentées sont du “contenu à caractère sexuel“. La journaliste a bien tenté à plusieurs reprises de publier le lien de son article mais le réseau social a argué que son “message va à l’encontre de nos normes communautaires sur la nudité ou les activités sexuelles“.

En une de l’article, le cliché d’une jeune fille, torse apparent, la peau sur les os. Shady Grove Oliver s’est dit censurée par la plateforme. Malgré qu’elle ait demandé que la décision de Facebook soit revue, l’article reste invariablement supprimé du réseau, l’histoire se répète ainsi depuis le mois d’octobre, indique le New York Times.

La journaliste tente à nouveau d’alerter le public et Facebook, espérant que la plateforme revoit sa position et ouvre les yeux sur un problème bien plus profond et alarmant qu’un torse d’enfant nu.